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14 Nov

Supergrave

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« Je serais prêt à des choses immondes pour niquer Jules »

 

A quelques jours de la fin du lycée, Seth et Evan, inséparables depuis l’enfance, savent qu’ils seront séparés pour la première fois de leur vie par l’université, tous deux n’ayant pas été admis dans la même fac. Si Evan est plutôt séduisant, discret et d’une timidité maladive avec les filles, Seth est tout son contraire, grossier et extraverti. Aucun des deux n’a véritablement de succès aux yeux de la gente féminine, et le fait d’arriver puceaux à la fac ne les réjouit pas outre mesure. Il faut dire que la grossièreté repoussante de Seth rend le duo assez peu populaire. Et ce n’est pas la compagnie de Fogell, le looser par excellence du bahut, qui va arranger les choses. Mais lorsque ce dernier se procure une fausse carte d’identité, ils se retrouvent pour la première fois invités à une fête, avec la consigne d’acheter de l’alcool. L’occasion pour les trois d’affronter leurs peurs, les filles, et la vie. Mais quand Fogell se fait embarquer par la police après avoir été agressé en achetant l’alcool, les évènements s’enchaînent dans l’imprévu le plus total…

 

« Je suis resté très discret sur ma bitomania »

 

Sony Pictures Releasing FranceProducteur, scénariste et réalisateur, Judd Appatow a été adoubé « Nouveau Roi de la comédie US » par la presse spécialisée depuis quelques mois. Bien que son hilarant « 40 ans toujours puceau », succès surprise au box-office américain, soit passé plus ou moins inaperçu lors de sa sortie en salle chez nous en  2005, l’homme faisait de nouveau parler de lui en enchaînant coup sur coup deux succès de suite au box-office américain, le premier en tant que réalisateur avec le pourtant décevant « En cloque, mode d’emploi », le second en tant que producteur avec ce « Supergrave ». Fort d’un synopsis complètement barré (rappelant et étant comparé allégrement à celui d’ « American Pie », d’une bande-annonce laissant présager le meilleur, et de premiers échos extrêmement favorables, le film a beaucoup fait parler de lui plusieurs mois avant sa sortie sur les sites spécialisés français, et était de ce fait la comédie la plus attendue de cet automne. D’autant que le scénario de ce film est signé par Seth Rogen (acteur des deux précédentes comédies de Appatow, il était le héros de « En cloque ») et son ami Evan Goldberg. Et en bon dénicheur de talents, Appatow a confié les rôles principaux aux jeunes et prometteurs Michael Cera et Jonah Hill, déjà très populaires dans leur pays grâce aux émissions comiques télévisées où ils font un tabac. A noter enfin que le film est réalisé par Greg Mottola, réalisateur qui a jusque là officié essentiellement pour la télé, et qui avait auparavant signé un seul long, « En route vers Manhattan » en 1997.

 

« - Tu nous rend un service, on te tend la main

   - Le problème, c’est que j’ai toujours ma bite dans ma main »

 

Ayant découvert l’hilarante bande-annonce par hasard sur le Net durant l’été, j’étais très pressé de voir ce film, et ce d’autant plus que « En cloque, mode d’emploi », que j’attendais également, m’avait franchement déçu. Mais une fois n’est pas coutume, je ne suis pas ressorti totalement convaincu par ce « Supergrave », film bourré de bonnes idées et de bonnes intentions comiques, mais qui souffre de trop de défauts. A commencer par sa durée. Et ceci est un problème récurent dans les productions Appatow : on se souvient tous de la durée interminable de son « En cloque » (2h10 !) , « Supergrave », long de près de 2h, souffre du même manque de concision, qui pénalise le film par un manque récurent d’efficacité des situations comiques et des gros problèmes de rythme, avec d’interminables longueurs (le coup de l’intervention des policiers avec McLovin dans le bar). La comédie, qui repose sur une mécanique qui doit être parfaitement huilée, doit privilégier des formats de films relativement courts pour garder son efficacité, et il serait bon que les esprits foisonnants des scénaristes de l’écurie Appatow apprennent à tailler dans le gras. D’autant que la plupart des situations ne sont pas vraiment neuves. On peut adhérer ou non à « American pie », film culte signé Paul et Chris Weitz (1999), mais on doit lui reconnaître une tonalité innovante qui avait fait souffler un vent de fraîcheur sur les productions destinés aux adolescents. Malheureusement pour lui, « Supergrave » ne révolutionne pas le genre, reprenant le même goût pour les personnages de loosers attachants, la quête du Graal féminin, ou la potacherie gentille et assumée. Ce dernier point a alimenté pas mal les forums sur le film, lui reprochant sa vulgarité « repoussante ». Certes, le mot « Fuck » y est dit 186 fois, mais le tout est fait de manière très assumée et dans un esprit volontairement régressif. Et c’est finalement cet esprit qui sauve le film. Bouffonnerie assumée, dialogues et répliques qui fusent et qui font mouche, le film, qui a tout du défouloir, joue habilement de l’excès et se sert des codes du genre pour au final nous éviter toute morale facile (sur le sexe ou l’alcool) ou tout happy end qui aurait été malvenu. D’autre part, comme dans le modèle « American pie », « Supergrave » trouve le bon ton pour parler le plus justement possible de la jeunesse et de ce qui la tracasse, à savoir le sexe. Le film ne parle que de cela, et sur un ton pas forcément poétique, mais avec une telle volonté de ne pas se prendre au sérieux et de faire rire, que le film en devient attachant et qu’à défaut de hurlements de rire, il maintient un niveau tout à fait convenable de rires et de sourires.

 

« - Ça fait quoi de porter une arme ?

   - C’est comme si j’avais deux bites, et que l’une d’elles pouvait tuer »

 

Sony Pictures Releasing FranceSi le scénario se perd dans des longueurs inutiles, la mise en scène de Mottola, d’un académisme absolu pour ce genre de films, manque également d’énergie. En fait, l’atout numéro un du film est sans conteste son excellent casting. Acteurs populaires et prometteurs aux USA, inconnus au bataillon chez nous, la brochette de jeunes comédiens qui portent le film sur leurs épaules se révèle épatante. A commencer par le duo Jonah Hill et Michael Cera, qui arrivent par leur répartie, leur complémentarité et leurs mimiques, à maintenir un bon niveau de rire tout du long, et à rendre leurs personnages de loosers souvent tête à claques parfaitement attachants. A leur côté, Christopher Mintz-Plasse, pour son tout premier rôle, est une grande révélation comique. Osant tout, jouant de son physique particulier de manière totalement décomplexée, il est également un acteur à suivre. Reste l’incroyable duo Bill Hader et Seth Rogen, qu’on retrouve en grande forme après une prestation décevante dans « En cloque ».

 

« Attention les gars, McLovin est dans la place ! »

 

Sony Pictures Releasing FranceAu final, petite déception quand même pour ce « Supergrave », qui avait tous les éléments pour être la comédie potache de l’année. Bonnes idées scénaristiques, capacité à oser beaucoup de choses et à parler crûment de sexe au pays du puritanisme, le film pêche au final par ses problèmes de rythme dus à sa longueur. Tout ceci est d’autant plus dommage que le film pouvait compter sur un casting composé de comédiens très efficaces et très prometteurs. Alors, soyons honnêtes, on s’amuse bien devant « Supergrave » et les tribulations de ces gentils loosers, mais le film sent trop le déjà-vu et l’humour facile pour mériter d’être classé avec des films beaucoup plus maîtrisés comme « Mary à tout prix », « 40 ans toujours puceau », « American pie », ou autres « Retour à la fac ». Il semble du coup un peu prématuré de décerner à Judd Appatow le titre de Gourou de la comédie américaine de ces dernières années. Attendons déjà la sortie du prochain film des frères Farrelly, « Les femmes de ses rêves », avec Ben Stiller, à la fin du mois.

 Sony Pictures Releasing France     Sony Pictures Releasing France



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Bob Morane 14/11/2007 08:02

Je ne partage pâs du tout ton point de vu. Pour moi, ce film est un ratage total. Extrêmement déçu en sortant de la salle, j'avais ytenté de trouver quelques raisons de ne pas le trouver trop nul. Réflexion faite, je me rend compte que justement, qu'il est d'une vulgarité repoussante, non pas par la grossièreté du langage, mais par l'esprit. On aborde pas le sexe et l'alcool d'une manière sympa à la manière des American pie, mais d'un point de vu dégrandant, vulgaire, dégueulasse. Ce film est un sous merde que rien ne rachète, pas même quelques bons gags trop facile. Bien tenté de ta part de la sauver, mais non.

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