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04 Jul

The weather man

Publié par platinoch  - Catégories :  #Drames

« Un nouveau départ, voilà ce qu’il faudrait… »

 

Voilà un film que je voulais voir figurer sur mon blog depuis un petit moment. Son récent visionnage en dvd m’en a donc enfin donner l’occasion !!!

Ce petit film signé Gore Verbinski était injustement passé inaperçu (comme hélas beaucoup de bons films) lors de sa sortie en salle. Il faut dire que sur Paris, il était resté à l’affiche huit jours dans seulement deux salles. C’est peu !

Pourtant, son réalisateur, Gore Verbinski, habitué des grosses machines à succès (« Le cercle », la trilogie « Pirates des Caraïbes »), avait déjà acquis une certaine légitimité pour voir son film obtenir une meilleure diffusion. Car ce « Weather man » est sorti en 2005, soit exactement entre « Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl », et sa suite « Pirates des Caraïbes, le secret du coffre maudit ». Mais on doit reconnaître que ce film est en totale rupture avec tout ce qu’il avait pu filmer auparavant. Il faut dire que par son sujet, plus intimiste, et par son traitement, clairement anti-hollywoodien (dans le genre d’ « American Beauty »), Verbinski propose un film beaucoup moins grand public que ses autres réalisations. Impressions.

Nicolas Cage. United International Pictures (UIP)

 

« Meurs pas tout de suite, Robert. Laisse-moi le temps de me reprendre en main »

 

L’histoire :

 

Chicago. David Spritz est le monsieur météo de l’émission d’information régionale matinale. Avec un travail lui prenant peu de temps et lui rapportant un confortable salaire, sa vie pourrait être idyllique. Mais il n’en est rien. Entre ses rêves d’écrivain raté, écrasé par la figure de son père grièvement malade et lauréat du Pulitzer, le manque de respect de ses congénères, et surtout son douloureux divorce dont il ne se remet pas, et qui a totalement déstabilisé ses enfants (sa fille est obèse et mal dans sa peau, alors que son fils de 15 ans fume de l’herbe et doit suivre un programme encadré par un éducateur qui s’avère être pédophile), David est au fondu trou et semble avoir du mal à se relever et à avancer. Pourtant, il a tapé dans l’œil de « Hello America », le programme d’information du matin, cette fois-ci national, qui cherche un nouveau présentateur météo et qui lui propose un pont d’or pour le faire venir. A ce tournant particulier de sa vie, David va devoir se reprendre en main, apaiser les tensions autour de lui pour son bien et celui des siens, trouver sa place dans la société, et enfin avancer…

Michael Caine et Nicolas Cage. United International Pictures (UIP)

 

« Fast food ? De la merde que les gens préfèrent balancer plutôt que de finir. C’est pas mauvais mais est-ce nourrissant ? Voilà ce que je suis, du fast food… »

 

Ce qui est déroutant dans « The weather man », c’est de voir que Verbinski, habitué jusqu’ici au cinéma de genre, aux grosses machines hollywoodiennes, et aux films spectaculaires grand public, a choisi de traiter d’un sujet assez minimaliste, et pour le coup qui ne parle pas à tous les publics. Car son film, centré autour des problèmes existentiels et de mal-être d’un homme, est teinté d’une certaine tristesse, de mélancolie, mais aussi de cynisme et d’humour noir. L’ensemble du film ayant une teinte générale assez sombre. Si certaines scènes sont au premier abord franchement drôles, elles apparaissent après réflexion comme profondément dramatiques. Et avec un scénario parfaitement écrit, des situations filmées à hauteur d’homme, et quelques répliques d’un humour noir très savoureux, Verbinski fait très souvent mouche, et atteint des sommets d’émotion (la dernière discussion entre Cage et Caine dans la voiture de ce dernier).

Nicolas Cage. United International Pictures (UIP)

 

Plus que tout, ce qui est frappant c’est de voir que Verbinski réalise ici un film totalement anti-hollywoodien. « The weather man » ne comporte en effet aucun gros effets visuels, n’a rien de la superproduction et se montre même assez subversif. Cette histoire finalement ordinaire de type maladroit, empêtré dans une crise de la quarantaine difficile pour cause de divorce et d’enfants à la dérive, cette remise en cause de sa place dans une société de fast-food, où seule l’image compte et où on vous méprise et où on vous jète très vite, n’a rien du message habituel véhiculé par le cinéma hollywoodien. Car avec cette histoire d’une universalité confondante et d’un profond pathétisme, Verbinski draisse un portrait peu glorieux de l’Amérique, loin de « l’American way of life » vantée par des générations de cinéastes américains, et plus proche d’une certaine réalité de la société américaine, plus cruelle, plus individualiste, plus violente.

Nicolas Cage. United International Pictures (UIP)

 

« Dans cette chienne de vie, il faut mettre certaines choses de côtés. Il faut balancer ce qui encombre dans cette chienne de vie. On est toujours en état de veille. Tu as le temps mon grand »

 

A défaut d’un casting pléthorique, Verbinski profite à plein de la qualité des acteurs qu’il a à sa disposition. Nicolas Cage trouve ainsi ici l’un de ses meilleurs rôles, dans ce qui semble être son dernier bon film en date. Il brille par ses airs de chien battu, sa maladresse dans l’expression de ses sentiments, et son côté désabusé, qui donnent une dimension très réelle à son personnage. Michael Caine irradie également le film de sa classe et de sa justesse en père sur le point de mourir, et qui essaie à son niveau de s’impliquer, de trouver des solutions et d’arranger les choses avant de partir. Son charisme naturel est parfait pour ce personnage de figure paternelle forte et écrasante, et impeccablement responsable jusqu’au bout. Derrière, les autres comédiens se contentent finalement de peu de temps devant la caméra, mais tous, de Hope Davis à Gil Bellows, en passant par les comédiens jouant les deux enfants de Cage, réalisent le sans faute.

Nicolas Cage. United International Pictures (UIP)

 

« Je ne suis que Monsieur Météo. Une sorte de réussite à l’américaine. C’est là qu’est ma place. Derrière la brigade de pompiers numéro 47. Mais devant Bob l’Eponge »

 

Pour conclure, Verbinski signe ici un film aux antipodes de toutes ses autres réalisations. Film minimaliste, réaliste et mélancolique, « The weather man » brille par le traitement de son sujet, filmé à la fois à hauteur d’homme et avec un important soupçon d’humour noir qui lui évite de sombrer dans le misérabilisme. En réalisant un film finalement assez subversif, montrant l’envers du décor américain, loin du modèle social idyllique que les films américains nous ventent habituellement, Verbinski nous propose un film complètement anti-hollywoodien. Une chose incroyable pour l’un des cinéastes dont les films réalisent internationalement des records de recettes! Construit sur un scénario des plus fins et des plus intelligents (montrant au passage la force d’observation de la société dont est capable Verbinski), filmé à hauteur d’homme, et magistralement interprété, ce « Weather man » propose une critique assez sévère de la société américaine. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec une grande subtilité, Verbinski réalise un coup de maître et prouve qu'il est cinéaste complet. Un film que je vous conseille vraiment de voir !!!



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Manon 02/05/2008 20:19

The Weather Man est un de mes films préférés. La dernière phrase, et puis surtout la dernière discussion entre le père et le presonnage principal ( Like a rock !) . Si sa ne t'ennuie pas, j'aimerais bien prendre quelques photos de et puis mettre un lien vers cet article dans mon blog, enfin un lien vers ton blog en général que je trouve très bien fait (:

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!