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15 Jul

La traversée du temps

Publié par platinoch  - Catégories :  #Films d'animation-Dessins animés

« Encore là à la dernière minute… Soit en retard, au moins ce sera plus simple ! »

 

Voilà près d’une décennie que le public français s’est pris d’un grand intérêt pour le cinéma d’animation japonais. Il faut dire que la culture manga a bercé toute une génération qui a découvert le genre par les dessins animés nippons qui occupaient la quasi totalité des émissions télévisées pour la jeunesse depuis le milieu des années 70. Et puis il y a eu la découverte de l’œuvre du grand Miyazaki et des prestigieux studios Ghibli  à la fin des années 80, et surtout dans les années 90 avec des films comme « Porco Rosso » (1992), « Princesse Mononoké » (1997), ou encore « Le voyage de Chihiro » (2001). Depuis de nombreuses productions du genre débarquent chaque année sur nos écrans. La dernière en date, « La traversée du temps », est signée Mamoru Hosoda. Si ce dernier est moins connu chez nous que Miyazaki, il faut savoir qu’il signe ici son cinquième long métrage du genre, et que cette « Traversée dans le temps » est une production des studios Madhouse, à qui l’on doit le récent « Paprika ». A noter également que l’histoire de ce film est l’adaptation d’un roman de Tsu Tsui (qui a écrit également le roman dont s’inspire « Paprika »), datant d’une quarantaine d’années, et grand classique de la littérature des adolescents nippons. Impressions.

Eurozoom

 « Le temps n’attend personne »

 

L’Histoire :

 

Japon. Makoto est une lycéenne moyenne. Un peu garçon manqué, elle brille par ses retards et son dilettantisme, et occupe tout son temps libre à jouer au base-ball avec ses deux meilleurs amis : Kosuke et Chiaki. Un jour, une chute dans une salle de chimie la sort de son insouciance. En tombant sur une sorte de noix, elle hérite d’un pouvoir étrange : faire des voyages dans le temps. Si dans les premiers temps, elle profite allégrement de ce don pour des futilités agréables, elle se rend vite compte que cela comporte un lourd poids de responsabilités. En effet, revenir dans le passé pour influer sur le cours des évènements a aussi son lot de répercussions pour les autres. Si en plus les sentiments et la vie de ses proches sont en jeu, les ennuis ne font donc que commencer…

 

« Je te connais, si tu celui que tu attends ne viens pas, tu cours le chercher »

 

L’Animation japonaise souffre d’un défaut majeur, à savoir une certaine imperméabilité dans le traitement narratif. Et cette « Traversée du temps » n’échappe pas à la règle. Si le film dans sa totalité est plaisant, le sujet original et bien mené, si l’humour est assez présent, en revanche certaines interrogations demeurent. A commencer par la présence de Chiaki, qui vient du futur, sans qu’on sache réellement ce qu’il vient faire, ni comment il part. Il en va de même avec le personnage de la tante. Elle connaît le pouvoir de sa nièce et la manière dont on peut s’en servir sans qu’on ne sache jamais comment elle peut en savoir autant sur le sujet.

Si on est pas trop regardant sur cette petite fragilité inhérente aux films d’animations japonais, le film reste quand même très plaisant. Ce gentil conte offre une jolie fable sur l’adolescence, et la difficulté de devoir prendre des décisions et ses responsabilités. Et pour traiter d’un sujet à la fois si commun et pourtant si délicat, l’idée des retours dans le passé qui chamboule le futur offre de belles perspectives. Dans tous les cas, Hosoda a choisi d’imposer une bonne touche d’humour (les moues de Makoto, et ses arrivées ridicules de ses voyages dans le temps), qui donne beaucoup de légèreté à un sujet qui ne s’y prêtait pas forcément, lui évitant toute mièvrerie. Et cette légèreté apparente n’empêche pas de belles émotions de prendre le dessus dans le dernier quart d’heure du film.

 

Sur la forme, si l’ensemble est visuellement beau, on est quand même très loin de l’esthétisme de Miyazaki. Si les décors sont très réussis, les personnages souffrent d’un graphisme original mais assez moyen pour le coup. L’animation quand à elle est très légère, aérienne, et sans esbroufe. Il s’en dégage malgré tout une sensation visuelle de modernité, mais aussi de réalisme, dans le sens où ces personnages semblent symptomatiques de la jeunesse nipponne moyenne de notre époque.

 

« Je t’attends dans le futur »

 

Pour son cinquième film, Hosoda nous propose l’adaptation d’un classique de la littérature adolescente japonaise et nous invite à une jolie réflexion sur l’adolescence et le difficile passage à l’âge adulte. Entre prise de décisions, de responsabilités, et des sentiments forts, qu’ils soient amicaux, ou pour la première fois amoureux, il retranscrit avec fraîcheur et modernité la complexité de ce que l’on peut ressentir à cet âge. Si le film s’appuie sur un scénario attachant, et souvent drôle, il pèche par un manque important de clarté sur la fin. Visuellement parlant, cette « Traversée du temps » est de bonne facture sans être non plus une réussite totale. Elle se situe en tous les cas bien loin des sommets atteints par maître Miyazaki.

Une des forces du film est qu’il s’adresse à tous les publics, et avec beaucoup d’humour et de finesse, en traitant d’un sujet propre aux adolescents. Un petit film sympathique.



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Melopey 30/05/2008 02:33

La tante!Pour ce qui est de la tante, on sait pourquoi. Sur la fin (ATTENTION SPOIL!), elle raconte l'histoire que Makoto vit, que le garçon n'est jamais réapparu dans sa vie et lui dit quelque chose du genre ; "mais toi tu n'es pas comme ça, tu vas de l'avant", et on voit un plan sur une photo d'une jeune fille (qui ne peut être autre que la tante) entouré de deux garçons. Et j'ai lu que la tante est en fait le personnage principal du roman qui a inspiré le film. La boucle est bouclée. Quant à savoir ce pourquoi Chiaki est venu, ce n'est pas très important, après tout, cela peut faire l'objet d'une suite. :)

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!