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16 Dec

Né un 4 juillet

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films de guerre, #Drames, #Films Politiques-Historiques

Un  grand merci à L’Atelier d’images ainsi qu’à Arcadès pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le 4K UHD blu-ray du film « Né un 4 juillet » d’Oliver Stone. 

 

Né_un_4_juillet

« Tout ce que je demande, c’est qu’on me traite comme un être humain »

 

Évocation de la terrible expérience de Ron Kovic, né un 4 juillet, citoyen modèle et engagé volontaire au Viet-nam.

 

Blessé sur le front en 1968, touché à la colonne vertébrale et paralysé, il se bat pour la réhabilitation des vétérans laissés pour compte par le système et pour redonner un sens à sa vie…

 

« T’as fait ton devoir. T’as perdu. Faut faire avec. »

 

Né_un_4_juillet_Tom_Cruise

Vétéran de la Guerre du Vietnam dont il revint paraplégique en 1968, l’activiste américain Ron Kovic, s’impose comme une figure contestataire de l’Amérique traumatisée et fragmentée des années 70, grâce à son roman autobiographique « Né un quatre juillet » (1976) qui devient rapidement un best-seller. Au point que le producteur Martin Bergman en acquiert très rapidement les droits dans le but d’en produire une adaptation pour le cinéma, qui doit être portée par Al Pacino qui a adoré le livre. Mais en raison de divergences entre Kovic et la production, le projet peine à se concrétiser et finit même par être abandonné. Il faut attendre une dizaine d’années et l’obstination du réalisateur Oliver Stone, lui-même vétéran du Vietnam et devenu entre-temps un cinéaste reconnu et bankable, pour que celui-ci soit finalement exhumé des cartons et puisse voir le jour. Entre temps, le tabou de la Guerre du Vietnam a sauté, le cinéma ayant participé a exorcisé ce traumatisme collectif (« Apocalyspe now », « Retour », « Voyage au bout de l’enfer »). Un travail de mémoire auquel Oliver Stone participe en lui consacrant une trilogie dont « Né un quatre juillet », pensé comme le prolongement de « Platoon », est le deuxième opus, qui se conclura x années plus tard avec « Entre ciel et terre ».

 

« Je voudrais redevenir un homme. Qui pourrait m’aimer désormais ? »

 

Né_un_4_juillet_Kyra_Sedgwick

A l’inverse de « Platoon », « Né un 4 juillet » ne s’intéresse pas tant au théâtre de guerre qu’à ses conséquences physiques, morales et politiques sur un individu et sur la société américaine Il se construit ainsi comme un récit d’initiation à rebours : de l’enfance patriotique idéalisée à la prise de parole politique, le parcours de Ron Kovic démonte progressivement les mythes américains qui l’ont façonné. D’abord bercé par une vision héroïque — drapeaux, parades, virilité et sacrifice — il s’engage chez les Marines avec une foi quasi religieuse, vite brisée par l’horreur du Vietnam et ses aléas : bavures, culpabilité et blessure irréversible. Oliver Stone prend le temps d’étirer cette désillusion sur près de vingt ans. Le retour au pays n’a ainsi rien d’un soulagement : hôpital déshumanisé (séquences éprouvantes), corps brisé, famille incapable de comprendre, et soldats infirmes, sacrifiés et délaissés par la patrie tout sauf reconnaissante. D’ailleurs, cette Amérique qui s’entête et se perd dans le déni de sa défaite pourtant évidente fait tout pour invisibiliser ces soldats brisés : loin de toute mythification, Kovic ne revient pas en héros, mais il a en plus perdu sa virilité au combat, trainant son impuissance comme le stigmate ultime de sa déchéance morale et sociale, et de l’inutilité de son sacrifice. L’intime et le politique se retrouvent ainsi constamment liés, faisant du handicap de Kovic le reflet d’une Amérique malade, qui abandonne ses soldats après les avoir glorifiés. La culpabilité devient alors le moteur du récit. Entre errance, autodestruction et confrontation avec ses fautes, Kovic traverse un véritable purgatoire — jusqu’à transformer sa rage en engagement. La parole politique, qui émerge lentement, apparaît moins comme un triomphe que comme une reconstruction fragile. Loin du héros triomphant de « Top gun », Tom Cruise trouve ici un rôle à contre-courant, incarnant avec force la chute du rêve américain. Plus qu’un film sur le Vietnam, Né un 4 juillet donne à Oliver Stone l’occasion d’une puissante et libératrice catharsis, dans laquelle il dissèque méthodiquement la fabrication du patriotisme et sa lente décomposition. Un film dur et d’une redoutable âpreté, qui reste toujours aussi puissant près de quarante ans après sa sortie.

 

Né_un_4_juillet_Oliver_Stone

 

****

Le 4K UHD blu-ray : Le film est présenté en version restauré (DolbyVision et HDR10) et proposé en version originale américaine (Dolby Atmos TrueHD + 5.1) ainsi qu’en version française (5.1). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’un commentaire audio d’Oliver Stone (VOST), de « Né un 4 juillet : Une dimension profondément autobiographique » : Présentation du film par Samuel Blumenfeld (2024, 24 min.), de « Backstory : Né un 4 juillet » : Documentaire avec Ron Kovic, Tom Cruise et Oliver Stone (« Backstory: Born on the Fourth of July », 2004, NBC, 22 min.), ainsi que d’une Bande-annonce. Cette belle édition contient également un un livret avec notes de production et article du Starfix n°81 de février 1990 sur Tom Cruise (32 pages).

 

Édité par l’Atelier d’Images, « Né un 4 juillet » est disponible en édition 4K UHD blu-ray + blu-ray depuis le 15 avril 2025.

Né_un_4_juillet_4k

Le site Internet de l’Atelier d’Images est ici. Sa page Facebook est ici.

 

Le site Internet d’Arcadès est ici. Sa page Facebook est ici.

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