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02 Mar

Juste un baiser

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies romantiques

"A ceux que nous avons été, à ceux que nous sommes, et à ceux que nous serons"

 

Il est des films qu’on découvre par hasard, mais avec un réel bonheur. Et souvent, c’est grâce à des remakes américains qu’on daigne, par curiosité, voir l’œuvre originale. En cela, le remake, exercice purement commercial et contesté, est utile. Car en soi, « The last kiss », pourtant porté par des sympathiques acteurs, en tête duquel le toujours génialissime Zach Braff, n’a rien de formidable. Trop de longueurs, trop de moralisme made in USA… j’en passe et des meilleurs !

 

Avant de porter un jugement trop hâtif, je cherche donc à voir, pour comparaison, le film original qui a inspiré ce remake. Il s’agit d’un film italien, apparemment passé plus ou moins inaperçu lors de sa sortie en salle en France, en 2001, alors qu’il a raflé les trophées locaux (les « Donatello ») fort de son succès de l’autre côté des Alpes.

 

« Tu décides que tu dois grandir, et tu grandiras »

 

Le visionnage de cet « Ultimo Baccio » (le titre français étant « Juste un baiser »), a été un véritable ravissement !  Je m’attendais à un film plan plan, dont le film américain avait su prendre le meilleur en le réadaptant à sa sauce, et je suis tombé sur un vrai film à la fois profond dans son propos et léger dans sa forme, renouant avec talent avec le cinéma italien que l’on aimait tant, des années 50 à 70.

 

C’est en effet un film bavard, généreux, grandiloquent, plein de théories plus ou moins fantaisistes sur le couple et l’amour, qui nous trace avec beaucoup de justesse les tourments de jeunes gens un peu perdus à l’approche de la trentaine, passant difficilement de l’insouciance adolescente à l’heure des grandes décisions et des responsabilités. Car ici, les héros sont peints à hauteur d’homme, avec des défauts particulièrement humains, et des tentations auxquelles ils ne résistent pas. Par ailleurs, l’histoire en second plan des parents de l’héroïne, qui vivent une histoire de couple pour le moins tourmentée, permettent un très probant effet miroir grâce auxquels le réalisateur peut mettre en perspective la relativité et l’importance des choix pour ses jeunes héros.

 

On peut également ajouter une mention particulière pour la bande originale du film, la musique étant toujours judicieusement choisie et le thème principal étant très agréable.

 

« Et puis tu l’auras elle, pour te rappeler toutes les belles choses que tu as eu »

 

La deuxième grande qualité de ce film « choral », c’est aussi de mêler savamment plusieurs générations d’acteurs brillants du cinéma transalpin. On retrouve ainsi toute la génération montante des acteurs trentenaires, en tête de lisse, le couple Giovanna Mezzogiorno (merveilleuse) et Stefano Accorsi, bien connus de par chez nous, ainsi que quelques autres, comme Pierfrancesco Favino ou Claudio Santamaria (les trois acteurs étant notamment réunis en tête d’affiche du récent « Romanzo Criminale »).

Mais ce film permet également, dans des rôles secondaires, certes, de retrouver avec beaucoup de joie Stefania Sandrelli, égérie du cinéma italien des années 70 (on se souvient notamment de « Nous nous sommes tant aimés », de Scola, où elle donnait la réplique à Moretti et Gassman, rien de moins !), ou encore Sergio Castellito, certainement le meilleur acteur italien de sa génération.

Cette petite réunion d’une partie de la grande famille du cinéma italien est donc aussi une attraction savoureuse pour le spectateur.

 

« Je pense souvent à mes amis partis autour du monde, et je me dis que je pourrais passer quelque temps avec eux, et cette idée me fait du bien »

 

Bilan des courses, « Juste un baiser » est un joli film doux-amer sur l’amour et la fragilité du couple. Traité avec beaucoup de tendresse, de justesse, de sensibilité et de générosité, il offre un spectacle beaucoup moins moraliste et surtout beaucoup lisse que son remake américain.

A ce titre, les ultimes rebondissements des dernières minutes du film (seules différences entre les deux films), donnent une saveur et une justesse particulière à ce film. Optant pour une théorie selon laquelle le bonheur n’est jamais parfait mais existe quand même, ce film, magnifiquement bien interprété, offre une grande bouffée de fraîcheur et de légèreté. Ce n’est pas si fréquent… il serait donc dommage de le rater !!!



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bobomorane75 02/03/2007 15:31

Excellentissime !Très belle critique, intelligente et analysée avec talent et circonspection. Ce d'autant plus que ce film mérite en effet que l'on s'y attarde et le savoure avec délectation.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!