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22 Aug

Mi$e à prix

Publié par platinoch  - Catégories :  #Films d'action

« Tout se met à partir en couilles à la vitesse grand V !!! »


Affiche française. Studio CanalLake Tahoe, USA. Buddy Israel vit terré comme un taupe dans une suite de luxe d’un palace casino. Entouré de ses hommes de main, d’une armada de putes, et de drogues en veux-tu en voilà, il vit de façon rock’n’roll ce qu’il sait être ses dernières heures. Ancien magicien louche de Las Vegas, il a été durant longtemps l’ami de Sparazza, un parrain de la Cosa Nostra. Mais le temps de l’amitié est révolu, et le puissant Parrain, réputé pour sa violence, sait que Israel en sait trop et que son témoignage peut à lui seul permettre de faire chuter son empire du crime. Un témoignage qu’Israel tente, via ses avocats, de vendre au FBI en échange de leur protection. Ce pour quoi, les agents Messner et Carruthers sont dépêchés sur place pour protéger le magicien déchu. Mais Sparazza a aussi pris les devant et offert une prime d’un million de dollars pour la tête d’Israel. Raison pour laquelle les tueurs à gages et autres chasseurs de primes les plus tordus du pays ont décidé de tout faire pour doubler le FBI…

 

« Qu’est-ce qui va pas ? Quelqu’un a balancé la purée sur ma veste à 12 000 $ !!! »

 

SRyan Reynolds. Studio Canalur le papier, à la lecture du pitch, ce film laissait présager du pire. Entre mauvais Tarantino et grosse daube de série Z façon Guy Ritchie, ne manquait plus que Jason Statham au casting pour être assuré d’un énième nanar explosif estival. Reste que le film pouvait se vanter d’avoir été primé au dernier Festival de Cognac, où il a reçu le Prix de la Critique et le Prix du Jury. Mais même avec ses prix, Joe Carnahan, dont c’est le troisième long (on lui doit notamment le remarqué « Narc » (2002)), n’avait pas réussi à convaincre follement tous les critiques spécialisés.

 

« J’aimerais mieux être comme vous : me battre dans les bars et faire des concours de bites »

 

Studio CanalIl faut dire que dès les premières images, on comprend très rapidement une chose : le scénario ne sera qu’un prétexte à une grande pétarade générale ! En effet, après une explication des plus longues et inutilement complexe de la situation par un Andy Garcia dans un énième rôle de bureaucrate autoritaire, on doit faire face à l’évidence, à savoir que le scénario est archi convenu et qu’il tient sur un timbre poste. Cette longue mise en bouche indigeste mais finalement nécessaire semblait annoncer le pire : des personnages ultra caricaturaux, des situations tellement improbables qu’elles en sont gaguesques, pour un cocktail machisto-beauf de grosses bagnoles, de gros calibres, de méchants sanguinaires, et de bimbos dénudées. Mais voilà. Joe Carnahan, à la différence de Guy Ritchie, est un garçon intelligent, et doué d’autodérision. Là où le réalisateur britannique nous aurait pondu une bouse se prenant extrêmement au sérieux, Carnahan utilise pour sa part un synopsis largement éventé (celui du type assiégé par des tueurs, déjà utilisé dans « Rio bravo » de Hawks en 1959, dans « Assaut » de Carpenter en 1978, ou encore dans son remake, « Assaut sur le central 13 » de Richet en 2005), légèrement retouché (puisque cette fois c’est un méchant qui est assiégé) et modernisé, pour mettre en scène la grosse fusillade dont il avait envie. Et force est de constaté que ça marche plutôt bien. Et l’atout principal de cette réussite relative, c’est l’excès général, totalement assumé. Ainsi, des méchants tous plus vicieux et pervers les uns que les autres, aux armes les plus destructrices qui soient en passant par des fusillades énormes, une certaine générosité dans les gunfights finit par donner un style visuel à l’ensemble et à nous accrocher quelque peu.

 

« Y’a des types criblés de balles dans l’ascenseur. Je crois qu’ils ont eu un problème, et qu’ils n’ont pas trouvé les mots »

 

Chris Pine, Kevin Durand et Maury Sterling. Studio CanalMais si les généreuses scènes de fusillades sont légions, et si on ne boude pas son plaisir (loin de là !), on doit reconnaître avec honnêteté que ce « Mi$e à prix » reste quand même dans la catégorie des divertissements de cinéma pop-corn et qu’il ne s’envole jamais vers des cieux plus glorieux. Car ses qualités sont aussi ses défauts. Son scénario microscopique, s’il permet une légèreté et un délire assumé, est aussi le défaut central du film : trop de personnages déjantés qui s’entretuent sans trop d’intérêt (si si ! Au bout d’un moment ça devient lassant !) trop de complexités dans l’intrigue de base, et du coup, trop d’ellipses et d’incohérences dans un dénouement qui de toutes façons accouche brièvement d’une souris. De même, certains choix, qui conduisent à sacrifier trop tôt certains personnages potentiellement intéressants, sont très critiquables (on pense notamment au personnage de Ben Affleck qui disparaît au bout d’un gros quart d’heure). Du coup, la mise en scène soignée, aussi électrique soit elle, permet au film de tenir globalement la route, mais on reste à des années lumières du cinéma de Tarantino ou de Carpenter.

 

« Parfois, c’est le grand délire. Le destin s’amuse à te baiser pour pas un rond. C’est comme ça et ce sera toujours comme ça. »

 

Studio CanalLa grosse surprise de ce film, c’est son panel de stars. Il est vrai que certains cachetonnent sans réellement briller (Andy Garcia, Ray Liotta), mais d’autres sont venus pour se faire plaisir, et ceci est tellement communicatif que cela transparaît à l’image (Ben Affleck, Jeremy Piven, Alicia Keys, Ryan Reynolds). Soyons clair, Carnahan remplit largement ses objectifs, à savoir de signer un film de divertissement soigné et électrique, tenant plus du gros délire qu’autre chose. Maintenant, il est certain qu’avec les moyens et le parterre d’acteurs qu’il avait à sa disposition, Carnahan aurait pu prétendre à un film un petit plus ambitieux.

 Alicia Keys. Studio CanalCommon et Jeremy Piven. Studio Canal



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Bob Morane 23/08/2007 07:36

C'est pas faux ! débile, sanglant, violant mais tellement drole et jouissif qu'on en ressort amusé. Pas inoubliable, mais un bon moment de passé. A voir par temps de pluie !

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!