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27 May

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Publié par platinoch  - Catégories :  #Films d'action

« Si tu peux voir le futur, tu peux le changer »

 

Sorti au printemps 2007, le dernier Lee Tamahori, réalisateur de « Meurs un autre jour », avait de quoi mettre l’eau à la bouche. Et pour cause, s’attaquer à l’adaptation cinématographique de l’un des auteurs de science-fiction les plus reconnus avec en tête de casting l’un des acteurs hollywoodiens les plus doués de sa génération, le projet avait de la gueule. Seulement voilà, n’adapte pas Philip K. Dick qui veut. Inspiré (très librement) de sa nouvelle « L’homme doré », le film met en scène le destin d’un homme, Chris Johnson, qui peut voir les évènements le concernant qui vont se passer deux minutes plus tard. Résidant Las Vegas, le lieu de tous les excès, Johnson met son pouvoir au service de petites combines minables (numéro de magie et arnaque au poker) pour vivre tranquillement sa petite vie moyenne. Mais voilà, un complot terroriste à la bombe atomique menace la sécurité américaine et le FBI lui met la main dessus pour mettre son pouvoir à leur service et arrêter les terroristes avant qu’ils ne puissent mettre leur plan à exécution. L’histoire se corse lorsque Johnson, qui refuse dans un premier temps de coopérer prend la tangente avec une jeune femme dont il est amoureux et qu’il vient de rencontrer. Une folle course poursuite s’engage donc…

TFM Distribution

 

« Si je fais ce que vous me demandez, vous m’attacherez sur cette chaise pour toujours »

 

 On connaissait le goût de Lee Tamahori pour les gros films d’actions, avec effets spéciaux, courses poursuites, grosses pétarades et autres scènes réjouissantes de combats. Dans l’absolu, son univers ne semblait pas forcément compatible avec l’univers plus subtil de Philip K. Dick. Et très vite les soupçons d’incompatibilité se confirment. Car si le film partait plutôt bien, avec une scène bien léchée d’évasion du casino où l’ami Johnson s’est fait repéré pour triche au poker, et quelques bonnes notes d’humour, en particulier la scène où il aborde le personnage interprété par la belle Jessica Biel, les gros dérapages arrivent à la vitesse des bolides qui se poursuivent à l’écran, et très vite le film part en roue libre, dans tous les sens, sans plus personne au volant.

Nicolas Cage, Jessica Biel et Julianne Moore. TFM Distribution

 

« J’ai vu bien au-delà de ce que j’avais jamais vu »

 

Ce « Next » souffre d’abord (et principalement) d’un scénario qui tient finalement sur un timbre poste. En effet, le coup de la menace terroriste tombe comme un cheveu sur la soupe, les terroristes eux-mêmes ne nous sont jamais présentés (on sait juste qu’ils sont français… ?!), et Tamahori prend bien soin de ne jamais nous présenter ni leurs motivations, ni leurs revendications. Il en fait de même avec la romance qui naît entre les deux protagonistes principaux : là encore, il ne s’embarrasse pas ni de poncifs ni de détails, les deux personnages se trouvent, se séduisent en un temps record, et s’aiment comme un vieux couple aussitôt la première nuit passée ensemble. Enfin, aucun personnage à l’exception du héros n’est franchement bien construit ni cerné, ils sont tous très stéréotypés, la palme pour le chef de l’opération côté FBI.

Nicolas Cage. TFM Distribution

 

La deuxième tuile du film, c’est la réalisation. Certes Tamahori cherche à donner du rythme à son film, et à multiplier les effets visuels à grands renforts d’effets spéciaux. Le problème, c’est qu’il ne les utilise pas à bon escient. En effet, ceux-ci paraissent déjà un peu cheap et ringards par rapport à ce qui nous est donné de voir dans d’autres grosses productions du moment ("Spider-man" par exemple), et surtout l’abus de ces derniers ne comble pas le vide sidéral du scénario. Au contraire, cela plombe encore plus le film. Citons en vrac l’avalanche de voitures qui poursuivent Nicolas Cage, la voiture qui se mange le train en marche au passage à niveau, la multiplication de Nicolas Cage comme autant de pistes mentales étudiées, ou encore le coup des balles évitées presque au ralenti, un peu comme dans « Matrix », mais en nul.

Nicolas Cage. TFM Distribution

 

Reste donc l’interprétation, qui manque de bol, ne fait pas franchement d’étincelles. Nicolas Cage joue bien, comme toujours, mais sans jamais briller vraiment, la faute à un rôle stéréotypé au possible. A sa décharge toujours, il est affublé d’un look plus que ringard et laid qui monopolise quelque peu l’attention du spectateur déjà déçu du spectacle sur l’écran. Le reste du casting est au diapason dans la médiocrité, Julianne Moore en tête, qu’on avait connu beaucoup plus inspirée par le passé (« Boogie nights », « Hannibal »), se perd totalement dans un rôle beaucoup trop caricatural, mal dessiné, auquel elle ne semble jamais croire. Jessica Biel également se perd dans un énième rôle de jolie fille sans relief, complètement terne. Sa plastique est irréprochable, mais en aucun cela ne saurait suffire à rendre le film attractif. Ni à faire d’elle une grande actrice. Enfin, on était tout content de voir Peter Falk crédité au générique, sa présence se limite à deux minutes d’écran, et à trois phrases et demies.

Julianne Moore. TFM Distribution

 

« J’ai vu toutes les fins potentielles : pas une ne t’est favorable »

 

Scénario bâclé et gros effets ringards et mal utilisés, Philip K. Dick ne méritait pas d’être bousillé comme cela. Malheureusement, Lee Tamahori l’a fait. En partant d’une idée qui a défaut d’être originale semblait du moins intéressante à exploiter, il n’arrive pas à nous proposer mieux que cette énième interrogation égoïste : doit-on sacrifier son bonheur personnel (en l’occurrence la vie de sa bien-aimée) pour sauver la vie de millions de personnes innocentes ?

Difficile d’apporter une réponse intéressante lorsque l’on dispose d’un scénario qui tient sur un timbre poste, et qu’on se sert de personnages et de situations aussi caricaturaux.

Porté par une réalisation manquant de subtilité et par une interprétation franchement moyenne, ce film ne peut que décevoir.

Alors, certes, le spectacle reste regardable, mais ce nanard de série B ne vole pas bien haut. Il reste dans l’ensemble aussi laid que la coupe de cheveux de l’ami Nicolas Cage qui enchaîne de manière inquiétante les navets (« World trade center » et « Ghost rider » coup sur coup).

Un des bides de l’année !

Nicolas Cage et Jessica Biel. TFM Distribution



Commenter cet article

Bob Morane 27/05/2007 23:30

Je n'ai aucune contradiction de plus que tout ce qui est sublimement énuméré ici. Ce film avait tout pour être sympa, mais il sombre vite dans dans la mélasse, nous avec !

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!