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03 Aug

Tel père, telle fille

Publié par platinoch  - Catégories :  #Comédies

« Ça fait dix ans que tu tournes alors que la plupart des groupes de l’époque ont raccroché. Qu’est-ce qui te donne encore le fighting spirit ? »

 

Annoncé depuis plusieurs semaines, à grands coups de bande-annonces répétitives, « Tel père telle fille » est le premier long du réalisateur Olivier De Plas. Adapté du premier roman de Virginie Despentes (« Baise-moi »), « Teen spirit », celui-ci retrace le destin de deux personnages que tout oppose et qui doivent apprendre à s’apprivoiser mutuellement. Loin de tout sujet sulfureux, le film semblait être calibré pour être la gentille petite comédie française familiale de l’été. Impressions.

SND

 

« L’argent, ça a jamais été un problème »

 

L’Histoire :

 

Décennie 90. Bruno est chanteur d’un groupe de rock underground prometteur, voguant sur le modèle sexe, drogue et rock’n’roll. Une dizaine d’années plus tard, les promesses ne s’étant jamais concrétisés en raison d’excès en tout genre et de manque de concessions, Bruno vit au jour le jour, au gré de ses conquêtes, squattant tantôt chez l’une tantôt chez l’autre. Glandeur invétéré, sans inspiration, et sans remise en question, il est une sorte d’ éternel assisté. Un jour, Alice, avec qui il a eu une brève aventure 14 ans auparavant, reprend contact avec lui pour lui apprendre qu’il a une fille de 13 ans. S’il tombe des nues dans un premier temps, il accepte finalement de la rencontrer. Ces deux êtres qui ne se connaissent pas et que tout oppose vont devoir alors apprendre à communiquer, s’apprivoiser, et grandir ensemble…

Vincent Elbaz et Daisy Broom. SND

 

« Maman dit que t’es un peu comme un clodo »

 

Surfant une nouvelle fois sur la comédie générationnelle, le mal-être et la peur des trentenaires devant l’engagement, ce « Tel père, telle fille » n’apporte pas grand chose d’original au genre. Si la comédie se déroule de manière sympathique et légère, la manière dont ces deux-là vont s’apprivoiser, apprendre à se connaître, et finalement à s’aimer et à grandir se fait de manière archi-prévisible. Jouant sur un contraste banal sur les milieux sociaux (Bruno est pauvre et vit dans le milieu underground, Nancy jouit d’une situation plus privilégiée dans un univers bobo), et sur un parallèle pas plus original sur le manque de maturité des deux personnages (Nancy vit cet âge difficile et turbulent appelé « adolescence », Bruno est musicien rêveur camé qui refuse de grandir et d’avoir des responsabilités), les situations qui nous sont proposées sont donc obligatoirement prévisibles et banales. Ce qui ne veut pas dire que le film n’est pas agréable à suivre, juste qu’il manque un peu de piquant et de personnalité. La faute également à une réalisation trop molle, trop brouillonne (quelques ellipses malvenues), et souvent sans ambition ni envergure.

Vincent Elbaz. SND

 

« Tu vas pas finir crevard comme ton père »

 

Le parterre d’acteurs réunis semblait également prometteur. Mais là encore, les performances sont inégales, Vincent Elbaz n’étant pas au mieux de sa forme. Alternant son jeu de « Ma vie en l’air » (rôle finalement pas si éloigné), et une pâle imitation de Johnny Depp interprétant Jack Sparrow dans « Pirates des Caraïbes » (voir sa dégaine, son look, ses mimiques, et son phrasé inécoutable), il peine à se montrer crédible. En revanche à ses côtés, Léa Drucker et Elodie Bouchez se montrent très convaincantes et touchantes dans des rôles qui auraient mérités plus de place dans le film. Mais la véritable révélation est sans conteste la jeune Daisy Broom, qui du haut de ses treize ans nous gratifie d’une première performance d’une incroyable justesse.

Daisy Broom et Vincent Elbaz. SND

 

« Je vais te dire ma philosophie : on fait ce qu’on peut »

 

Pour conclure, ce « Tel père telle fille », premier long de Oliver De Plas, a tout de la petite comédie sans prétentions. Si elle se laisse suivre sans déplaisir, un certain nombre de défauts, inhérents à tout premier long, empêchent cependant le film décoller réellement et de nous convaincre d’entrer pleinement dans son univers. Avec une réalisation mollassonne, un scénario trop gentillet et trop prévisible, et un Vincent Elbaz en petite forme, « Tel père telle fille » ne laissera probablement pas un souvenir impérissable. Une gentille petite comédie néanmoins.

     Léa Drucker et Daisy Broom. SNDDaisy Broom, Léa Drucker et Elodie Bouchez. SNDElodie Bouchez. SND



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Bob Morane 04/08/2007 08:47

J'approuve tout à fait ton analyses. Gentillette comédie sans envergure, sans originalité, presque sans intérêt. Se regarde sans ennuie mais sans laisser non plus de trace. sera très vite oublié.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!