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27 May

Vivre libre

Publié par Platinoch  - Catégories :  #film d'aventures

Un grand merci à Rimini Editions pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Vivre libre » de James Hill.

 

Vivre_libre

« Je me demande si tu n’es pas en train d’élever des mangeurs d’hommes »

 

Au Kenya, Joy et George Adamson s’occupent d’une réserve d’animaux sauvages, George étant notamment chargé de tuer les animaux devenus trop dangereux pour les villageois des alentours. Après avoir ainsi abattu une lionne, ils recueillent trois lionceaux qu’ils décident d’élever en attendant de leur envoyer à un zoo. Joy décide finalement de garder la petite lionne, Elsa. Devenue adulte, elle est incapable de se débrouiller seule. Comment lui réapprendre à vivre libre ?

 

« Au fond, vous êtes plus ses prisonniers qu’elle n’est votre prisonnière »

 

Vivre_libre_Elsa

Pendant longtemps, le cinéma occidental n'a montré l'Afrique et l'Asie que comme des territoires sauvages à l'exotisme exacerbé et propices à toutes sortes d'aventures humaines (et coloniales). A l'image de « Gunga Din », « Les trois lanciers du Bengale », « Beau Geste », « La belle de Saigon » ou « Mogambo ». Mais le processus de décolonisation entamé à la fin des années 50 devait quelque peu changer la donne et le regard porté sur ces contrées nouvellement indépendantes. Le cinéma est d'ailleurs ainsi rapidement rattrapé par la mode très sixties des animaux sauvages apprivoisés par les humains venue de la télévision (« Daktari », « Flipper le dauphin », « Skippy le kangourou ») et se lance alors dans des films familiaux où la faune et la flore sauvage servent de décors à des aventures cynégétiques et autres récits initiatiques. Ainsi, après le « Hatari! » (1962) de Howard Hawks et le très beau « Sammy going south » (1963) de Alexander McKendrick, James Hill réalise à son tour en 1966 « Vivre libre », d'après le roman autobiographique de Joy Adamson. Soit l'histoire d'une improbable amitié entre la femme du conservateur d'une réserve animalière et une jeune lionne qu'elle élèvera comme son propre enfant.

 

« Elle est née libre. Elle a droit à une belle vie. Rien n’est plus important que la liberté. »

 

Vivre_libre_Bill_Travers

Si le comportement de ce couple d'anglais fut au départ dicté par un sentiment d'empathie et de bienveillance envers le jeune animal (pour lui permettre de survivre et de grandir en l'absence de sa mère), l’apprivoisement de cette lionne devenue incapable de retourner vivre à l'état sauvage soulève la question de la responsabilité de l'Homme envers la nature. Fable écologiste qui n'est pas sans rappeler « Le Petit prince » et sa relation avec le renard, « Vivre libre » a beau poser des questions pertinentes sur le respect de l’environnement et l'importance pour l'animal de conserver sa liberté, il se perd parfois dans ses propres contradictions (l'héroïne qui refuse que sa protégée ne perde sa liberté dans un zoo alors qu'elle y a déjà envoyé les deux autres lionceaux de la même portée) et dans une vision assez datée (voire même insupportable) de l'homme blanc qui impose son mode de régulation à la nature, avec l'abattage systématique des animaux jugés dangereux pour les populations (ici des lions, qu'il aurait suffit de déplacer), dont on constate les désastres aujourd’hui. Le résultat, moralement très ambivalent, laisse parfois perplexe. Même si le film offre des séquences visuelles magnifiques (la lionne harcelée par un petit phacochère, les câlins faits à ses « maîtres »), grâce au réalisateur James Hill et à son passé de documentariste. A noter que suite à son succès (deux Oscars pour sa musique), le film connaitra une suite, « Living Free » réalisé par Jack Couffer en 1972 puis une série télévisée de treize épisodes en 1974.

 

Vivre_libre_Virginia_McKenna

 

**

 

Le DVD : Le film est présenté dans un Master Haute-Définition, en version originale anglaise (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une interview du journaliste Olivier Desbrosses à propos du musicien John Barry. Un livret de 28 pages sur Joy et George Adamson et la Born Free Foundation complète cette belle édition.

 

Edité par Rimini Editions, « Vivre libre » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 23 avril 2019.

 

La page Facebook de Rimini Editions est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!