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24 Dec

La maison du Docteur Edwardes

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers, #comedies dramatiques

Un grand merci à Carlotta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « La maison du Docteur Edwardes » de Alfred Hitchcock, dans le cadre de la sortie du coffret « Alfred Hitchcock - les années Selznick ».

 

Spellbound

« Qui êtes-vous ? Essayez de vous rappeler. Faites un effort ! »

 

Constance, médecin dans un asile d'aliénés, tombe amoureuse du nouveau directeur. Cependant, elle s'aperçoit rapidement que l'homme qu'elle aime est en réalité un malade mental qui se fait passer pour le Dr Edwardes. Quand il prend conscience de son amnésie, il croit avoir tué le véritable docteur et s'enfuit de la clinique. Constance le retrouve et le cache chez son vieux professeur qui va analyser les rêves du malade et trouver l'origine de son déséquilibre.

 

« Les femmes, il n’y a pas meilleures psychanalystes tant qu’elles ne sont pas amoureuses. Après quoi, il n’y a pas de meilleures malades ! »

 

Spellbound_Ingrid_Bergman

Tout juste auréolé du formidable triomphe du film « Autant en emporte le vent », le producteur indépendant David O. Selznick se met en quête de nouveaux talents avec lesquels il espère renouveler de tels succès. Il jette ainsi son dévolu sur Alfred Hitchcock, sans aucun doute le cinéaste anglais le plus en vue de sa génération, qu’il convainc de venir travailler avec lui en Amérique. Leur premier film, « Rebecca », se révèle être un très grand succès public et critique, décrochant même l’Oscar du Meilleur film. Mais les relations entre les deux hommes se révèlent houleuses et difficiles. Au point que Selznick finit par préférer « louer » les services de son réalisateur à d’autres studios concurrents. Hitchcock travaille ainsi coup sur coup pour la United Artists (« Correspondant 17 »), la RKO (« Joies matrimoniales », « Soupçons ») ou encore la Universal (« La cinquième colonne », « L’ombre d’un doute »). Six ans après « Rebecca », le tandem se reforme bon an mal an pour un nouveau projet : « La maison du Docteur Edwardes », adaptation d’un roman de John Palmer et Hillary Saunders dont Hitchcock parvient à convaincre Selznick d’acheter les droits pour 40 000 dollars. Un temps envisagé, Joseph Cotten laissera finalement sa place dans le rôle principal au jeune Gregory Peck. Nommé six fois aux Oscars, le film obtiendra une statuette pour la musique de Miklos Rozsa.

 

« La raison n’est pas tout. Le cœur voit parfois plus loin. »

 

Spellbound_Gregory_Peck

Considéré par le public comme le Maitre du suspense, Hitchcock s’était jusqu’ici essentiellement illustré dans le registre du thriller d’espionnage. Avec « La maison du Docteur Edwardes », il sort quelque peu de sa zone de confort et se frotte à une autre forme d’intrigue, plus intimiste et donc (en apparence du moins) plus minimaliste, centrée sur la quête identitaire d’un amnésique. L’occasion pour le cinéaste de se frotter à la psychanalyse, thème alors en vogue et qui semble passionner les cinéastes hollywoodiens en cette fin des années 40 (« La double énigme », « Le secret derrière la porte », « Le mystérieux Docteur Korvo »). De quoi lui permettre de développer une intrigue à deux niveaux de réalités étroitement imbriqués : l’une en forme de labyrinthe mental relative à la quête de l’identité du héros, l’autre, plus large, sur ce qu’il est advenu du véritable Docteur Edwardes. Un terreau idéal pour la créativité d’Hitchcock, qui s’amuse ainsi à développer toute une symbolique très sexuelle pour évoquer les tourments ou traduire les émotions subconscientes de ses protagonistes, jusqu’à une incroyable séance d’analyse du rêve du héros, conçue et dessinée par le génial Salvador Dali. Formellement très réussi (à l’image des plans en réalité subjective lorsque le héros boit son verre de lait), le film pèche néanmoins un peu de par le côté un peu téléphoné de son scénario, pas toujours véritablement convaincant. Mais le charme de son couple principal - Gregory Peck et la belle Ingrid Bergman - finisse de rendre ce film hautement sympathique et très plaisant.

 

Docteur_Edwardes_Salvador_Dali

 

***

 

Le blu-ray : Le film est présenté dans un nouveau Master restauré HD, en version originale américaine (1.0) ainsi qu’en version française (1.0). Des sous-titres français sont également proposés.

 

Côté bonus, le film est accompagné de « Subliminale », analyse du film par Laurent Bouzereaun (16 min.) et de l’entretien Hichcock/Truffaut afférent au film (23 min.).

 

Edité par Carlotta, « La maison du Docteur Edwardes » est disponible depuis le 29 novembre 2017 au sein du coffret ultra collector (n°7) de l’éditeur, en DVD ou en blu-ray, incluant également les film « Rebecca », « Le procès Paradine » et « Les enchainés » ainsi que le livre de 300 pages « La conquête de l’indépendance » réalisé en association avec les Cahiers du Cinéma.

 

Hitchcock_Selznick_blu-ray
Hitchcock_Selznick_Carlotta

 

Le site Internet de Carlotta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!