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02 Mar

Le séminaire caméra café

Publié par platinoch

« T’es furet à 200% »

C'est entre espoir et crainte que six employés de la société Geugène se rendent à Paris pour participer à un séminaire de motivation. Parmi eux, Hervé, délégué syndical duplice, et Jean-Claude, qui se décrit lui-même comme le roi de la vente. Pour Jean-Claude, ce séjour est l'occasion inespérée de reconquérir sa femme, qui l'a quitté avec enfants et bagages quand il a incendié leur pavillon pour toucher de l'argent des assurances. Flanqué d'Hervé, qui a tout de suite vu en l'assistante de leur coach une candidate à l'écart conjugal, Jean-Claude va quadriller la capitale à sa recherche et fera la preuve que les innocents peuvent parfois trouver une épingle dans une botte de foin. Tout irait presque normalement si Hervé ne faisait une découverte alarmante : le séminaire n'est qu'un prétexte à une évaluation masquée des personnels en vue d'un redéploiement. Ce que tous traduisent par "plan social". Ils passent de la docilité à la révolte, retournant les acquis du séminaire contre leurs employeurs indélicats...

« La mort de Sylvain a été un véritable choc. Cependant c’était un bel enterrement pour un comptable »

Quatre ans après « Espace détente » (2005), première adaptation de la série à sketchs « Caméra café » sur grand écran, Hervé le syndicaliste et Jean-Claude le VRP nous reviennent pour une deuxième aventure, « Le séminaire ». Si on retrouve toujours le duo Bruno Solo-Yvan Le Bolloc’h à l’écriture du scénario et des dialogues, ils ont préféré passé la main pour la réalisation (qu’ils assuraient sur « Espace détente »)  au réalisateur Charles Nemes à qui l’on doit une poignée de comédies populaires bien franchouillardes comme « Les héros n’ont pas froid aux oreilles » (1979), « La fiancée qui venait du froid » (1981), « La tour Montparnasse infernale » (2001) ou encore « Le carton » (2004). Un réalisateur qui avait déjà dirigé Bruno Solo sur la série « H ». A noter qu’en compensation, Yvan Le Bolloc’h signe une partie de la musique du film, avec son groupe Ma guitare s’appelle reviens.

« Je te mérite pas. Je ne mérite même pas que tu sois dans mon coffre. Tout ça à cause de cette bite qui nous a joué tellement de tours »

Le succès d’une série télé justifie-t-elle forcément son adaptation systématique sur grand écran ? Pas forcément, d’autant plus que la transposition d’un format de sketch court basé sur un comique de situation à un format de long métrage basé sur une histoire plus dense et sur le rythme comique est un exercice des plus casse-gueule. Néanmoins, malgré la nullité totale de son scénario, « Espace détente » avait réuni près de deux millions de spectateurs en salles (!). Histoire de donner raison aux producteurs en prouvant si besoin en était qu’il y avait une véritable attente populaire autour de personnages de la série. Le deuxième épisode semblait du coup presque obligatoire. Malheureusement, la loi des séries semble avoir trouvé deux nouvelles victimes. Car si le premier opus était déjà dénué de tout talent et de toutes qualités, le second fait encore pire, atteignant des profondeurs abyssales de la connerie cinématographique. Non pas que le film soit méchant, ni même peuplé de mauvaises intentions (ce qui sous-entendrait déjà qu’il y ait un minimum de réflexion derrière ce film). Pour preuve, en ces temps de crise économique et sociale, trop peu de films osent s’aventurer sur le terrain glissant du monde de l’entreprise avec ses séminaires de groupe totalement avilissants, ses manipulations et ses plans sociaux. Des sujets graves, qu’il était possible de traiter avec un humour noir et grinçant, et qui pouvait laisser espérer une comédie acide et dans l’air du temps. Chose impossible avec ces deux guignolos de Solo et Bolloc’h qui se cantonnent à une (non-)comédie, totalement foireuse et foirée, désespérante et sans humour. Parce que leurs personnages, ultra stéréotypés (la secrétaire, le syndicaliste, le cadre dirigeant, etc…) ne sont pas adaptés et pas assez creusés pour un long métrage. Parce que le réalisateur s’embrouille les pinceaux dans un récit hystérique mêlant trop d'intrigues secondaires et insipides (l'ex-femme de Jean-Claude), donnant lieu à grand portnawak plus bête que méchant et manquant totalement de mordant (à l’image de cette scène totalement nulle où le Raid débarque dans un immeuble de bureaux où nos héros se sont infiltrés). Parce qu’enfin l’ensemble manque de génie et de subtilité (si je vous dis que la scène la plus « drôle » du film se résume à un slip de Jean-Claude Convenant, c’est pas un peu lamentable pour un film qui parle de l’entreprise ?), se vautrant dans la franchouillardise facile, lourdingue et de mauvais goût. Le tout bien sûr filmé à la truelle et porté par des comédiens au jeu franchement ringard (Armelle et Gérard Chaillou en tête). Au final, cette lamentable bouffonnerie boursoufflée, de la pire médiocrité qui soit, sent à plein nez l’opération commerciale, visant à faire du fric en surfant sur le succès – immérité – du premier opus. Un comble pour un film qui aborde la problématique du manque de morale dans le comportement des entreprises. Arrêtons là les frais. Encore une désillusion pour la comédie française qui enchaine les nullités et les bouses depuis le début d’année (« De l’autre côté du lit », « La guerre des miss », « Lol », « King Guillaume », « Cyprien »). 2009, année maudite ?

  



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Guy 23/03/2009 13:03

En parlant de bouse, tu peut y ajouter Coco, et comme bouse celle là elle est énorme.

Bob Morane 03/03/2009 07:17

Analyse violente mais tout à fait justifiée au regard de la merde qui nous est proposée. D'autant plus pour ceux qui, à l'instar de nos cartes illimitées, vont payer 10,00 € ! ! C'est manifestement du racket. Oui, extrêmement dommage, car le monde de l'entreprise en crise pourrait être abordé et critiqué même avec humour. Le hic c'est comment même critiquer quique se soit de cette sociètè quand on gagne des milions en jouant des conneries ?

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!