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30 Dec

L'oeil du mal

Publié par platinoch  - Catégories :  #Films Catastrophes

« Tu veux que je te dise, Jerry ? C’est une très mauvaise époque pour être terroriste dans ce pays. Et qui va gagner selon toi ? Tes droits ou mon droit à te boucler ? »

Jerry et Rachel ne se connaissent pas, mais un cauchemar leur a donné rendez-vous. Parce que quelqu'un l'a fait passer pour un terroriste et qu'il est désormais recherché par toutes les polices, Jerry n'a pas d'autre choix que d'obéir à la mystérieuse voix qui contrôle chacun de ses faits et gestes. Rachel est elle aussi obligée d'obéir, sinon ce sera son fils, Sam, qui le paiera de sa vie.
Dans une course contre la montre où la manipulation et l'hypertechnologie sont reines, les deux jeunes gens doivent accomplir tout ce que la voix leur demande, quels que soient les risques. S'ils veulent survivre au piège, ils vont devoir à la fois échapper à leurs poursuivants et percer le secret de ceux qui mènent ce jeu infernal...

« Obéir est vital »

Bien que né d’une de ses propres idées, Steven Spielberg a vite renoncé à mettre en scène cet « Œil du mal ». Un projet qui a finalement échoué au réalisateur D.J. Caruso, qui signe là son cinquième long métrage (on lui doit entre autre les très moyens « Taking lives, destins volés » et « Two for the money »). Une histoire de retrouvailles puisque celui-ci avait réalisé l’année dernière « Paranoiak », remake moderne de « Fenêtre sur cour » d’Hitchcock, produit par un certain Steven Spielberg qui avait imposé dans le premier rôle son petit protégé, Shia Labeouf.

« Je ne veux pas rester dans l’Histoire comme le connard qui a laissé faire sans bouger »

Le film paranoïaque était jusqu’ici l’apanage du cinéma américain des années 70. C’était sans compter qu’un certain 11/09 était passé par là pour remettre le genre au goût du moment. Car que se passerait-il si finalement la machine dotée d’une intelligence artificielle conçue pour protéger la Nation et la Démocratie se retournait de son propre chef contre ce qu’elle était censée défendre ? Une interrogation clairement Orwellienne définitivement usée jusqu’à la corde. Bien sûr, on pourra toujours se réjouir d’y voir poindre une critique à peine voilée contre l’administration Bush, dont la politique ultra sécuritaire aura eu pour effet de diminuer les libertés individuelles chères à cette nation. Dommage dès lors que D.J. Caruso, en vilain tâcheron hollywoodien, n’ai su pondre qu’un gros blockbuster commercial de plus, étouffant totalement son message politique derrière des grosses explosions, des cascades et des gros effets spéciaux désormais ordinaires. Tel un mauvais épisode du « Fugitif », on suit donc nos deux « terroristes malgré eux » dans leur parcours du combattant menacé d’une part par l’étrange voix qui leur donne des ordres et par les autorités fédérales qui les traitent comme de dangereux terroristes. D’une improbable course poursuite se finissant dans une casse à une attaque d’un tunnel par un drone de combat (rappelant vaguement et en plus moderne « La mort aux trousses »), on suit donc une succession de scènes improbables plus volontiers prétextes à en mettre plein la vue pour par un rond que pour nourrir une histoire digne de ce nom. Car derrière ce thriller technologique, le réalisateur et ses personnages semblent être les seuls à ne pas avoir pensé que comme tout bon ordinateur qui se respecte, il suffit de le débrancher pour qu’il s’éteigne ! Merci donc de nous prendre pour des idiots monsieur Caruso ;) Cette vaste crétinerie – aussi pathétique et débilitante soit-elle – aurait pu n’être qu’un divertissement de masse bien inoffensif. Mais à la différence de films similaires où de telles énormités passent parfaitement (on pense à la saga Die Hard), D.J. Caruso se prend très au sérieux, achevant son film (comme la plupart des grosses productions américaines du genre) en noyant son final dans un déluge de gloriole patriotique nauséabond et indigeste. A l’image de ce héros ordinaire et lâche ou de ce flic capable de reconnaître son erreur, tous deux capables de se sacrifier pour sauver la Nation et son Président. Merveilleuse image d’Epinal qui donne envie de vomir. A cela, il faut ajouter la mise en scène désastreuse de D.J Caruso qui tente en vain de faire du Michael Bay sans savoir stabiliser un seul instant sa caméra, ainsi que l’interprétation assez déplorable. A commencer par ce pauvre Shia Labeouf, qui, de film en film, se perd dans ces rôles identitques de jeunes hommes marginaux devant faire face à un destin bien plus grand. Michelle Monaghan ne s’en sort pas mieux, prouvant si besoin en était qu’elle est beaucoup plus à son aise dans le registre de la comédie. Que dire enfin de la présence – décevante – au casting de Billy Bob Thornton et de Rosario Dawson, qui nous avaient habitués jusque là à plus d’exigences dans le choix de leurs rôles et de leurs films. Totalement désastreux, cet « Œil du mal » est sans conteste l’un des pires films de l’année.

  



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Bob Morane 31/12/2008 08:56

Lamentable et totalement pas crédible de bout en bout. Notamment la scène où est livré un arsenal gigantesque dans son petit studio ! Mal joué, mauvaise mise en scène, d'énormes longueurs, ce "film" est tout simplement un ratage inutile. A fuir !

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!