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11 Sep

Basket case

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Epouvante-Horreur, #comedies dramatiques

Un grand merci à Carlotta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Basket case » de Frank Henenlotter, dans le cadre de la « Midnight Collection ».

 

Basket_case« Qu’est-ce qu’il y a dans ce panier ? »

 

Fraîchement débarqué à New York, le jeune Duane Bradley s’installe dans un hôtel miteux de Manhattan. Il transporte avec lui un étrange panier en osier. À l’intérieur se trouve son frère Belial, difforme depuis la naissance. Ces anciens frères siamois ont été séparés de force à leurs douze ans. Depuis, Belial n’a qu’une idée en tête : se venger des médecins qui ont pratiqué l’opération…

 

« Je ne suis pas sûr que cette chose ait quelque chose d’humain »

 

Basket_case_HenenlotterEn cette fin de décennie des 70’s, le cinéma américain connait de profonds changements : le Nouvel Hollywood amorce son déclin tandis qu’on assiste à l’avènement progressif d’un cinéma davantage tourné vers les grosses productions spectaculaires et le divertissement, sous l’impulsion de Steven Spielberg, George Lucas, Robert Zemekis et autre Joe Dante. En marge de ces mutations, un vent de renouveau souffle également sur le petit milieu du cinéma dit d’exploitation qui assiste à l’émergence d’une nouvelle génération de réalisateurs. Issus pour la plupart du cinéma amateur et des milieux underground, ceux-ci signent des films d’épouvante ou d’action aussi décomplexés que fauchés en reprenant à leur compte une partie des thèmes chers au Nouvel Hollywood (un certain goût pour les marginaux et les bas-fonds urbains, une certaine idée de la société paranoïaque et corrompue). Profitant de l’explosion du marché de la vidéo et du développement des réseaux de vidéoclubs ces films rencontrent un succès inattendus et deviennent vite des objets cultes, symboles d’une certaine forme de contre-culture.

 

« Si tu n’as pas le droit à l’amour, moi j’y ai droit »

 

BasketCaseHumble passionné de cinéma de genre issu du cinéma amateur, Frank Henenlotter nous entraine pour son premier film dans une plongée vengeresse dans les bas-fonds new-yorkais. Et plus spécifiquement dans l’ambiance sulfureuse et interlope de la 42ème rue, tristement célèbre pour ses sex-shops, ses hôtels de passe et ses dealers. Un univers loin de l’image lisse et idéalisée de l’Amérique que cultivera Hollywood tout au long des 80’s et que le réalisateur connait bien pour avoir écumé toutes les salles de cinéma bis du quartier. Ainsi, « Basket case » est une étrange histoire de vengeance. Celle d’un jeune homme qui cache dans son énorme panier d’osier un monstre qui n’est autre que son ancien siamois qui a juré de tuer les médecins qui les ont séparer de force. Duane et Belial apparaissent ainsi comme les deux faces d’une même pièce. L’opposition manichéenne du Bien et du Mal. D’un côté Duane, le jeune homme naïf qui représente l’espoir d’une sociabilité et d’une vie heureuse. De l’autre Belial, le côté obscur, la marginalité qui fait peur et que l’on cache, la violence sourde qui exprime les plus basses pulsions et les frustrations (sexuelles et affectives). D’une certaine manière, Duane et Belial sont les deux visages d’une même personne, et par analogie, de l’humanité. Deux forces totalement insociables et impossibles à séparer. Dès lors, leur entreprise sauvage ne pourra se solder que dans un déchainement de violence, de mort et de sang. Mais qui est toujours contrebalancé par un second degré de bon aloi et quasi omniprésent (Belial qui dévore des burgers ou qui se cache dans les toilettes), lui-même renforcé par le côté « cheap » des effets visuels et des effets spéciaux. Mais derrière cet humour de façade, le réalisateur donne finalement à son film une dimension tragique et pessimiste en phase avec son époque au cours d’un final durant lequel la bête prend le pas sur l’homme, lui ôtant de fait toute possibilité de rédemption. Une bizarrerie souvent jouissive et au fond terriblement mélancolique.

 

Belial

 

***

 

Le blu-ray : le film, présenté dans un master HD,  est proposé en version originale américaine ainsi qu’en version française (toutes deux en 1.0). Des sous-titres français sont également proposés. Des bandes-annonces viennent compléter cette édition.

 

Edité par Carlotta, « Basket Case » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 7 septembre 2016.

 

Les films « Basket case 2 », « Basket case 3 » et « Frankenhooker », tous de Frank Henenlotter, composent cette deuxième vague de sortie de la « Midnight collection ».

 

Le site Internet de Carlotta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!