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16 Aug

Planète terreur

Publié par platinoch  - Catégories :  #Science-Fiction-Heroïc Fantasy

« J’aime pas les mercredi »

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TFM Distribution

 Texas. Des militaires attaquent une ancienne base de l’armée pour récupérer un gaz. Quelques heures plus tard, les habitants d’un petit village sont confrontés à des attaques à répétitions de la part d’êtres étranges. A l’hôpital, William et son épouse Dakota, tous deux médecins, constatent que leurs patients sont de plus en plus nombreux et souffrent de symptômes similaires. Ils accueillent notamment Cherry, une gogo danseuse, à qui on a arraché la jambe lors d’une attaque. Alors que les attaques se multiplient, il est de plus en plus évident que les assaillants sont des zombies qui attaquent pour se nourrir de la chair des vivants. Mais le groupe de survivants menés par Wrey, Cherry et Dakota ne semble pas décider à baisser les bras et est prêt à tout pour atteindre des cieux plus cléments. La nuit est loin d’être finie…

 

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« Ce blouson m’appartient…pas toi »

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Quentin Tarantino, Rose McGowan et Marley Shelton. TFM DistributionDeuxième partie du diptyque  "Projet Grindhouse" censé rendre hommage au cinéma bis diffusé dans les cinemas Grindhouse, ce « Planète terreur » sort deux mois après le  « Boulevard de la mort » de Tarantino. Si à l’origine, les deux films étaient censés se retrouver à la suite l’un de l’autre, juste entrecoupés de fausses pubs, et diffusés lors d’une même séance, ce format n’aura pas dépassé les frontières nord-américaines. En Europe, où ce format de cinéma, à savoir deux films de série B à la suite dans une même séance, n’a jamais été développé, les diffuseurs ont décidé de dissocier purement et simplement les deux films. Si Tarantino rendait hommage dans sa partie aux films d’épouvante, son éternel complice, Robert Rodriguez (à qui l’on doit « Sin City » ou encore « Desperado 2 »), a choisi de rendre hommage aux films de zombies façon Romero.

 

« Aucun Texan ne donnera jamais sa recette du barbeque, plutôt mourir !!! »

 

Freddy Rodriguez, Marley Shelton, Naveen Andrews et Rose McGowan. TFM Distribution

Même s’il s’agit d’un projet commun et d’un hommage à un genre cinématographique, on se rend compte de réelles différences entre les deux films que nous proposent Tarantino et Rodriguez. Même s’ils choisissent des sujets totalement différents, on peut y voir deux styles complètement opposés. Ainsi, dans le premier volet, Tarantino s’appuyait plus sur des personnages charismatiques, sur des bons moments et des échanges verbaux sans fin, pour décrire l’ascension et la chute d’un tueur sadique. Rodriguez, à l’inverse s’attache ici à rendre un hommage primaire aux films de zombies sans jouer trop sur l’emprunte personnelle. Comme pour les originaux, il tourne un film au scénario anecdotique et aux dialogues souvent ridicules, avec des personnages dont le charisme n’est jamais une qualité première (si ce n’est Rose McGowan). Plus que tout, plutôt que de jouer sur la forme et sur le grain de l’image comme l’avait fait Tarantino, Rodriguez préfère reprendre tous les codes du genre et offrir au public ce qu’il attend, c’est à dire un vrai film gore. Sur un mode jamais sérieux, il nous offre ainsi des hectolitres d’hémoglobine, de la tripailles en veux-tu en voilà, et autant de membres arrachés que de mecs éventrés vivants. Une grosse partie de l’intérêt de son film repose d’ailleurs sur ce mélange entre gore pur et volonté constante d’autodérision qui rend assez joyeuses toutes ses scènes d’étripages. Une vraie générosité visuelle.

« J’en ai vu des curiosités dans ma vie, mais j’ai jamais vu de streap-tease d’unijambiste…Pourtant j’ai été au Maroc »

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TFM Distribution

D’autant qu’il se repose sur un casting ingénieux et harmonieux, reposant sur quelques valeurs sûres venant faire un guest (Bruce Willis ou Tarantino himself), quelques nouvelles valeurs montantes (Rose McGowan, impeccable, Freddy Rodriguez, ou la magnifique et sculpturale Marley Shelton), et quelques vieux couteaux qu’on ne pensait plus revoir et qu’on retrouve avec plaisir (Jeff Fahey, Michael Biehn). Si la direction d’acteurs se révèle plutôt ingénieuse, on regrettera néanmoins que certains personnages ne soient pas plus développés (Wray, le héros, par exemple), quand d’autres personnages secondaires le sont davantage (les frangins flic et cuisinier). Mais l’intérêt de Rodriguez est ailleurs, dans cet univers à la fois gore et BD (avec toujours cette attraction pour les gros véhicules, les gros moteurs, et les gros calibres), bourré des filles sexy (même la cul-de-jatte devient une tueuse ultra-sexy avec sa prothèse mitrailleuse), et où l’humour décalé et l’autodérision joyeuse de cette viande étalée pourtant violemment prend le pas sur tout le reste.

 

« - Plus de macchabées pour Papounet cette nuit !

   - Je l’ai jamais trop senti ce type. Aussi inutile qu’une bite de curé !!! »

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Rose McGowan. TFM Distribution Au final, ce « Planète terreur » se révèle être une double bonne surprise. Tout d’abord parce qu’il nous réconcilie avec le cinéma de Rodriguez qui nous avait si souvent laissé sur notre fin (l’infâme « Sin city », ou encore la série des « Spy kids »), et surtout parce qu’avec son autodérision affichée, il signe le meilleur des deux segments de ce projet Grindhouse. Sans avoir la prétention d’être un grand film, ce « Planète terreur » est un film généreux, qui rend pleinement hommage aux films de zombies de série B, en en reprenant les codes et en y apportant une bonne dose d’humour. Certes, l’ensemble est biodégradable et s’oublie une fois le film terminé, mais sa générosité en fait un agréable divertissement.

 



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Fritzlangueur 28/08/2007 17:01

Moi j'ai pris ce film pour ce qu'il est, une bonne transgression de films B, et j'en ai eu pour mes frais. Rodriguez a rempli son contrat, il m'a collé une méga claque, et maso j'en ai redemandé car j'y suis retourné lol.

bobomorane75 16/08/2007 11:30

Gore de chez gore ! dégueu au possible, mais avec une telle dose d'humour et de dérision qu'on rigole beaucoup. Grosse banane aussurée à la sortie.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!