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08 Aug

Nicostratos le pélican

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« Il va falloir que je te cache. Si mon père te trouve, il va devenir dingue » 

 

Yannis a 14 ans et vit sur une petite île grecque qui a su demeurer sauvage. Depuis la mort de sa mère, la relation qui l'unit avec son père, Démosthène, s'est durcie.

Lors d'un voyage à Athènes, il sauve d'une mort probable un jeune pélican du nom de Nicostratos.

Contraint de l'élever en cachette pour soustraire à la colère paternelle, Yannis devient bien malgré lui une vedette dans son île qui se trouve transformée par le tourisme grâce à ce magnifique pélican blanc, le plus grand oiseau d'Europe !

C'est un été unique, celui dont on se souvient tout le reste de sa vie. Yannis y découvrira l'amour que son père lui porte et qu'il n'avait jamais su lui témoigner. 

« Au début, la cohabitation entre la chèvre et le pélican était difficile : ce fut corne pour bec et bec pour corne »

En marge des dessins animés et autres films d'animation qui font le bonheur des jeunes spectateurs, les cinéastes ont su développer un autre genre de films dédié à ce public si particulier, à savoir les films animaliers. Un genre très codifié dont les ficelles varient peu, si ce n'est l'espèce animale au centre du récit. Généralement centrés sur l'amitié improbable entre un enfant et un animal sauvage, ces contes initiatiques sont l'occasion pour les enfants de faire l'apprentissage de l'amitié, de la nature ou encore des responsabilités. « Le petit prince » semble avoir fait des émules. Au point d'être décliné à toutes les espèces. Après les loups (« Survivre avec les loups », « Loup »), les renards (« L'enfant et le renard ») ou encore les orques (« Sauvez Willy »), place donc au pélican avec « Nicostratos ». Adapté du roman à succès d'Éric Boisset (paru en 1998), il s'agit du deuxième long d'Olivier Horlait. Quatre ans après un premier projet assez similaire, « Sunny et l'éléphant », le réalisateur continue donc d'explorer un genre qui, semble-t-il, le passionne.

« Ne t’inquiète pas, on ne va pas nous séparer »

S'il reste dans les clous, Olivier Horlait innove en plaçant au centre de son récit une espèce peu vue au cinéma : le pélican. Moins commune et moins sauvage dans l'imaginaire collectif que le loup ou le renard, le pélican se révèle être pourtant, contre toute attente, une espèce cinégénique, qui se prête étonnement bien à la comédie (maladresse, chahutage avec la chèvre) tout en faisant preuve d'une grâce inattendue (en vol notamment). Autour de ce drôle d'oiseau, le réalisateur tricote une histoire assez classique, abordant les thèmes habituels du genre tels que le passage à l'adolescence, la découverte des responsabilités, de l'amour, ou encore la difficulté à communiquer avec son père. Sans révolutionner le genre, Olivier Horlait réussit cependant sans trop de difficultés à nous embarquer dans son récit doux-amer. Alternant les moments amusants (les bêtises de l'oiseau) et les moments émouvants (la relation entre l'enfant et son père, la blessure du pélican), « Nicostratos » se révèle ainsi particulièrement attachant. Le cadre enchanteur des iles grecques et la qualité générale des interprètes (mention spéciale à Emir Kusturica, qu'on n'attendait pas dans ce registre) finissent de nous séduire. Et même s'il ne casse pas trois pattes à un pélican, ce « Nicostratos » demeure une bonne surprise et s'impose comme un bon film du genre.

 

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Bob Morane 08/08/2011 23:52

OUi une bonne surprise, comme l'avait été pour moi M. Popper et ses pinguoins, autres volatiles non valonts :)

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!