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06 Nov

Hondo, l'homme du désert

Publié par platinoch  - Catégories :  #Westerns

« J’aime à croire que parfois deux êtres se rejoignent parce qu’on n’échappe pas à sa destinée »

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Eclaireur pour l'armée, Hondo Lane sillonne l'Ouest pour prévenir les conflits entre le gouvernement américain et les Apaches.

Il croise sur sa route Angie Lowe, une courageuse mère de famille élevant seule son fils Johnny.

Entre la femme et Hondo naît une passion amoureuse. Le valeureux cavalier fera l'impossible pour protéger sa bien-aimée des Indiens.

« Il y a des fois où l’eau ça a du bon aussi ! »

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En parallèle à sa prolifique carrière d’acteur qu’il croit sur le déclin, John Wayne entame dès la fin des années 40 une carrière de producteur en créant sa société de production, Batjac. En ce début des années 50, le cinéma est en proie à une éphémère mode des films « en relief », à l’image des succès obtenus par des films comme « L’étrange créature du lac noir » ou « L’homme au masque de cire » qui utilisent cette fastidieuse technique. Voulant surfer sur cette vogue, John Wayne souhaite produire un film en relief. En l’occurrence, il s’agira de « Hondo, l’homme du désert », libre adaptation d’une nouvelle de Louis L’Amour. Un projet confié aux soins du réalisateur australien John Farrow (le père de l’actrice Mia), médiocre tâcheron hollywoodien spécialisé dans les films de guerre et d’aventures, qui connut le succès notamment en 1948 avec le polar « La grande horloge » (et qui recevrait en 1956 l’Oscar de la meilleure adaptation pour « Le tour du monde en 80 jours »). Si dans un premier temps Wayne ne souhaite pas s’engager au-delà de son statut de producteur sur ce film, celui-ci finit par endosser le rôle principal après que Glen Ford, initialement engagé sur le projet, ait renoncé en raison de sa mésentente avec le réalisateur. Un tournage que ne finira pas John Farrow, obligé par contrat de rejoindre un autre tournage. Il sera donc officieusement remplacé par John Ford qui dirigera les dernières scènes sans pour autant être crédité au générique. A noter que Farrow et Wayne se retrouveront deux ans plus tard pour le film « Le renard des océans ».

« Quand le général viendra avec les renforts, ce sera la fin des apaches »

Selon la légende, John Wayne comptait « Hondo, l’homme du désert » comme l’un de ses films préférés de sa longue carrière. Pourtant, il n’est à l’évidence ni son film le plus brillant, ni le plus spectaculaire. Avec son fond de romance, ses affrontements entre indiens et cavalerie, et sa façon d’alterner moments de bravoure (le héros affrontant les supplices indiens) et d’humour (la scène où Wayne apprend à nager au petit garçon), « Hondo » a tout du divertissement grand public. Suivant le virage entamé par des westerns tels que « Au-delà du Missouri », « La prisonnière du désert », « La captive aux yeux clairs » ou encore « La flèche brisée » qui amorcent une prise de conscience vers la réhabilitation des indiens, « Hondo » s’emploie à montrer les Apaches comme de guerriers respectant la bravoure de leurs adversaires (qu’il s’agisse de Hondo ou du petit garçon). Dommage toutefois que le conservatisme monolithique de Wayne reprenne trop souvent le dessus, notamment lorsqu’il ne peut s’empêcher de montrer les Apaches comme des guerriers cruels (qu’il s’agisse du supplice qu’ils lui infligent ou de son chien qu’ils tuent gratuitement). D’autant qu’en parallèle, il n’hésite pas à tenir ouvertement des discours à la gloire de l’armée américaine et de sa bravoure (notamment lorsqu’il parle du courage des jeunes recrues), bien secondé en cela par son ami de toujours, Ward Bond. En cela, et malgré quelques scènes de fusillades plutôt efficaces (celle avec le mari de sa protégée, ou encore l’affrontement final avec les indiens), « Hondo, l’homme du désert » demeure un western plutôt décevant. Et, quoi qu’il en pense, très mineur dans la carrière du Duke au regard des chefs d’œuvre dans lesquels il a joué, tels « Rio Bravo », « La prisonnière du désert » ou encore « L’homme qui tua Liberty Valance ».

  



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Bob Morane 06/11/2010 18:03

Encore une mine d'informations que j'ignorais, notemment un film en relief, qui plus est, un western ! Après, il n'a pas joué que des chef d'oeuvre, McLintoc en est une preuve flagrante.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!