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23 Jun

Ocean’s Thirteen

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« - Si tu veux laisser une trace, y’a qu’a donner ton nom à une avenue.

   - On reparlera de ça quand je serais mort »

 

A l’origine, avant George Clooney et Brad Pitt, il y avait un vieux film nommé « Ocean’s eleven », ou « L’inconnu de Las Vegas » en français. Réalisé par Lewis Milestone en 1961, ce film réunissait toute la « Rat Pack » de l’ami Sinatra, à savoir Sinatra lui-même, Dean Martin, Sammy Davis Jr., ou encore Peter Lawford, soit une affiche de rêve pour l’époque. En réalisant le remake de ce film en 2002, Steven Soderbergh nous offrait une version encore plus glamour avec rien de moins que Clooney, Pitt, Damon, Julia Roberts, ou encore Cheadle aux manettes. Private jokes et ambiance cool avaient ravi le public, créant une surprise et un succès planétaire.

On suivit « Ocean’s twelve » (2005), projet encore plus ambitieux et décontracté, et enfin donc « Ocean’s thirteen », dernier opus sorti cette semaine sur nos écrans. En reprenant les mêmes, plus Al Pacino dans le rôle du méchant, le film annonçait un casting plus grand encore qu’à l’accoutumée. Evènement mondial en perspective donc. Retour sur un film décevant.

 

« Y’a un code entre les mecs qui ont serré la main de Sinatra »

 

L’histoire :

 

Reuben, mécène des coups faramineux de Danny Ocean s’associe à Willy Bank, crapule notoire qui veut construire le casino le plus luxueux de Las Vegas. Malheureusement, une crapule comme Bank ne déroge jamais à ses travers et escroque en beauté Reuben qui finit par faire une crise cardiaque. Entre la vie et la mort, l’équipe de Danny se réunit et décide, afin de venger Reuben, de mettre en branle un projet visant à voler les recettes de la soirée inaugurale du casino de Bank, et de réduire sa réputation en miettes. Mais ce dernier, totalement mégalo et parano, exerce un contrôle minutieux de son casino et la sécurité est une nouvelle fois la plus moderne et infaillible du monde. Nouveau défi en perspective pour nos amis, qui va nécessiter le soutien financier de Terry Benedict, l’ennemi de toujours, qui voit d’un mauvais œil la création de ce mastodonte du jeu faisant de l’ombre à ses propres casinos…

 

« - Tu es un nabot dans 34 états.

   - Et un animal dans les 34 autres » 

Y’a pas à dire, sur le papier tous les éléments étaient réunis pour faire de ce film une réussite totale : budget gargantuesque, décors et effets spéciaux et veux-tu en voilà, et le tout porté par la crème des acteurs du moment. Mais voilà, au bout du troisième épisode il semble que la recette s’essouffle sérieusement et que les scénaristes n’arrivent plus franchement à se renouveler. Car c’est avant tout un manque d’originalité totale qui vient plomber ce troisième opus. Le casse dans le casino le plus sécurisé du monde ressemble trait pour trait à celui du premier épisode, à l’exception faite que les rebondissements sont de moins en moins plausibles et de plus en plus incompréhensibles. En effet, il vous faudra vous armer d’une attention à toute épreuve (pour un film dépassant les 2h de durée) pour comprendre les subtilités du scénario tant les plans et les astuces de la bande à Danny s’enchaînent sans que personne ne comprenne bien comment ils s’enchaînent. Car si les plans de Soderbergh sont toujours aussi léchés, si l’humour est bien présent, et si on retrouve certaines joutes verbales entre nos braqueurs armés de leur cool attitude, le scénario demeure elliptique, et certains retournements de situation arrivent sans qu’on sache ni pourquoi ni comment. Dommage.

 

Ainsi, deux de nos braqueurs infiltrés dans une usine de dés mexicaine, mènent tambour battant une grève pour la revalorisation salariale des employés sans que cela apporte quelque chose d’intéressant au scénario, et sans que cela soit bien traité de manière à ce que cela apporte quelque chose au scénario. Dans le même genre, la partie consistant à voler les diamants de Bank est très elliptique, et même si elle semble logique à la fin, l’habile tour de passe-passe tombe comme sur cheveu sur la soupe pas très clair. Et je ne parlerais pas de l’arrestation de Livingston en plein casino, car j’ai beau me creuser, je n’ai toujours pas compris ni comment ni pourquoi elle avait lieu. Ni comment il était relâché. Et pour cacher les lacunes de la trame historique, les scénaristes n’ont rien trouvé de mieux à faire que de nous sortir la grosse artillerie des effets spéciaux, avec l’improbable séisme simulé par la foreuse du tunnel sous la manche. Bref, beaucoup de gros artifices, de gros moyens, pour un résultat qui aurait pu être bien plus convaincant.

« Je connais tous les types que vous pourriez embaucher pour me faire la peau, mais ils me préfèrent à vous »

 

Au-delà de ça on retrouve avec un plaisir évident la joyeuse troupe de Danny Ocean, même si on aurait bien aimé retrouver également Julia Roberts dont le personnage, qui avait apporté beaucoup de piquant au deuxième opus, a totalement disparu de la circulation. En revanche les nouveaux venus ne sont pas toujours convaincants. Al Pacino cabotine à mort dans son rôle de patron-maffieux despotique, Ellen Barkin se débat dans un rôle caricatural à souhait qui n’est pas taillé pour elle, et surtout Vincent Cassel apparaît trois fois dans le rôle du con de service, ce qui est décevant quand on connaît le talent de cet acteur. Ajoutons à cela une mise en scène à la Soderbegh, c’est-à-dire toujours aussi fluide avec des effets bien léchés. Reste qu’il se repose sur les bases qu’il avait lui-même posé lors des deux précédents épisodes, et qu’il a laissé sa créativité au garage le temps du tournage de celui-ci.

Affiche américaine. Warner Bros.

 

Au final, si on retrouve avec joie la folle et glamour équipe de Danny Ocean pour sa troisième aventure, on est quelque peu déçu de la tournure des évènements. Si l’ambiance décontractée et cool est toujours présente, si l’humour générale et la sympathie qui réside dans les dialogues décalés fait toujours mouche, on regrette malgré tout que les scénaristes aient été aussi peu inspirés, se contentant du minimum syndical pour assurer la rentabilité du troisième opus d’une franchise dont la mécanique bien huilée semble s’essouffler. On appréciera le petit message très « Clooneysque » qui se dessine dans le film, à savoir que certains font des millions sur les casinos et les jeux quand le reste de la planète vit dans la pauvreté et l’indifférence (importance du coup de la grève au Mexique et du don indirect de Benedict aux bonnes œuvres). A défaut d’être un gros navets, le film divertit toujours mais n’empêche pas un sentiment de déception. Dans ces conditions, il serait préférable de ne pas envisager d’ « Ocean’s 14 ».



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Bob Morane 25/06/2007 21:45

Eh bah alors ! Moi qui me faisait une joie d'aller le voir... N'empêche, ta critique ne dissuade pas, mais prévient d'une déception prévisible. Aussi, j'irais le voir pour retrouver l'ambiance. Au moins tu prouves qu'une critique peut être un avertissement à voir quand même, en évitant la dualité longue vie ou à mort. Merci et continue de nous faire aimer le cinéma avec autant d'intelligence.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!