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13 Jan

La merditude des choses

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« J’avais 13 ans et je savais que fatalement, je deviendrai l’un des leurs »

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Gunther Strobbe a 13 ans et une vie compliquée. Le jeune garçon partage le toit de sa grand-mère avec son père et ses trois oncles. Un quatuor redoutable. 

Quotidiennement, il baigne dans un climat de beuveries effrénées, de drague éhontée et de glande constante...

Tout porte à croire qu'il subira le même sort, a moins qu'il ne parvienne à se "démerder" de là...

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« La vraie vie ne commence que quand tu baises »

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Bien que discret, le cinéma belge a fait montre d’une belle vitalité ces dernières années, nous donnant quelques pépites (« La mémoire du tueur », « Cowboy ») et beaucoup de films pour le moins anticonformistes (« Louise Michel », « Eldorado »). Un cinéma particulier, souvent décalé et violent, face auquel on ne peut rester indifférent. Qu’on l’apprécie ou non. Depuis sa présentation cannoise, « La merditude des choses » était précédée d’une flatteuse réputation. Certains échos laissaient même entendre que cette adaptation d’un best seller local du flammand Dimitri Verhulst était une sorte d’équivalant belge du mythique « Affreux, sales et méchants » de Scola. Pourtant, même si le constat social est bien là (la crise économique et sociale au cœur de la Belgique anciennement ouvrieuse), la comparaison s’arrête là.

« Tu es un Strobbe. Mais tu es différent. »

Car à force de surenchère plus graveleuse que méchante, on a plus l’impression d’assister à un mauvais épisode trash de « Strip-tease » qu’à un film gentiment provoc’. Certes, la galerie de « gueules » plutôt patibulaires est bien choisie. Un semblant de fonds problématique  - Comment réussir sa vie sans reproduire les erreurs de ses ainés quand on a pour modèles et pour repères une bande de ratés primitifs – est aussi présent. Reste que de cuites en vomissements, de frasques brutales en chansons de Roy Orbison, il ne se dégage jamais et à aucun moment la moindre empathie ni la moindre tendresse pour ces personnages. Du coup, toutes les scènes qui se voulaient drôles tombent à l’eau (concours de quequettes, coucheries à la sauvette derrière le bar, beuveries et excès en tous genres…) et la fable vire finalement dans le graveleux sans intérêt. Ajoutons à ce ratage total les sinistres décors de la Belgique industrielle et on obtient là le film le plus déprimant de toute l’année 2009.

  

 



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Chris 16/01/2010 16:04

Salut, pas du tout d'accord avec toi. Le film réussit le prodige d'allier à la fois l'empathie et le regard sans complaisance (critique sociale et détresse psychologique), ce que faisaient très bien les italiens à l'époque de Risi, Scola, etc.... Un des meilleurs films de 2009 pour moi.

Bob Morane 13/01/2010 22:20

Oui, j'en suis resté sans voix...

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!