Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 Dec

Shame

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Drames

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/81/98/98/19841064.jpg« J’ai vu ton frère quand tu as chanté : tu as fait pleurer un homme »


Le film aborde de manière très frontale la question d'une addiction sexuelle, celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup.

Quand sa sœur Sissy arrive sans prévenir à New York et s'installe dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie...


« Ton ordinateur est bourré de saloperies. Il y a même des trucs, je ne sais pas ce que c’est »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/81/98/98/19869834.jpgCertaines choses paraissent prédestinées. Inéluctables. Avec un nom pareil, l’artiste plasticien Steve McQueen devait inévitablement faire tôt ou tard du cinéma. Toutefois, à la différence de son illustre homonyme, c’est derrière la caméra qu’il trouvera sa place. Avec « Hunger », film coup de poing sur le sacrifice de Bobby Sands et des prisonniers politiques de l’IRA, lancés dans une tragique grève de la faim pour faire entendre leur voix à un pouvoir anglais trop prompt à imposer la sienne, il fera une entrée remarquée, saluée en grande pompe par la critique. Après ce premier essai éprouvant, McQueen pensait ne pas avoir les épaules pour renouveler l’expérience. Il nous revient pourtant trois ans plus tard avec « Shame », son deuxième long métrage, traitant là encore d’un sujet tabou : l’addiction au sexe. Présenté en compétition à la Mostra de Venise, « Shame » a été récompensé de la Coupe Volpi du meilleur acteur pour Michael Fassbender. Le réalisateur et son acteur fétiche devraient se retrouver pour la troisième fois sur le prochain projet de McQueen, « Twelve years a slave », au générique duquel devrait également apparaître Brad Pitt.


« Dans la vie, en amour, il faut s’engager. Il faut se donner une chance. »


http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/81/98/98/19869825.jpgLe moins que l’on puisse dire c’est que Steve McQueen a le goût des sujets difficiles. Après avoir abordé dans « Hunger » le sacrifice des militants emprisonnés de l’IRA, il s’attaque avec « Shame » à l’addiction sexuelle. Deux sujets a priori diamétralement opposés. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, les deux films ont étrangement beaucoup de similitudes. Notamment dans le choix de ces personnages extrêmes, jusqu’au-boutistes, dont McQueen prend un mal(sa)in plaisir à filmer l’agonie jusqu’à leur inéluctable chute. A ceci près que si Bobby Sands apparaissait comme un personnage christique dans son combat et sa souffrance, Brandon semble animé par des forces plus sombres. Handicapé du sentiment, incapable d’aimer ou de s’attacher à qui que ce soit, Brandon passe son mal de vivre et sa souffrance dans la consommation compulsive de sexe. Un plaisir immédiat aussi basique que sordide, sans tendresse ni partage. Le sujet était sulfureux et appelait certainement à une approche quelque peu psychologique du personnage. Malheureusement, il n’en est rien, McQueen se bornant à nous faire un film d’ambiance, triste comme la pluie et lent comme la mort, dans lequel la chair nue apparaît dans tout ce qu’elle a de plus sordide. A l’image de son personnage principal dont il dresse un portrait détestable et auquel on ne parvient de fait jamais à s’attacher, pas plus qu’à sa sœur. S’appuyant sur son sens du cadre (voir la scène d’ouverture) et de l’esthétisme (la scène de la chanson dans le bar), McQueen essaye en vain de combler par la forme l’absence totale de fond de son film, qui s’achève dans une mais inutile scène à la symbolique lourdingue où se côtoient une orgie de sexe et un bain de sang. 100 minutes plus tard, on se dit que McQueen a beau avoir de réels talents de plasticiens, il lui manque quand même une chose primordiale qui s’appelle l’inspiration. Car peu importe qu’il filme son héros en train d’étaler sa merde sur les murs ou de répandre son foutre, ses films ne suscitent rien d’autre – pas même le malaise – qu’un ennui et un agacement profonds.

 http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/81/98/98/19869823.jpg  http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/81/98/98/19796316.jpg

 

Critique réalisée dans le cadre du festival d'automne.

Commenter cet article

Archives

À propos

Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!