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16 Oct

Les conquérants du nouveau monde

Publié par Platinoch  - Catégories :  #film d'aventures, #Westerns

Un grand merci à Elephant Films pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Les conquérants du nouveau monde » de Cecil B. DeMille.

 

Les_conquérants_du_nouveau_monde

« J’ai donné cent livres pour une petite esclave sur un bateau. Mon frère vous a surestimé »

 

Injustement condamné en 1760 à quatorze années de déportation dans les collines d’Amérique du Nord, une jolie anglaise, Abby Hale, est sauvée par le capitaine Holden d’une vente aux enchères qui aurait fait d’elle une esclave. Capturée par les indiens Senecas, elle est de nouveau délivrée par le capitaine Holden. Mais tous deux vont devoir se mesurer à l’ignoble Martin Garth, trafiquant d’armes donnant aux Indiens les moyens d’attaquer Fort Pitt…

 

« Personne ne devrait avoir le droit d’acheter un autre être. Les hommes et les femmes ne sont pas faits pour être vendus comme des marchandises. »

 

Conquerants_Nouveau_Monde_Howard_Da_Silva

En 1947, l'immense Cecil B. DeMille, figure tutélaire du cinéma hollywoodien et l'un des derniers survivants des pionniers du muet, aborde la dernière partie de sa carrière de cinéaste. Et en bon conservateur gardien des valeurs morales et religieuses américaines - au cinéma du moins - il souhaite faire un grand film sur l'Histoire de la conquête du territoire américain. C'est ainsi qu'il décide d'adapter à l'écran le roman de Neil H. Swanson, qui donnera lieu au film « Les conquérants du nouveau monde ». Superproduction dotée d'un budget de cinq millions de dollars, scénarisé notamment par Charles Bennett, le scénariste attitré de Hitchcock (« Correspondant 17 », « La cinquième colonne », « L'homme qui en savait trop », « Les 39 marches ») avec qui DeMille a déjà travaillé par deux fois (sur « Les naufrageurs des mers du sud » et « L'odyssée du Docteur Wassell »), le film marque la fin d'un cycle d'une douzaine d'années au cours duquel le cinéaste s'est consacré de façon exclusive au cinéma d'aventures en abordant différents genres, tels que le western (« Les tuniques écarlates », « Une aventure de Buffalo Bill »), les films en costumes (« Les naufrageurs des mers du sud », « Les flibustiers ») ou encore les films de guerre (« L'odyssée du Docteur Wassell »). Après quoi le cinéaste, qui ne tournera plus que trois films, retournera principalement à ses sujets bibliques de prédilection (« Samson et Dalila », « Les dix commandements »).

 

« Les pionniers de la race des Salters ne seront jamais exterminés. Ils forment un nouveau monde invaincu et invincible parce qu’ils sont forts et libres. Parce qu’ils ont foi en eux-mêmes et en Dieu »

 

Conquerants_Nouveau_Monde_Gary_Cooper

« Les conquérants du nouveau monde » nous plonge au milieu du 18ème siècle, dans l'Amérique des origines, encore sous domination anglaise. Les États-Unis n'y sont pas encore un état, tout juste une colonie alors peuplée d'aventuriers ambitieux, de commerçants sans scrupules et de tout un tas d'individus considérés comme des rebus de la société en Angleterre et condamné à l'esclavage et à la déportation dans ces territoires lointains. Mais l'Amérique est aussi et surtout un territoire sauvage et immense, aux richesses infinies mais peuplés d'indiens hostiles. C'est dans ce contexte tumultueux que l'on suivra les (més)aventures d'un jeune officier idéaliste et d'une belle esclave, dont la romance sera compliquée par les aléas de l'Histoire. A l'évidence, DeMille n'a rien perdu de sa superbe et signe là une grande fresque visuellement admirable, magnifiée par l'usage d'un Technicolor aux tonalités particulièrement chaudes. Mais comme souvent, on pourra reprocher à sa narration de paraitre figée par l'emphase dont il fait preuve. Il faut dire que le cinéaste trouve dans cet ode au courage des pionniers un sujet propice à l'exaltation de ses croyances et de son attachement à certaines valeurs américaines. Ce qui, en parallèle, contribue à donner une image particulièrement dévalorisante et raciste des indiens, présentés ici comme des bêtes sanguinaires sauvages et fourbes (sans jamais penser qu'ils puissent lutter pour leur propre survie), à total contrecourant des premiers westerns humanistes et progressistes qui arriveront progressivement sur les écrans quelques mois plus tard seulement (« La flèche brisée » notamment en 1950). Reste quelques beaux moments d'élégance (la séquence où le héros apparait dans la fumée de la poudre à canon) et de bravoure (la poursuite en canoë dans les rapides) ainsi qu'un casting au top (Gary Cooper et Paulette Godard au sommet de leur beauté et de leur sex-appeal, bien entourés par le futur blacklisté Howard Da Silva ou Ward Bond. Mais dans l'ensemble, ces Conquérants du nouveau monde parait tout de même bien désuet.

 

Conquerants_Nouveau_Monde_Paulette_Goddard

 

**

 

Le blu-ray : Le film est présenté en version intégrale restaurée d’après un master numérique Haute-Définition, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une présentation du film par Eddy Moine, d’un portrait de Cecil B. DeMille par Jean-Pierre Dionnet, d’une Galerie photos et de Bandes-annonces.

 

Edité par Elephant Films, « Les conquérants du nouveau monde » est disponible en combo blu-ray + DVD ainsi qu’en édition DVD depuis le 26 septembre 2018.

 

Le site Internet de Elephant Films est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!