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13 Jan

Louise Michel

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« Et surtout dites leur bien que je les aime. Que je les aime énormément »

Quelque part en Picardie, Louise, ex-taularde un peu mutique, travaille comme ouvrière dans une usine de cintre. Jusqu’au jour où son patron vide sans prévenir son usine dans la nuit pour la délocaliser. Abattues et désabusées, les ouvrières préparent d’emblée une action en justice. Alors qu’elles réfléchissent à la façon la plus judicieuse d’utiliser leur maigre dédommagement, Louise propose de mettre leur argent en commun et d’embaucher un professionnel afin de tuer leur ex-patron. Ne reste plus qu’à trouver un tueur à gages professionnel, digne de ce nom et pas trop cher, afin d’exécuter le contrat…

« Putain Michel ! Soit un homme au moins une fois dans ta vie ! »

.

Piliers de l’émission satyrique « Bienvenue au Groland », Benoit Delépine et Gustave Kervern co-réalisent leur troisième film en quatre ans après « Aaltra » (2004) et « Avida » (2006). Si le titre du film est ouvertement une référence à l’anarchiste Louise Michel, figure emblématique de la Commune de Paris, il ne s’agit pas pour autant d’un biopic lui étant dédié. A l’origine du projet, on retrouve un fait divers survenu dans la région d’Angoulême il y a quelques années, où un patron peu scrupuleux avait offert de nouvelles tenues de travail à ses ouvrières avant de déménager son usine vers l’Europe de l’est le week-end suivant. A l’instar de ses deux prédécesseurs, « Louise Michel » est produit par Mathieu Kassovitz. A noter que le film a été présenté dans de nombreux festivals (Rome, Londres) où il a été primé (meilleur scénario au Festival de San Sebastian), et qu’il sera présenté au prestigieux Festival de Sundance.

« Si vous en avez marre, vous n’avez qu’à buter votre patron vous-même, je ne suis pas Robocop moi ! »

Quand deux trublions issus de la meilleure émission satyrique de la télé (Groland) s’attaquent à un sujet d’actualité brûlant (la délocalisation sauvage), ça donne forcément un film alléchant et méchant. D’autant qu’avec l’esprit provocateur qu’on leur connaît, ils baptisaient leur film du nom de la plus célèbre communarde, comme un clin d’œil malicieux pour nous rappeler que la lutte entamée près d’un siècle et demi plus tôt n’était pas terminée. Mais c’était sans se rappeler que les deux réalisateurs avaient déjà par le passé réalisé deux films encensés par la presse mais dont l’absurdité les rendaient irregardables. Respectant à merveille cette vieille règle des séries (jamais deux sans trois), c’est avec la plus grande déception que nous assistons donc à un film qui avait tout pour être une bombe et qui accouche d’un pétard mouillé. Car au fond, aussi absurde soit-elle, la réflexion du film s’avérait plutôt pertinente (il y a plus d’humanité chez un tueur à gages pataud et chez ses commanditaires désespérées et désabusées que chez ce patron voyou et sans éthique). Mais ce qui peut paraître drôle dans un format très court de type sketch ne s’adapte clairement pas ici à un format de long métrage. Bien sûr, le cynisme affiché fait parfois sourire (le patron et son DRH qui se foutent de la gueule des ouvrières avec une condescendance hallucinante). Mais jouant la carte de l’absurdité à fond, les deux réalisateurs mettent ainsi au supplice les spectateurs, obligés d’assister à d’interminables scènes sans queue ni tête et d’une bêtise sans nom (la partie ciseau-pierre-papier, le contremaitre qui hurle « maman » en tenant une poignée de porte tout en observant Louise plumer un pigeon, ou encore le rire débile de Louise regardant « Aglae et Sidonie »). Le tout couronné par un niveau général d’interprétation au ras des pâquerettes, les acteurs en faisant des tonnes dans l’absurde et la surenchère, à l’exception peut-être de Boulli Lanners. Sans parler de l’esthétique volontairement laide et glauque de l’ensemble, qui n’arrange rien. On attendait vraiment mieux de cette fresque sociale engagée, qu’on espérait tonitruante et politiquement incorrecte. Une très très grosse déception.

  



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Bob Morane 13/01/2009 23:38

J'acquiesse à fond. Insipidité désolante des plus décevante qui m'ait été imposé depuis longtemps à subir. Navrant !

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!