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06 Dec

Les rôdeurs de la plaine

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Westerns

Un grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Les rôdeurs de la plaine » de Don Siegel.

 

Les_rodeurs_de_la_plaine

« S’ils nous attaquent, à qui s’en prendront-ils en premier ? A Papa ou à Maman ? »

 

Au Texas, à peine la guerre de Sécession terminée, une nouvelle altercation voit le jour entre une tribu indienne et l’armée américaine.

Le conflit s’envenime plaçant le jeune Pacer Burton dans une situation délicate : il est un enfant de l’union entre un fermier et une femme de la tribu des Kiowas et il doit choisir son camp…

 

« Parfois je ne peux pas m’empêcher de penser que tu es plus qu’à moitié indien »

 

Flaming_star_Elvis_Presley

S’il fit longtemps l’apologie exclusive de la bravoure des fiers colons et des tuniques bleues dans leur projet de conquête de l’ouest, le western  amorce un changement au début des années 50, adoptant progressivement un regard plus nuancé à l’égard des indiens et de leur condition. En cela, des films comme « La flèche brisée » (Daves, 1950), « Bronco Apache » (Aldrich, 1954) ou encore « La dernière chasse » (Brooks, 1956) annoncent la réhabilitation à venir des indiens au cours des décennies suivantes, avec des films comme « Little big man » (Penn, 1970), « Soldat bleu » (Neslon, 1970) ou « Danse avec les loups » (Kostner, 1990). Surfant sur cette vogue, le scénariste Nunnally Johnson, également réalisateur à ses heures (« L’homme au complet gris », « Les trois visages d’Eve »), écrit le scénario des « Rôdeurs de la plaine », adaptation du roman « Flaming lance » de Clair Huffaker qu’il se verrait bien lui-même réaliser avec Marlon Brando et Frank Sinatra dans les rôles principaux des deux frères Burton. Mais la production voit les choses autrement : le film sera ainsi taillé sur mesure pour l’idole des jeunes, Elvis Presley, qui se verra confier le rôle principal. Ils veulent aussi confier la réalisation à un cinéaste plus expérimenté. Si le nom de Michael Curtiz est ainsi un temps associé au projet, c’est finalement Don Siegel (qui a connu quelques beaux succès les années précédentes avec « L’invasion des profanateurs de sépultures » et une poignée de films noirs efficaces à petits budgets) qui héritera du projet.

 

« J’espère que bientôt ton sang se reconnaitra dans le nôtre »

 

Flaming_star_Steve_Forrest

Avec « Les rôdeurs de la plaine », Don Siegel signe un western identitaire qui pose la question de la place réservée aux métis dans la société américaine. Qui plus est à l’heure des guerres indiennes où chacun est sommé de choisir son camp. Un thème alors en vogue dans le western, qui aura donné lieu à des films comme « La lance brisée » (Dmytryk, 1954) ou « Le vent de la plaine » (Huston, 1960). Famille de fermiers composée d’un père blanc et d’une mère indienne, les Burton se retrouvent ainsi pris entre deux feux, et sommés de prendre parti pour un camp ou pour l’autre alors même qu’ils tentent de faire valoir leur neutralité. Un vain mot en période de guerre. On y suit ainsi l’évolution psychologique de leur fils Pacer, jeune métis rejeté par les blancs et bientôt par les indiens. Un personnage qui ne parvient pas à trouver sa place dans la société et qui finira par renier tous les camps à l’exception de sa famille. A travers lui, le film dénonce le racisme et la haine ordinaires, largement répandus au sein de la société américaine. Un sujet d’autant plus brûlant que le pays est alors confronté au mouvement des droits civiques. Dans un rôle assez étonnant de métis seul contre tous, le bondissant Elvis livre une prestation intéressante, prouvant qu’il était certainement un meilleur acteur que sa piteuse filmographie laissa entrevoir. Il faut dire que pour l’occasion, Siegel réussit le tour de maitre de convaincre Elvis, contre l’avis de son manager, de ne presque pas chanter (si ce n’est la chanson du générique, l’excellente « Flaming star », et une chanson plus festive en scène d’ouverture, bêtement doublée en français dans la VF), afin de donner un peu plus de consistance et de sérieux à sa prestation. Il est qui plus est ici plutôt bien entouré par des seconds rôles prestigieux, tels que Steve Forrest, John McIntire ou Dolores Del Rio. Un western audacieux et de très bonne facture. Sans aucun doute l’un des tout meilleurs films de la filmographie du King.

 

Les_rodeurs_de_la_plaine_Elvis

 

***

 

Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée dans un Master haute-définition, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également proposés.

 

Côté bonus, le film est accompagné de deux présentations distinctes signées respectivement Bertrand Tavernier et Patrick Brion.

 

Edité par Sidonis Calysta, « Les rôdeurs de la plaine » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 1er décembre 2017.

 

Le site Internet de Sidonis Calysta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!