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09 Sep

Le premier jour du reste de ta vie

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« C’est important de regarder le temps en face. Tu le comprendras quand tu auras mon âge »

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La vie d'une famille à travers cinq jours décisifs dans la vie de chacun. Trois enfants : Al, le fils prodige quelque peu oublié, Raph, le jeunot un peu largué et Fleur, la benjamine révoltée. Les parents ont parfois du mal à gérer leur petite entreprise mais le tout semble fonctionner... à peu près. Alors que l'on vieillit, les tensions se créent et le temps qui passe commence à faire son travail, plus ou moins bien. Mais ces cinq jours, disséminés sur une douzaine d'années, vont définitivement changer leur vie.

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« La famille est une machine à broyer les sentiments »

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Trois ans après un premier essai très prometteur – « Ma vie en l’air » - le réalisateur Rémi Bezançon nous revient avec son deuxième long, « Le premier jour du reste de ta vie ». Un titre inspiré par une chanson de Daho qui figure dans la bande musicale de cette chronique familiale. Encensé par la critique qui en faisait clairement le film français de l’été, « Le premier jour du reste de ta vie » était clairement le film à voir. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne le réalisateur s’entourrait  de nouveau de Sinclair pour la bande musicale et de Cécile Cassel et Gilles Lellouche dans des seconds rôles, tous trois étant déjà présents au générique de son premier film.

« Ça fait des années que j’ai l’impression de faire tout à l’envers »

Il nous avait enchanté voici trois ans avec son premier film, « Ma vie en l’air », petite comédie romantique aérienne, véritable bijou de légèreté. Il m’avait même laissé un gentil commentaire sur mon blog. Bref, j’attendais impatiemment la sortie du deuxième film de Rémi Bezançon. Et ce d’autant plus que le jeune réalisateur s’attachait les services d’un casting alléchant, avec entre autres les toujours impeccables Jacques Gamblin et Zabou Breitman. Pourtant qu’elle ne fut pas ma déception devant ce film faussement dans l’air du temps et clairement calibré pour toucher le public le plus large. Du coup, fini la légèreté qui laisse place ici à un film résolument artificiel. Que dire ainsi de ce scénario mal écrit reposant sur des ficelles beaucoup trop grosses et des coïncidences aussi improbables que répétées (l’ainé qui rencontre sa future femme le jour de son emménagement, le décès du grand-père le jour du mariage, la fille qui apprend sa grossesse le jour où elle disperse les cendres de son père) ? D’autant que le réalisateur abuse à l’extrême des effets scénaristiques faciles (totale linéarité, le film commence par l’enterrement du chien pour se finir par celui du père), et de la caricature (comment s’identifier à des personnages aussi caricaturaux que le fils rockeur forcément rebelle et je-m’en-foutiste, ou à l’élève de l’autoécole, caricature du rasta fumeur de beuh). Du coup, faute de sincérité, la plupart des scènes d’émotion ou d’humour ne fonctionnent jamais (scène de fellation dont le côté très graveleux ne colle pas du tout avec le ton du film), à quelques rares exceptions (relation entre le grand-père et le cadet).

« C’est important la famille. Vous regarder grandir, c’est le plus beau spectacle auquel j’ai assisté »

Clairement, on se dit que tout cela est très dommage, qu’il s’agit d’un gros gâchis, car on sent derrière que Bezançon a vraiment du cinéma à revendre. Imaginatif, inventif, le garçon nous prouve qu’il a des idées de ciné plein la tête, comme le prouve le découpage de son film en cinq journées résumant vingt années de vie d’une famille, qui était pour le coup vraiment original et pertinent. On reconnaitra aussi au réalisateur la pertinence de ses choix pour la bande musicale. Côté comédiens, on retiendra surtout la belle performance de Jacques Gamblin, dont le côté très lunaire convient parfaitement à ce genre de film. Zabou Breitman livre comme à son habitude une prestation très propre, tandis que le québécois Marc-André Grondin (révélé dans « C.R.A.Z.Y. »), se montre finalement le plus touchant de la tribu. La grosse déception du film est sans conteste Déborah François, dont le jeu, outrancier et toujours à côté de la plaque, est très vite agaçant. A l’image de ce film qui avait tout pour être une belle chronique familiale à la fois actuelle, émouvante et sincère, mais qui se borne à être un petit film totalement artificiel, froid et longuet, qui ne parvient jamais à nous toucher. Si Bezançon nous prouve qu’il est clairement l’un des cinéastes les plus prometteurs de sa génération, on espère qu’il reviendra à plus de fraicheur, de légèreté et de sincérité lors de son prochain film.

  



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F
Gloups ! Moi j'ai adoré ! Et oui Grondin est vraiment top !
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F
Gloups ! Moi j'ai adoré ! Et oui Grondin est vraiment top !
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M
A la première vision, j'avais trouvé ça génial et c'est vrai que quand j'y suis retourné avec des amies, j'ai été frappé par ce côté très caricatural. Tout est fait pour que l'on aime. Après, ça a marché pour moi, pas pour toi... comme quoi, quitte ou double !
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B
C'est tout à fait mon avis. D'autant plus malheureux que le thème de la nostalgie est le fait de loosers se raccrochant à ce qui est perdu plutôt que de regarder l'avenir et surtout le présent. Ma vie en l'air avait justement ce côté de vivre au présent ce passé qui accompagnait la vie à venir. Super dommage. Rémy, à quand ton prochain film qui te ressemble le plus ?
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Le site sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!