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08 Mar

Etranges compagnons de lit

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Comédies, #Comédies romantiques

Un grand merci à Éléphant Films pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Étranges compagnons de lit » de Melvin Frank.

 

Etranges_compagnons_de_lit

« Pour les grands patrons il n’y a pas dix commandements. Il n’y en a qu’un seul : tu seras marié, bien marié et heureusement marié ! »

 

Carter Harrison travaille dans une société pétrolière avec succès. Mais sa vie personnelle est plus tumultueuse. Marié à une italienne exubérante et énergique, son couple bat de l’aile et il demande la séparation. Or, pour lui accorder un important poste de direction, sa société exige qu’il puisse donner en Angleterre l’image d’un couple modèle.

 

« J’ai aimé la manière dont vous avez failli refuser ce poste ! »

 

Etranges_compagnons_de_lit_Gina_Lollobrigida

Révélé à la fin des années 40 par le western, genre dans lequel son imposante et athlétique carrure fera merveille, Rock Hudson devient dès le milieu des années 50 l’archétype même du héros doux et  romantique. Une image idéale, façonnée de par sa fructueuse collaboration avec le cinéaste Douglas Sirk pour lequel il tournera une série de mélodrames flamboyants (« Écrit sur du vent », « Tout ce que le ciel permet », « Le secret magnifique », « Les ailes de l’espérance », « Qui donc a vu ma belle ? »). Mais en cette fin des années 50, son image évolue de nouveau. Hudson abandonne ainsi progressivement son costume de gendre idéal pour celui du séducteur viril et macho qu’il tiendra tout au long de la décennie suivante. Il séduit ainsi à l’écran les plus belles actrices du moment dans une série de comédies romantiques légères : Doris Day dans « Confidences sur l’oreiller » (Gordon, 1959), « Un pyjama pour deux » (Mann, 1961) et « Ne m’envoyez pas de fleurs » (Jewison, 1964) ; Paula Prentiss dans « Le sport favori de l’homme » (Hawks, 1964), Leslie Caron dans « Le coup de l’oreiller » (Gordon, 1965) ou encore Claudia Cardinale dans « Les yeux bandés » (Dunne, 1965). Mais c’est sans doute avec Gina Lollobrigida, sa partenaire des « Rendez-vous de septembre » (Mulligan, 1961), que la complémentarité à l’écran fonctionne le mieux.

 

« Il ne faut pas résumer l’amour à de simples réactions chimiques et à nos bas appétits animaux »

 

Etranges_compagnons_de_lit_Gig_Young

En 1965, il retrouve l’explosive comédienne italienne pour « Étranges compagnons de lit », comédie romantique signée Melvin Frank, célèbre scénariste de comédies (« Un million clés en main » de H.C. Potter) plus ou moins musicales (« Au pays du rythme » de Marshall, « Noël blanc » de Curtiz) et qui deviendra par la suite réalisateur d’une quinzaine de comédies entre les années 50 et 70. « Étranges compagnons de lit » joue ainsi à fond la carte de l’attraction des contraires : lui est un américain capitaliste et carriériste forcené, elle est une artiste italienne bohème et éprise de liberté. De leur improbable rencontre naitra un amour aussi passionné qu’impossible, du fait de leur incompatibilité. Jusqu’à ce que le destin ne les fasse se recroiser à nouveau, pour le pire et - bien évidemment - pour le meilleur. En dépit de son titre légèrement provocateur pour l’époque, « Étranges compagnons de lit » n’en demeure pas moins une comédie bien lisse et bien proprette qui alterne le comique de situation (beaucoup de quiproquos notamment avec l’ami de la belle qui se fait passer pour espion anglais) et scènes burlesques (coups de peinture, running gag du téléphone dans les taxis), sans jamais s’aventurer à braver le code de censure morale alors encore en vigueur (d’ailleurs, le divorce promis n’aura finalement jamais lieu). Tout juste le cinéaste s’autorisera-t-il en sous-texte à se moquer des bonnes mœurs de la société américaine d’alors, à travers la pression de sa compagnie qui conditionne sa promotion professionnelle à la mise en « conformité » de son statut social et matrimonial. Si l’ensemble est plutôt sympathique, force est de constater qu’il est devenu néanmoins assez désuet et que son principal intérêt réside dans le charme de ses acteurs principaux.

 

Etranges_compagnons_de_lit_Rock_Hudson

 

**

Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée dans un nouveau Master Haute-Définition et proposé en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une présentation par Frédéric Mercier, d’un portrait de Rock Hudson par Jean-Pierre Dionnet et de Bandes-annonces.

 

Édité par Éléphant Films, « Étranges compagnons de lit » est disponible en combo blu-ray + DVD ainsi qu’en édition DVD depuis le 8 décembre 2020.

 

Le site Internet d’Elephant Films est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!