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06 Feb

Frantz

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Drames, #Films Politiques-Historiques

Un grand merci à France Télévisions Distribution pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Frantz » de François Ozon.

 

Frantz« Ma seule blessure, c’est Frantz »

 

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France.

 

Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand.

 

Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville ainsi que dans la famille Hoffmeister.

 

« N’ayez pas peur de nous rendre heureux »

 

Frantz-OzonPassionné par le septième art depuis l’adolescence, François Ozon mène de brillantes études de cinéma qui le verront sortir diplômé de la prestigieuse FEMIS. Après une décennie 90 ponctuée par la réalisation de nombreux courts-métrages assez remarqués, il se lance dans la réalisation de ses premiers longs à la fin de la décennie avec « Sitcom » (1998). Remarqué pour le troublant « Gouttes d’eau sur pierres brûlantes » (2000) adapté d’une pièce de Fassbinder puis, la même année, pour « Sous le sable », il obtient la consécration en 2001 pour « Huit femmes ». Le prolifique réalisateur enchaine alors les films, souvent salués par la critique, à l’image de « Swiming pool » (2003), « Angel » (2006), « Potiche » (2010) ou encore « Dans la maison » (2012). Il nous revient en 2016 avec « Frantz », drame historique en costumes tourné en noir-et-blanc. Libre adaptation d’une pièce de théâtre de Maurice Rostand écrite en 1930 et qui avait déjà donné lieu à un film (« L’homme que j’ai tué » de Ernst Lubitsch), « Frantz » a été présenté en sélection officielle au Festival de Venise. Avec onze nominations aux Césars, il sera également l’un des films les plus attendu de la cérémonie.

 

« On ne remplace jamais un être aimé, n’est-ce pas ? »

 

NineyAvec « Frantz », François Ozon nous plonge dans l’Europe dévastée et meurtrie de 1919. Nous sommes alors au lendemain de la première guerre mondiale. La plus grande boucherie de tous les temps. Les clochers ont sonné depuis peu l’armistice et la guerre est officiellement terminée même si elle demeure omniprésente dans les esprits. Chaque camp compte ses morts et tente, tant bien que mal, de cautériser ses plaies. Mais la guerre a causé des blessures profondes : les plus visibles sont d’ordre physiques et sont soignées par les médecins. Les autres sont d’ordres psychologiques et relèvent de l’indicible. Une douleur sourde et inexprimable qui cache souvent un deuil impossible, un chagrin inconsolable ou un traumatisme profond. C’est dans ce contexte qu’aura lieu l’improbable rencontre sur la tombe d’un soldat allemand entre un jeune français rongé par le remord et une jeune allemande pleurant son fiancé. Une étrange relation se crée, marquée par le mensonge et le désir partagé de retrouver une forme de paix intérieure et d’apaisement. Avec ce film d’une richesse et d’une densité inouïes, Ozon signe un virevoltant chassé-croisé entre l’Allemagne et la France, abordant au passage un nombre de thèmes incroyables (les préjugés, la culpabilité, la montée des nationalismes et de l’esprit de revanche qui débouchera sur une nouvelle guerre quelques années plus tard...). Il signe surtout un mélodrame aussi dérangeant que bouleversant, qui nous rappelle que parfois, les pieux mensonges valent mieux que les réalités trop cruelles et impossibles à accepter. Superbement paré dans son élégant écrin noir et blanc, qui met en valeur une mise en scène extrêmement intelligente (à l’image de ce plan où les ruines d’une ville dévastée se reflètent sur la vitre du train, rappelant l’omniprésence de la guerre), ce « Frantz » se révèle être d’une incroyable beauté formelle. Aussi belle que cette rencontre impossible, en forme d’utopie, qui veut croire à une paix retrouvée et à une nouvelle envie de vivre. Un film qui doit également beaucoup à ses deux interprètes principaux en état de grâce, le fragile Pierre Niney et la touchante Paula Beer.

 

Beer

 

****

 

Le DVD : Le film est présenté en version originale française et allemande (5.1). Une piste en audio description à l’attention des malvoyants (2.0) est également proposée. Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné par les modules suivants : Essais lumière costume (4’), Création des affiches, Scènes coupées (12’) et Au cœur du Festival de Venise (6’).

 

Edité par France Télévisions Distribution, « Frantz » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 18 janvier 2017.

 

Le site Internet de France Télévision Distribution est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!