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10 Jul

Tuez Charley Varrick!

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

Un grand merci à Wild Side Vidéo pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Tuez Charley Varrick ! » de Son Siegel.

 

Tuez_Charley_Varrick

« Pour exterminer les insectes on ne se sert pas d’un revolver ! »

 

Charley Varrick dévalise une petite banque de campagne avec l’aide de sa femme et de deux acolytes. Mais le braquage ne se passe pas comme prévu. Un de ses complices est tué sur le coup et sa femme mortellement blessée…

 

Et il comprend rapidement que l’important magot qu’il a dérobé appartient en réalité à la mafia, qui fera tout pour le récupérer…

 

« Je me demande ce qu’une si grosse somme pouvait bien faire dans une si petite banque. Il y a quelque chose qui sent mauvais... »

 

Charley_Varrick_Walter_Matthau

Don Siegel intègre les studios dès le début des années 30 en qualité de monteur. Fort d’un savoir-faire acquis sur le tas et reconnu de ses paris, il participera à de grands films de son époque tels que « Une femme cherche son destin » (Irving Rapper), « Gentleman Jim » (Raoul Walsh), « La glorieuse parade » et surtout le chef d’œuvre « Casablanca » (Michael Curtiz). Accedant ensuite à la réalisation au mitan des années 40, il décroche coup sur coup l’Oscar du Meilleur court-métrage pour « Star in the night » puis l’Oscar du meilleur documentaire pour « Hitler lives ». Se spécialisant très tôt dans le film noir et le polar (« ça commence à Vera Cruz », « Les révoltés de la cellule 11 »), c’est néanmoins par le thriller de science-fiction « L’invasion des profanateurs de sépultures » (1956) qu’il se fait véritablement un nom. Après « Les rôdeurs de la plaine » avec Elvis Presley et « L’enfer est pour les héros » avec Steve McQueen, il revient au genre du polar qu’il entreprend de moderniser en lui insufflant une dose de réalisme, d’action et de violence. A l’image de « A bout portant » et de « Police sur la ville ». Mais en la matière, ce sont surtout ses films avec Clint Eastwood, qu’il fera tourner à cinq reprises, qui font office de références : « Un shérif à New-York », « Les proies » et surtout l’inégalable « Inspecteur Harry ». Fort de l’immense succès du film, Siegel se lance l’année suivante dans la réalisation de « Tuez Charley Varrick ! » d’après le roman « The hooters » de John Reese. Toutefois, en dépit de bonnes critiques, le film connait alors un échec au box-office.

 

« Vous croyez qu’on peut refaire sa vie à mon âge ? »

 

Charley_Varrick_Don_Siegel

Il en va de Charley Varrick comme de l’arroseur arrosé : alors qu’il pensait avoir braqué une petite banque quelconque de campagne, il comprend qu’il a en dérobé un magot d’argent sale appartenant à la mafia, qui lance dès lors un implacable tueur à ses trousses. Commence alors une folle course poursuite à travers le désert du Nouveau-Mexique. Don Siegel renoue ici avec l’art du décalage et de la supposée inadaptation. A l’instar du « Shérif à New-York » dans lequel il opposait un cow-boy texan aux cols blancs et à la délinquance organisée de la grande ville moderne, il oppose ici un braqueur « à l’ancienne » à un système bien plus organisée et plus méchant que lui. Une sorte de « No country for old man » bien avant l’heure. Mais comme toujours chez Siegel, les apparences sont souvent trompeuses et ce sont toujours les plus rusés qui l’emportent. Et sous ses airs débonnaires, Varrick saura faire preuve d’un étonnant sang-froid et, sans le moindre état d’âme (la mort de sa femme ou de ses complices) saura jouer la carte de l’individualisme dans les moments opportuns. Le génial Walter Matthau, acteur protéiforme (qui délaisse durant les années 70 la comédie pour des rôles plus graves comme « Le flic ricanant » ou « Les pirates du métro ») et parfait antihéros, traverse le film tel un Droopy faussement nonchalant, offre ainsi une parfaite opposition de styles qui tranche avec la nervosité extrême du récit. Car derrière la sobriété de sa mise en scène, Siegel signe là un polar sombre, racé et tendu (à l’image de cette incroyable scène de braquage en ouverture du film, qui commence presque comme une comédie avant de finir dans un bain de sang) souvent inventif (à l’image du final très culoté) et constamment traversé d’éclairs d’humour à froid (notamment avec la vieille voisine) qui semblent lui conférer une sorte de cool attitude très seventies. Sans aucun doute, un must du genre et l’un des meilleurs titres de la filmographie du cinéaste.

 

Tuez_Charley_Varrick_Bluray

 

****

 

Le DVD : Le film est présenté dans un master restauré HD, en version originale américaine (1.0) ainsi qu’en version française (1.0). Des sous-titres français sont également proposés.

 

Côté bonus, le film est accompagné du « Le dernier des indépendants » : entretiens avec l’équipe de tournage sur la conception du film (72 min.).

 

Edité par Wild Side Vidéo, « Tuez Charley Varrick ! » est disponible dans une très belle édition collector comprenant le blu-ray et le DVD du film ainsi que le livre « Le premier des indépendants » écrit par Doug Headline, critique cinéma et réalisateur (180 pages) depuis le 28 juin 2017.

 

Le site Internet de Wild Side Vidéo est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!