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27 Dec

Le passager de la pluie

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

Un grand merci à Tamasa Distribution pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Le passager de la pluie » de René Clément, dans le cadre de la sortie du coffret « René Clément les années thrillers ».

 

Le_passager_de_la_pluie

« Je bois pour oublier que les hommes sont des salauds »

 

Un soir, un inconnu surprend Mélancolie Mau seule chez elle et la viole. Folle de terreur, elle le tue et se débarrasse du cadavre.

Mais peu de temps après, un mystérieux Américain la harcèle de questions. Refusant d’avouer le meurtre, elle se retrouve alors impliquée dans une lutte sans merci avec son inquisiteur.

 

« Pourquoi l’avez-vous tué ? »

 

Le_passager_de_la_pluie_Charles_Bronson

Fils d’un célèbre décorateur, René Clément se destinait à devenir lui-même architecte. Mais rattrapé par sa passion pour le cinéma, il abandonne ses études à l’École des Beaux-arts pour se concentrer sur sa passion. Il signe ses premiers courts-métrages dès le début des années 30, croisant notamment la route d’un jeune apprenti acteur, Jacques Tati, qu’il dirige dans « Soigne ton gauche » (1936), avant de se consacrer à la réalisation de documentaires, pour lesquels il voyage à travers le monde. Ce n’est qu’au lendemain de la Seconde guerre mondiale qu’il choisit de s’orienter vers le cinéma de fiction, la guerre et surtout la Résistante lui inspirant de nombreuses histoires. Récompensé à Cannes dès sont premier film, « La bataille du rail » (1946), il obtient par deux fois l’Oscar du Meilleur film étranger avec « Au-delà des grilles » (1949) et « Jeux interdits » (1952). Par la suite, il délaisse un peu les sujets relatifs à la guerre pour se consacrer à des adaptations littéraires telles que « Monsieur Ripois » (1954, d’après Louis Hémon), « Gervaise » (1956, d’après Zola) ou « Un barrage contre le Pacifique » (1958, d’après Duras). Mais c’est surtout sa dernière partie de carrière, consacrée aux films noirs et aux thrillers, qui marquera les esprits et lui vaudra sa renommée à l’internationale, avec des films comme « Plein soleil » (1960), « Les félins » (1964) et ses trois derniers films - « Le passager de la pluie » (1969), « La maison sous les arbres » (1971) et « La course du lièvre à travers les champs » (1972) - que Tamasa a eu la bonne idée de réunir dans un coffret consacré aux dernières années du cinéaste.

 

« Celui qui n’est pas jaloux n’est pas un homme »

 

Le_passager_de_la_pluie_Marlene_Jobert

Après la parenthèse « Paris brûle-t-il ? », superproduction internationale et dernière incursion dans le film de guerre de sa carrière, René Clément revient au thriller avec « Le passager de la pluie ». L’occasion pour le cinéaste de collaborer avec le romancier et scénariste Sébastien Japrisot, dont les écrits ont donné lieu au cours de la décennie à quelques monuments du cinéma français comme « Compartiment tueurs » (Costa Gavras, 1965), « Piège pour Cendrillon » (André Cayatte, 1965) ou encore « Adieu l’ami » (Jean Herman, 1968). « Le passager de la pluie », c’est d’abord une irruption de violence inouïe et inattendue dans la vie morne et bien rangée d’une commerçante provinciale. Un inconnu qui déboule et la viole avant qu’elle ne le tue. Mais la disparition de ce mystérieux inconnu entrainera la venue d’un second, d’autant plus inquiétant qu’il s’immiscera très vite dans sa vie. Au-delà même de la machination un peu (trop ?) énorme et pas toujours lisible dans laquelle l’héroïne se retrouve coincée, le film vaut surtout pour le face-à-face que se livrent la frêle Marlène Jobert et le massif Charles Bronson. Engagés dans une sorte de poker menteur à huis-clos, les deux personnages se dévoileront progressivement, dévoilant chacun un aspect insoupçonné de leur personnalité : derrière sa rudesse et ses manières brusques, lui se révèlera être un homme protecteur tandis que derrière ses allures fragiles d’adolescentes, Mélancolie se révèlera être une femme forte au caractère bien trempé. Leur opposition un rien perverse, de même que leurs joutes verbales, font véritablement tout le sel de ce film étrange et sec, dans lequel Bronson montre qu’il valait bien mieux que les rôles de faire-valoir dans lesquels Hollywood l’avoir alors cantonné jusque là. Le reste du casting (Annie Cordy, Jean Gaven, Jean Piat...) demeure au diapason, de même que la musique de Francis Lai. Un bon polar typique de la fin des années 60.

 

Le_passager_de_la_pluie_Rene_Clement

 

***

 

Le DVD : Le film est présenté en version originale française (2.0).

 

Côté bonus, le film est accompagné des modules « A propos de Charles Bronson » (17 min.), « René Clément tourne » (10 min.), « Le cinéma de Marlène Jobert » (9 min.), du film-annonce et de filmographies.

 

Edité par Tamasa Distribution, « Le passager de la pluie » est disponible au sein du coffret « René Clément les années thriller » (qui comprend également « La course du lièvre à travers les champs » et « La maison sous les arbres ») depuis le 7 novembre 2017.

 

Tamasa_coffret_René_Clément_Les_années_thriller

 

Le site Internet de Tamasa Distribution est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!