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23 Mar

L'étrange affaire Angelica

Publié par platinoch  - Catégories :  #Drames

« Notre mère veut garder un dernier souvenir d’elle »

Une nuit, Isaac, jeune photographe et locataire de la pension de Dona Rosa à Régua, est appelé d’urgence par une riche famille afin de faire le dernier portrait de leur fille Angélica, une jeune femme morte juste après son mariage.

Dans la maison en deuil, Isaac découvre Angélica et reste sidéré par sa beauté.

Lorsqu’il porte à son oeil l’objectif de son appareil photo, la jeune femme semble reprendre vie, pour lui seul. Isaac tombe instantanément amoureux d’elle.

Dès lors, Angélica le hantera nuit et jour, jusqu’à l’épuisement.

« Elle est si belle, si sereine, on croirait qu’elle est encore en vie »

Du haut de des 102 ans, le portugais Manoel de Oliveira est (de loin) le cinéaste le plus âgé (encore) en activité. Une réalité des plus honorables. D'autant que ce dernier semble avoir trouvé dans le cinéma le secret de sa longévité, une sorte de deuxième souffle qui lui permet de réaliser avec la régularité d'un métronome au moins un film par an. Présenté à Cannes (en compétition à « Un certain regard »), « L’étrange affaire Angelica », dont il a écrit le scénario en 1952, est une fable onirique dans laquelle un photographe tombe éperdument amoureux de la défunte qu’il a photographié et qui lui sourit par le prisme de son objectif. Cet impossible union entre l'amour et la mort est un thème qui a toujours fasciné les cinéastes, donnant lieu à quelques chefs d'œuvre comme « L'aventure de Madame Muir » de Mankiewicz ou encore « Les noces funèbres » de Tim Burton.

« Le plus étrange c’est son changement d’attitude depuis qu’il est allé photographier cette jeune femme »

Hélas, le cinéma de Oliveira a l'âge de ses artères. A l’image de ses plans fixes d'un autre âge et de son absence de mouvements de caméra, il se révèle extrêmement rigide, souffrant d’abominables lenteurs et  d’absences répétées. Même ses « effets spéciaux » semblent avoir 102 ans. Comme s’ils sortaient tout droit d’un film de Méliès. Le héros aussi, derrière lequel transparaît le réalisateur lui-même, se révèle être un anachronisme, avec ses costumes des années 50, son goût pour le travail « à l’ancienne » (interminable scène de labourage d’un vignoble) et ses appareils photo préhistoriques. Se perdant en d’inénarrables digressions (l’échange à table avec les ingénieurs et le professeur) et en vagabondages d’un autre âge (peinture d’une aristocratie qui traite le peuple comme leurs vassaux, running gag du mendiant à la sortie de l’église), le réalisateur en oublie surtout trop souvent son sujet principal : l’obsession du photographe pour son défunt modèle. Sans queue ni tête, « L’étrange affaire Angelica » se perd constamment dans le vide, à l’image du regard désincarné de son héros. Oliveira nous promettait un rêve éveillé, son film à dormir debout s’avère au final soporifique.

 



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Christophe 05/04/2011 15:09

J'aurais bien aimé le voir, même si effectivement les avis semblent tous aller dans le même sens d'une déception... Il n'empêche, à cet âge, c'est incroyable d'être encore actif... Le signe d'une vraie passion pour le cinéma

Vincent 29/03/2011 23:13

Hahaha, ça m'étonne pas. Dire qu'on essaye de nous le vendre comme le nouveau chef d'oeuvre du maitre Oliveira...

Bob Morane 24/03/2011 07:42

Impression qui semble partagée par tous ceux qui ont la "chance" d'aller le voir. Me le coltinerais-je ? rien n'est moins sûr...

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!