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10 Oct

L'imposteur

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films de guerre

Un grand merci à BQHL Editions pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « L’imposteur » de Julien Duvivier.

 

L_imposteur_Duvivier

« Dieu est en tout homme. Même en vous. »

 

Clément est sur le point d’être guillotiné pour le meurtre d’un agent de police lorsque des avions allemands détruisent la prison où il est incarcéré. Seul survivant, il s’enfuit. Arrivé vers Bordeaux, il monte dans un camion militaire qui se fait bombarder, et encore une fois il en réchappe miraculeusement…

Clément vole alors un uniforme et les papiers d’un sergent et s’embarque avec deux autres soldats vers l’Afrique. Arrivé à Brazzaville, il s’engage dans les Forces Françaises Libres mais projette de s’enfuir au Congo Belge…

 

« Cette terre est française et même si elle ressemble peu à celle de chez nous, regardez le ciel : il est bleu comme celui de Paris »

 

The_impostor_Duvivier

Ancien acteur de théâtre reconverti comme scénariste puis comme réalisateur au sein de la toute jeune industrie cinématographique, Julien Duvivier s’impose au cours des années 30 comme l’un des plus grands cinéastes français de son époque. En outre, sa fructueuse collaboration avec l’acteur Jean Gabin (5 films) donnera lieu à quelques-uns des plus grands chefs d’œuvre de la décennie tels que « La bandera », « La belle équipe » et « Pépé le Moko ». Mais les aléas de l’Histoire viendront freiner quelque peu cette dynamique de succès pourtant bien huilée. En effet, suite à la capitulation de la France et à l’invasion allemande qui s’en suivi, Duvivier choisit de s’exiler à Hollywood où il réalisera cinq films sans toutefois retrouver le succès qui était le sien en France. En Amérique, il retrouvera quelques compatriote et notamment son comparse Jean Gabin, lui aussi en exil forcé. Leurs retrouvailles donneront lieu à une sixième et ultime collaboration, « L’imposteur », qui restera également comme l’un des deux seuls films américains de Gueule d’amour. Sorti dans les salles américaines en février 1944, le film devra attendre encore plus de deux ans et la fin de la guerre pour débarquer sur les écrans français.

 

« Mourir pour la liberté... Il n’y a pas de mort qui soit plus digne d’envie »

 

The_impostor_Gabin

De par leur exil, Gabin et Duvivier incarneront d’une certaine manière une forme de résistance. Le refus de jouer pour l’ennemi et de se soumettre à son bon-vouloir. Pas étonnant donc que les studios hollywoodiens fassent appel à ce tandem mythique pour un film purement de propagande tel que « L’imposteur ». Reprenant en partie la trame scénaristique de « La bandera » - que les deux hommes ont tourné près de dix ans plus tôt - le film imagine la fuite d’un condamné à mort à la faveur de la débâcle. Des ruines de sa prison, il ira jusqu’à usurper l’identité d’un soldat mort pour pouvoir embarquer pour les colonies d’Afrique. Là, dans l’armée de la France libre, il se révèlera contre toute attente sous un autre jour, se découvrant pour la première fois un sens à sa vie. Oscillant entre le film de guerre et le film d’aventures, « L’imposteur » est une ode à l’esprit de sacrifice et de résistance des combattant de l’armée de la France libre, dont il loue l’esprit de camaraderie. Comme une sorte de famille de substitution pour tous ces hommes en exil loin de chez eux, qui les pousse à se transcender et à donner en permanence le meilleur d’eux-mêmes. Et tandis que le héros, en quête de rédemption, y fera l’apprentissage de l’altruisme et de la bravoure, le film de nous rappeler qu’en ces temps troublés, il n’y a d’autre salut que de se battre et de se sacrifier pour la plus noble des causes : la liberté. Si le film n’est pas déplaisant à regarder, force est cependant de constater qu’on a connu Duvivier plus inspiré qu’avec ce film de propagande pompeux et pas très subtil dans lequel même Gabin (doublé en VF par Robert Dalban!) semble un peu falot. Il n’en demeure pas moins une vraie curiosité dans la filmographie de cet immense cinéaste.

 

L_imposteur_Gabin

 

**

 

Le DVD : Le film est présenté en copie remastérisée, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles. Aucun bonus ne vient accompagner cette édition.

 

Edité par BQHL Editions, « L’imposteur » est disponible en DVD depuis le 27 septembre 2017.

 

Le site Internet de BQHL Editions est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!