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02 Nov

Le Crabe-Tambour

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films de guerre

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/65/03/04/18868085.jpg« Il faudra quitter un jour l’Indochine pour toujours. On achètera une jonque et on rentrera à la voile. Quatre mois de mer. Après ça ira mieux… »


Atteint d'un cancer du poumon, un officier de la marine nationale se voit confier un dernier commandement, l'escorteur d'escadre Jauréguiberry dont c'est également le dernier voyage avant la réforme. Il est chargé de l'assistance et de la surveillance de la grande pêche sur les bancs de Terre-Neuve. Le commandant a aussi une quête personnelle, enracinée dans les guerres coloniales françaises, croiser une dernière fois un homme qu'il a connu, devenu capitaine de chalutier. Sa quête est relayée par les souvenirs du médecin du bord et de l'officier mécanicien, qui évoquent un lieutenant de vaisseau surnommé le Crabe-Tambour. Les souvenirs et les témoignages se succèdent ; ils évoquent cette figure légendaire qui a marqué ceux qui l'ont connue, et les fait s'interroger sur leur propre vie.


« Une bouteille pleine de vin c’est déjà du rêve, alors avec un bateau dedans… »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/65/03/04/18840494.jpgPassionné par les récits d'aventures de Joseph Kessel, le jeune Pierre Schoendoerffer rêvait d'océans et d'aventures lointaines. Ce n'est finalement pas un hasard s'il intégra le service cinématographique des armées. Envoyé en Indochine dès 1952, il filmera la bataille de Dien Bien Phu et sa chute avant d'être fait prisonnier. De cet épisode, il gardera toujours le goût pour les épopées militaires et l'honneur des soldats. Il y consacrera son œuvre, d'abord documentaire (Oscar du meilleur documentaire pour « La section Anderson ») puis cinématographique (« La 317e section » entre autres). Également romancier, il signe en 1976 « Le Crabe-Tambour », roman consacré à un capitaine charismatique inspiré de Pierre Guillaume, célèbre militaire de carrière et figure controversée des guerres coloniales, qui lui vaut le Grand Prix du roman de l’Académie Française. Il en signe l’adaptation cinématographique l’année suivante (ce qu’il avait déjà fait pour son roman « La 317e section »). Tourné en sept semaines sur un véritable navire de guerre (l’escorteur d’escadre Jauréguiberry), le film sera récompensé par trois Césars : meilleur acteur pour Jean Rochefort, meilleur second rôle pour Jacques Dufilho et meilleur photographie.


« Le choix de l’homme n’est pas entre un ce qu’il croit bien ou mal mais entre un bien et un autre bien »


http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/65/03/04/18840446.jpgCertains, comme Ulysse, prennent la mer pour rentrer chez eux après une longue absence. D’autres, comme Achab, la prennent pour poursuivre une quête obsessionnelle. Personnage solitaire, taciturne et mutique, le commandant du Jauréguiberry est un peu les deux à la fois. Rongé par un cancer qu’il cache à tous, il entame son dernier commandement avec l’unique but de retrouver un ancien officier devenu capitaine de chalutier qu’il a naguère connu pour lui faire ses adieux. A la fois initiatique et crépusculaire, ce dernier voyage, construit autour de nombreux flash-back, est aussi l’occasion pour les trois hommes qui ont connu le « Crabe-Tambour » de s’interroger sur leur vie et sur leurs choix. Introspectif s’il en est, le film de Schoendoerffer s’articule autour des valeurs qui lui sont chères, telles que la droiture, l’honneur ou le sens du devoir, qui viennent nourrir une forme de romantisme militaire. Portrait de la fin d’une époque, celle d’une France enorgueillie par un Empire synonyme d’aventures et de prestige, le « Crabe-Tambour » noie dans les glaces de l’Atlantique nord les dernières vapeurs de nostalgie impériale et de rancœur liées aux guerres coloniales. Si on reste un peu de marbre devant le côté réac' de certains sujets (l’importance de la morale catholique, rappelée à de nombreuses reprises par les anecdotes du chef mécanicien, ou encore certaines considérations politico-militaire, comme le soutien tacite de l’auteur au putch des généraux), on est sensible en revanche à la solitude de ce commandant (très belle interprétation de Jean Rochefort) face au bilan de sa vie et à la mort inéluctable qui l’attend au bout du voyage.

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ffred 06/11/2011 19:16



Ca ne pas laisser un souvenir impérissable non plus...



Bob Morane 02/11/2011 23:46



J'ai un souvenir de longueur et d'incompréhension avec ce navire perdu dans les immenses vagues à donner le mal de mer et d'un chat noir. A revoir sans doute...



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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!