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22 Aug

Partir

Publié par platinoch

« J’aime tout quand je suis avec toi »

Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésithérapeute qu'elle avait abandonné pour élever ses enfants et convainc son mari de l'aider à installer un cabinet.

A l'occasion des travaux, elle fait la rencontre d'Ivan, un ouvrier en charge du chantier qui a toujours vécu de petits boulots et qui a fait de la prison. Leur attraction mutuelle est immédiate et violente et Suzanne décide de tout quitter pour vivre cette passion dévorante.

« Ça m’est tombé dessus. Je m’en veux de vous faire du mal mais je ne peux pas faire autrement. Laisse-moi partir. »

« Aimer à perdre la raison » chantait Ferrat. Rappelant ainsi le vieil adage selon lequel la frontière séparant l’amour et la haine est souvent des plus ténues. A l’évidence, l’ambition de la réalisatrice Catherine Corsini était de capturer cet instant où les sentiments dictent les actes, où la passion prend le pas sur la raison, et où toute une vie peut basculer, inexorablement, sans espoir de retour en arrière. Cet instant grave où une personne peut décider de tout plaquer sans se poser plus de questions sur son avenir. Cet instant souvent destructeur et dramatique pour les gens qui sont autour et qui souffrent de la situation. Ambitieux, le projet de Corsini l’était certainement. Risqué aussi. De fait, la chute n’en est que plus dure. Car là où le sujet nécessitait obligatoirement précision et subtilité, la réalisatrice nous propose un film pénible et hystérique.

« C’est un taulard. Un escroc. C’est ça qui te fait fantasmer ? La bourgeoise et le prolo, c’est ça ton truc ? »

Il y a tout d’abord cet enchaînement invraisemblable de clichés : la bourgeoise qui se retrouve attirée par l’ouvrier, qui quitte le milieu friqué et aisé de son mari chirurgien et notable local pour un monde ouvrier totalement misérable. Il y a ensuite ce scénario grotesque auquel on ne peut jamais adhérer. A commencer par cette volonté délibérée de zapper l’ambiguïté et le trouble naissant entre les deux personnages avant qu’ils ne décident de franchir le pas et qui nous ferait croire un peu à leur histoire. Le fait de vider ensemble une grange ne suffisant pas à justifier à l’écran cette passion. Mais plus que tout, ce qui gène dans le film, c’est qu’on n’éprouve jamais la moindre empathie pour cette femme. La faute à des personnages mal écrits et jusqu’au-boutistes, incapables de pondération. Honnêtement, difficile de trouver de la sympathie chez cette femme qui part avec fracas, qui vient mendier de l’argent, organise le cambriolage de son ex domicile familial, et manipule ses enfants. Il en va de même pour les autres personnages, que ce soit l’amant (ex-taulard à la nature pseudo contemplative doté d’une sensibilité à deux balles) ou le mari (ultra possessif jouant la politique de la terre brûlée). Pour couronner le tout, ce film fastidieux s’achève dans un sommet de grotesque et de ridicule. « Partir »… le mieux encore étant de ne pas y aller !

  



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Melissa 23/08/2009 12:36

Oh, pourquoi ce carnage ?! Je ne suis pas d'accord avec toi quand tu dis qu'on ne voit pas la naissance de cette attirance. L'une des scènes les plus fortes étant justement ce voyage en espagne, où il parle de lui au restaurant. Kristin Scott Thomas exprime une telle attirance dans son regard que ça en est absolument extraordinaire. Pour le reste, ok pour la représentation clichée du prolétariat mais cette femme, prête à tout pour vivre un amour destructeur, est attachante par ce côté justement jusqu'au boutiste...

Bob Morane 22/08/2009 18:52

ça tombe bien, j'avais d'autres priorités et la bande annonce ne me donnait pas l'envie d'aller voir

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!