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19 Jan

Murderock

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers, #Giallo

Un grand merci à Artus Films pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Murderock » de Lucio Fulci.

 

Murderock

« Chloroformée avant d’être tuée ? ça doit être une mort agréable, quoique curieuse ! »

 

Un nouveau spectacle de danse moderne se prépare au Living Center de New York sous la haute autorité de sa mystérieuse directrice Candice Norman. Au cours des auditions, les plus talentueuses danseuses rivalisent de virtuosité. Mais dès les premiers jours, l'une d'entre elles, Susan, est sauvagement assassinée par un tueur masqué. Malgré l'arrivée de la police menée par le lieutenant Borges, un second meurtre est perpétré contre une autre participante : la charmante Janice. C'est le début d'une véritable descente aux enfers...

 

« J’ai l’impression que notre ami à un humour très macabre. J’aimerais donc que nous gardions ces détails pour nous. »

 

Murderock_Fulci

Figure du cinéma bis, Lucio Fulci traverse près de cinq décennies de cinéma italien avec une trajectoire aussi prolifique que chaotique. D'abord critique puis assistant de Steno, il accède à la réalisation au cours des années 60. Très vite, il s’illustre dans le giallo avec « Perversion Story » (1969), « Une femme dans la peau de lézard » (1971) et « Les Sept Black Roses » (1977), avant de devenir, avec « Zombie 2 » (1979) et sa célèbre « trilogie de l’enfer » — « Frissons » (1980), « L’Au-delà » (1981) et « La Maison près du cimetière » (1981) — l’une des grandes figures internationales du cinéma horrifique. Toutefois, lorsqu’il aborde « Murderock », Fulci est dans le creux de la vague. Et tandis qu’il enchaine « New York Ripper » et « Manhattan Baby » (1982), l’âge d’or du cinéma horrifique (et plus généralement, de genre) amorce son déclin, concurrencé par la télévision et, surtout, le marché naissant de la vidéo. À l'origine, « Murderock » était écrit comme un giallo classique, qui devait être le premier volet d’une « trilogie musicale » centrée sur le monde du spectacle et dont les deux suites ne verront jamais le jour. C’est que le producteur Augusto Caminito, à l’affût d’un bon coup financier, souhaite alors surfer sur le succès mondial de « Flashdance » et exige que soit ajouté au récit des scènes de danse, transformant ce giallo en un objet hybride. Au final, en dépit d’un prix au Festival d’Avoriaz, le film ne convainc ni la critique ni le public et marque un coup d’arrêt pour le cinéaste qui délaissera définitivement le giallo pour se consacrer quasi exclusivement aux films d’horreur.

 

« Ce sont vraiment tous des salauds. Comment tu appelles ça déjà en termes scientifiques ? Un nid de vipères ! »

 

Murderock_Lucio_Fulci

Dans une prestigieuse académie de danse new-yorkaise dirigée par Candice Norman, la compétition fait rage pour décrocher trois places dans une émission de télévision. Mais les élèves sont bientôt assassinées une à une : chloroformées, elles sont achevées d’une longue épingle plantée dans le cœur. Le lieutenant Borges mène l’enquête tandis que Candice, hantée par des cauchemars mettant en scène un mystérieux mannequin, tente de retrouver l’homme qu’elle pense être le tueur. Sur le papier, le film avait donc tout du giallo classique. Mais entre deux scènes de danse (dans une esthétique du meilleur goût oscillant entre clip tendance MTV et ), Fulci nous perd dans un (d)étonnant mélange des genres, mixant whodunit, thriller, slasher et drame musical. Une sorte de grand Malström, bourré de références et de clins d’œil cinématographiques (« Suspiria », « Psychose », « La dame de Shanghai » pour le final), duquel le gore est finalement (et étonnement) absent : pas de grande effusion de sang, pas de scène traumatisante, mais au contraire une violence stylisée, feutrée, érotisée et presque esthétisée. Finalement, en dépit de certaines incohérences scénaristiques (la police qui ne prend aucune mesure de protection envers les élèves malgré l’hécatombe qu’ils subissent), c’est surtout la personnalité complexe du criminel et la dimension cathartique de sa macabre croisade. Au final, « Murderock » est une expérience contrastée, un objet cinématographique hybride et étrange, qui ne se situe jamais où on l’attend. Les fans de Fulci qui attendaient du gore en sortiront probablement déçus. Les autres y verront un honnête thriller aux effets clipesques visuellement un peu daté.

 

Murderock_Olga_Karlatos

 

**

Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée dans un Master Haute-Définition, et proposé en version originale italienne (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une interview radiophonique de Lucio Fulci par Antonio Tentori (1987, 16 min., VOST), de « L'Épingle dans le cœur » : Entretien avec Franco Casagni (2023, 8 min.), de « Jeu d'enfant » : Entretien avec Silvia Collatina (2023, 24 min.), d’un Diaporama d'affiches et photos ainsi que d’une Bande-annonce.

 

Édité par Artus Films, « Murderock » est disponible en blu-ray depuis le 2 décembre 2025.

 

Le site Internet d’Artus Films est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le site sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!