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20 Oct

La loi et l'ordre

Publié par platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

« Pourquoi suis-je devenu flic ? Contrairement à vous Doc, je n’ai pas eu le choix. Là d’où je viens, soit on devient flic, soit on devient peintre en bâtiment »

Après avoir passé trente ans ensemble dans la police de New York, les détectives Turk et Rooster sont prêts à tout, sauf à prendre leur retraite. Peu avant leur départ, plusieurs criminels ayant échappé à la justice sont assassinés selon un mode opératoire qui rappelle celui d'un serial-killer que les deux enquêteurs ont mis sous les verrous plusieurs années auparavant. Une insupportable question se pose alors : Turk et Rooster se seraient-ils trompés ?
L'officier Karen Corelli s'interroge, et les détectives Perez et Riley espèrent résoudre l'affaire avant Turk et Rooster. Très vite, le lieutenant Hingis, leur chef, commence à craindre qu'un policier ne soit impliqué. C'est le début d'une enquête à hauts risques...

« La plupart des gens respectent l’insigne, tous respectent l’arme »

Il était une fois deux acteurs de légende nommés Al et Bob, deux mythes qui ont trusté à eux deux la plupart des succès du cinéma américain des quarante dernières années par leur charisme et leurs performances. Quand l’un sera ainsi la star de « Scarface » ou du « Parrain », l’autre jouera « Voyage au bout de l’enfer », « Taxi driver », ou « Raging bull ». Pourtant, rares auront été les occasions de voir les deux comédiens, qui cumulent 14 nominations aux Oscars pour trois trophées à eux deux, à l’affiche d’un même film. Il y aura bien eu « Le Parrain 2 » où les deux acteurs ne se croisent cependant jamais, et « Heat », le polar culte de Mann, où les deux comédiens se faisaient face à face pour la première fois lors de deux scènes d’anthologie. Il était temps qu’un réalisateur nous propose un film où les deux comédiens pourraient jouer côte à côte. Et si on attendait volontiers des réalisateurs comme Scorsese ou De Palma pour relever un tel défi, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne s’attendait pas vraiment à le voir relevé par Jon Avnet, qui depuis des débuts réussis avec « Beignets de tomates vertes » (1991) n’a pas fait grand chose de bon. Néanmoins, il ne partait pas en terrain inconnu puisqu’il avait déjà fait tourné Pacino dans le médiocre « 88 minutes » sorti il y a deux ans.

« Le NYPD est un condensé de frustration et de testostérones prêt à exploser comme une bombe. J’en suis la soupape »

Deux vieux flics burinés, en fin de carrière, et soudés par 30 années passées à faire équipe se voient confier l’enquête sur un mystérieux serial killer. Se substituant à la justice, ce dernier prend un malin plaisir à tuer les criminels qui passent entre les mailles de la justice. Mais le réalisateur nous livre une des clé du problème d’entrée : le mystérieux tueur n’est autre que l’un de nos deux compères. C’est du moins ce qu’il nous fait croire avec ces images vidéos noires et blanches d’un De Niro confessant ses crimes face caméra. Car bien évidemment, tout ici n’est qu’apparence, le réalisateur ne pouvant se contenter de développer un polar en nous livrant d’entrée tous ses tenants et aboutissants, tuant par la même tout possible suspense. Le problème c’est qu’il le fait sans une once de talent, en s’appuyant sur un scénario aussi grotesque que mal foutu. Car « La loi et l’ordre » souffre d’emblée de son traitement : récit à l’envers, histoire décousue, incohérences scénaristiques, le film perd très vite ses spectateurs dans une histoire nébuleuse et obscure qui ne passionne jamais et qui semble dépourvue de toute tension dramatique. Le tout pour aboutir à un switch final aussi grotesque que prévisible. Ajoutons à cela les clichés (les vieux flics borderline qui n’ont pas de vie à côté car rongé par le métier, les dialogues du type « T’es un bon flic ») l’ambiance glauque à deux balles (l’ensemble est filmé dans la pénombre, dans des décors de type rue déserte ou friche industrielle super stéréotypés et surtout très factices) et les effets les plus kitschs (le coup des poèmes laissés sur les victimes) que le réalisateur enfile comme des perles, et on obtient l’un des plus gros nanars de la décennie. Dommage, car on aura peu d’occasions finalement de voir ces deux monuments que sont Al Pacino et Robert De Niro face à face. Mais cabotinant à mort, à l’image d’un casting assurant le minimum syndical, le face à face s’avère bien fade. Espérons que ce ne sera pas le dernier pour ces comédiens mythiques, qui méritaient beaucoup plus que cette bouse pour leur première véritable confrontation.

  



Commenter cet article

pL 28/10/2008 00:22

Al Pacino et Robert De Niro resteront toujours plus que respectables... Mais c'est quand même triste de les voir là dedans...

Snifff 25/10/2008 14:24

C'est vrai que je rigole pour un rien. Mais un rien peut être tellement hilarant et sublime. Quand Maurice Barthélémy émet un bruit de chèvre au moment du fou rire collectif dans RRRrrrr!!!, ça paraît rien, mais c'est tellement drôle que j'ai du me passer la scène des dizaines de fois de suite pour épuiser toute les potentialités de ce gag.

VincentLesageCritique 25/10/2008 04:12

Il t'en faut vraiment peu pour rire, Snifff ! Tu dois être un Antillais c'est pas possible, un type comme Omar qui rigole tout le temps, pour un rien !

Snifff 24/10/2008 01:49

Moi De Niro et Pacino je les respecterai toute ma vie et "j'ai pris un pied de marcassin" (pour citer Manoeuvre) devant ce navet, qui est un des films qui m'a le plus fait rire de l'année.

Gérard Rocher 23/10/2008 22:59

Cet amas de pellicule est catastrophique à tous points de vue. L'interprétation n'est même pas à la limite de l'acceptable, le sujet est racoleur et et la réalisation d'une extrême platitude. En fait, un ratage complet!!!
Gérard

Stoni 20/10/2008 16:49

Ça fait peine à regarder effectivement. Et ces deux vieux éléphants si géniaux sont ici au bord du goufre. C'est bien pathétique. Y'a des réalisateurs qu'on ne devrait plus laisser travailler. Et des projets qui ne devraient jamais voir le jour.
Autre effet de style absolument catastrophique: à un moment donné il y a un interrogatoire où les personnages se répondent spontanément et la caméra passe de l'un à l'autre. Tout pourri.

Bob Morane 20/10/2008 16:02

ffred, tu m'enlèves le mot de la bouche ! mais c'est bien ça.

ffred 20/10/2008 15:33

Oui une belle bouse c'est le mot !

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!