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20 Jun

Walk the line

Publié par platinoch  - Catégories :  #Biopics

"- Tu vas à un enterrement? - Peut être"

Genre très prisé aux USA et finalement peu utilisé chez nous, "Walk the line" est un biopic retraçant la vie de Johnny Cash, icône de la musique Roch/Folk, au moins aussi connu qu'Elvis outre-Atlantique, et finalement assez peu populaire chez nous. C'est dire si à priori ce film ne devait pas spécialement nous interpeller. Et pourtant voilà... une fois les premières minutes lancées, on est skotché à son siège et on ne peut plus en décoller, bluffé par ce destin hors du commun et par l'interprétation extraordinaire de Joaquin Phoenix.

2005 Twentieth Century Fox

Le film n'a pourtant rien d'original dans la construction de son récit. En effet, il commence par un drame qui marque l'enfance de manière indélébile, puis se poursuit sur une ascension rapide et une descente aux enfers avant de finir sur la résurréction du personnage central. En y regardant de plus près, on peut voir que les récents biopics à succès "Ray" ou "Aviator" se construisent également de la même manière. De même, ce film traite d'une période déjà largement traitée lors de nombreux biopics tels que "La Bamba" sur Ritchie Valens, "Great Balls of fire" sur Jerry Lee lewis ou "The Doors" sur Jim Morrison, autres légendes rocks des années 50-60. A priori donc, rien de bien neuf sous la comète.

"I'm goin' to Jackson, I'm gonna mess a- round"

Mais voilà, "Walk the line" marche mieux que tous les autres réunis. Il est attachant, formidable, et provoque de nombreuses émotions, au point que l'on souhaite que le film dure encore quelques minutes de plus!

La recette miracle? Elle relève bien évidemment du savant mélange de plusieurs éléments. Ainsi, et en tout premier lieu, elle tient du parti pri scénaristique: l'histoire est traitée à auteur d'homme, et on ne cherche pas à rendre le héros sympathique à tout prix. Il est pri dans sa totalité, cabossé par la vie, avec ses qualités et ses défauts. Ce sont d'ailleurs ces derniers qui le rendent finalement attachant. On est ainsi bien loin de l'angélisme de "La Bamba", où Ritchie Valens, en apparaissant trop gentil et parfait, finissait par agacer quelque peu et perdre tout son relief. De même, le film occultait toutes les dérives et les excès poudreux et éthyliques du milieu rock de l'époque. Ce qui altérait aussi un peu la crédibilité du film. "Walk the line" est ainsi un vrai portrait d'un milieu et d'une époque: celle des vrais rebelles, d'une Amérique opulente, de l'épopée du Rock, mais aussi de la drogue, de l'alcool, et des jeunesses qui brûlent trop vite.

"I felt in to a burning ring of fire"

Outre ce portrait, le film marche également sur le brassage des thèmes: on est skotché par les passages musicaux, totalement jouissifs, et on se laisse prendre par la tendre histoire d'amour compliquée entre le rockeur drogué et depressif et la belle chanteuse qui saura le dompter.

Mais le point fort de ce film, c'est la qualité de la performance des deux interprètes principaux, véritablement hallucinante!!! Si Reese Whiterspoon se revèle enfin comme une bonne actrice, loin des navets auxquels on la croyait abonnée, c'est véritablement Joaquin Phoenix qui est LA révélation du film. Tout en sensibilité et en pudeur, cet acteur à fleur de peau, se revèle tantôt animal, en macho à la virilité exacerbée, tantôt ultra émouvant, tout en félure contenue. Sa performance n'est pas sans rappeler le jeu subtil et sensible d'un Montgomery Clift, dont Joaquin Phoenix s'impose comme étant le successeur naturel. Sa performance prend une dimension supplémentaire, quand on sait que comme Cash, Joaquin a perdu son frère (l'acteur River Phoenix) dans des circonstances toutes aussi douloureuses.

Mais la vraie prouesse des acteurs réside dans leur interprétation de la bande originale, les standards du maître Johnny Cash. Joaquin Phoenix y est phénoménal, sa voix se confondant presque par moment avec celle de l'original. Les duos avec Reese Whiterspoon accentuent la profonde alchimie qui lie le couple formé à l'écran par les deux jeunes interprètes.

Bilan des courses: un film fantastique, mené sur un rythme enlevé, et servi par deux comédiens extraordinaires. Bien sûr, on pourra trouver quelques défauts à ce film, comme la mise en scène, un peu "bateau", ou peut être quelques traits de caractère de Johnny Cash qui ont pu être revus de manière édulcorée par les scénaristes. Mais l'ensemble est tellement attachant et la musique tellement extraordinaire, qu'au final, on ne peut qu'adorer cet excellent film.



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lois 07/02/2007 00:53

projection à NanterreÉvénement à l’Université de Nanterre : Quand la musique fait son cinéma…
Journée thématique ROCK le mardi 20 février 2007 de 12h à 22h.
12h : Koustro Mawa, une aventure primitive de Christian Girier, 56 minutes, 2002.
(En présence du réalisateur).
15h : Almost Famous de Cameron Crowe, 2h03, 2000.
19h : Walk the line de James Mangold, 2h17, 2006.
21h : Concert de Rock années 50, Tony Marlow's Guitar Party
Toutes les projections auront lieu au bâtiment B, Amphi B2 sur un écran géant avec 900 places. Entrée gratuite pour tous !

bobmorane75 21/06/2006 15:02

I walk the lineEncore une critiqe magnifique d'un de mes films préférés. Sans déc, tu devrais t'essayer au métier de critique cinéma. T'es trop bon, trop fort, trop Cash !
Quand même, June carter, quelle femme !
BOB

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!