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10 Nov

Le fort de la dernière chance

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Westerns

Un grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Le fort de la dernière chance » de George Marshall.

 

Le_fort_de_la_dernière_chance

« Un homme se bat pour la cause qu’il croit juste. Peu importe où il est né »

 

Le Lieutenant Frank Hewitt déserte l’armée nordiste pour alerter la population de l’attaque imminente de Comanches en réponse à un massacre perpétré par l’armée. Il convainc une population composée exclusivement de femmes de se réfugier dans une ancienne mission. Hewitt les entraîne à se défendre coûte que coûte face aux Indiens dont le chef est un blanc renégat. Encerclés et à 1 contre 10, ils se préparent pour l’assaut final.

 

« Disons que j’ai déserté, un peu des deux côtés »

 

Le_fort_de_la_dernière_chance_Audie_Murphy

Réalisateur à la longévité exceptionnelle, Georges Marshall a réalisé plus d'une centaine de films depuis le milieu des années 10, en pleine ère du muet, jusqu'à la fin des années 60, époque du déclin de la toute-puissance des grands studios hollywoodiens. Réputé pour ses comédies, dans lesquels il dirigea le gratin des comiques de son temps (« Le cirque en folie » avec W.C. Field, « Propre à rien ! » avec Bob Hope, « Marchands de poissons » avec Laurel et Hardy ou encore « Fais moi peur » avec Jerry Lewis), il fut avant tout un spécialiste du cinéma de genre, officiant aussi bien dans le film noir (« Le dahlia bleu », 1946) que le film d'aventures (« Au sud de Mombasa », 1956). Mais son genre de prédilection fut sans aucun doute le western dans lequel il s'illustrera a de nombreuses reprises, alternant de franches réussites (« Femme ou démon ») et des séries B plus oubliables (« La vallée de la poudre », « Le fils de Geronimo »). En 1957, il tourne « Le fort de la dernière chance », d'après un roman de C. William Harrison. L'occasion pour le cinéaste de retrouver Audie Murphy, nouvelle icône du western de série B, qu'il a déjà dirigé trois ans plus tôt dans « Le nettoyeur ».

 

« Le plus difficile, c’est de durcir son cœur, n’est-ce pas ? »

 

Le_fort_de_la_dernière_chance_Hope_Emerson

« Le fort de la dernière chance » est ainsi un western d’autant plus étonnant qu’il prend un malin plaisir à ne jamais respecter l’écriture ultra codifiée du western. A commencer par le personnage du héros - d’ordinaire assez lisse et qui brille par sa bravoure et par son sens de la justice - qui se révèle ici beaucoup plus ambivalent. Et pour cause, sur fond de guerre de sécession, ce dernier ne se sens jamais vraiment à sa place dans un camp ni dans l’autre, ce qui lui vaut d’être considéré comme un traitre par les uns et comme un déserteur par les autres. Peu reluisant donc. Pourtant, c’est bien la notion de justice qui anime ses choix et ses revirements. C’est ainsi par désaccord idéologique qu’il quitte son Texas natal pour rejoindre l’armée nordiste et en conscience qu’il déserte les yankees pour aller défendre sa communauté villageoise contre une rébellion indienne. L’aventure à laquelle il prendra part sera toute aussi atypique, puisqu’il se retrouvera à la tête d’un groupe de femmes devant lutter courageusement pour leur survie en l’absence de leurs maris, dans un mélange d’éléments scénaristiques déjà vu dans d’autres westerns existants (« Convoi de femmes » de Wellman, « Le déserteur de Fort Alamo » de Boetticher, thématique du siège et de l’enfermement qui sera en vogue ultérieurement dans « Alamo » ou « Rio Bravo »). Tout juste regrettera-t-on que le film ne prenne pas davantage le temps de développer ses personnages féminins, les cantonnant à quelques archétypes très convenus (la maitresse femme, la riche propriétaire et sa servante noire, la vieille bigote, la putain au grand cœur, etc...). De même que ce « Fort de la dernière chance » manque sans doute d’un petit peu de souffle épique. Quelques détails qui auraient pu faire de ce western au demeurant fort divertissant un film beaucoup plus mémorable.

 

Le_fort_de_la_dernière_chance_bluray

 

**

Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée dans un Master Haute-Définition et proposé en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné de deux présentations respectivement signées Patrick Brion et Bertrand Tavernier.

 

Edité par Sidonis Calysta, « Le fort de la dernière chance » est disponible en combo blu-ray + DVD dans la collection Silver depuis le 15 octobre 2020.

 

Le site Internet de Sidonis Calysta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!