Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
01 Feb

La ruée sanglante

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Westerns

Un grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « La ruée sanglante » de Phil Karlson.

 

La_ruée_sanglante

« Les peaux rouges ne se soucient peu des lois de la guerre étant donné qu’ils n’en ont jamais entendu parler »

 

En 1860 en Arizona, dans le Fort McCullogh, le docteur Gibson, incompétent et alcoolique, est révoqué suite à la mort du Major Vandegrift et va être remplacé par un jeune diplômé de l’école de médecine, le docteur Allen Seward. Pendant le trajet en train Seward a fait la connaissance de la fille du colonel Walters en charge du Fort ; un voyage de trois jours les séparent du Fort qui est situé non loin de la réserve des Kiowas, où sévit la malaria. Le capitaine Blake est venu les chercher à la gare et doit ramener des carabines dernier modèle… pendant la première nuit des indiens volent des carabines…

 

« Ça rassure d’avoir un médecin. Un vrai. »

 

They_rode_west_Robert_Francis

Ancien étudiant en droit entré par hasard dans la toute jeune industrie cinématographique hollywoodienne, Phil Karlson passe derrière la caméra à la faveur des années 40 et de son retour de la guerre, après avoir appris le métier durant une décennie aux côtés des tauliers de la Universal tels que Richard Thorpe, Tay Garnett, René Clair ou encore Henry Koster. Cinéaste habitué aux séries B et aux petits budgets, il s’imposera néanmoins comme l’un des maitres du Film noir des années 40 et 50 avec des films comme « L’inexorable enquête » (1952), « Le quatrième homme » (1952) ou encore « Les frères Rico », adaptation d’un roman de Georges Simenon. Une spécialisation qui n’a pas empêché ce prolifique cinéaste de s’essayer à d’autres genres comme la comédie dramatique (« Un direct au cœur » avec Elvis Presley), le film de guerre (« Saïpan », « L’assaut des jeunes loups ») et surtout le western (« L’étalon sauvage », « La poursuite des tuniques bleues »). C’est dans ce registre qu’il signe en 1954 « La ruée sanglante », resté inédit dans les salles françaises.

 

« Il me parait difficile de considérer un petit enfant comme un ennemi »

 

They_rode_west

Avec « La ruée sanglante », Phil Karlson s’offre une incursion dans le sous-genre du western de cavalerie, domaine de prédilection et chasse gardée de l’immense John Ford. Il nous y dépeint ainsi le quotidien de la garnison d’un fort perdu quelque part dans le désert d’Arizona où les guerres indiennes font toujours rage. Mais le cinéaste aborde son sujet de manière très originale en faisant du jeune médecin du camp le véritable héros de ce récit d’aventures. En effet, si les disciples d’Hippocrate n’ont que rarement été à l’honneur dans les westerns, genre où les fines gâchettes leur ont toujours volé la vedette, Karlson nous rappelle pourtant leur rôle prépondérant tant au front qu’à l’arrière pour soigner les blessés. Mais le jeune et idéaliste Docteur Seward, médecin avant d’être soldat, semble peu enclin à faire des catégories d’hommes en fonction de leur couleur de peau ou de leurs origines. Ce qui lui vaut les inimités de ses camarades de régiment, qui le considèrent comme un traitre dès lors qu’il souhaite soigner les indiens de la réserve voisine, atteints de paludisme. Phil Karlson signe là une charge d’une rare violence contre le gouvernement américain et l’armée, coupables de maltraitances et de volonté génocidaire sur les peuples amérindiens, qui s’inscrit dans une dynamique hollywoodienne de réhabilitation des indiens (avec des films comme « La flèche brisée », « La lance brisée », « Bronco Apache »...). Face à un Philip Carey particulièrement obtus et retors, le jeune Robert Francis (dont il s’agit ici du premier rôle au cinéma et qui décèdera quelques mois plus tard dans un accident d’avion à seulement 25 ans) apporte toute sa candeur et trouve là un rôle remarquablement complexe et bien écrit. Si elle manque peut-être un tout petit peu d’action, cette « Ruée sanglante » n’en demeure pas moins un western politiquement fort et audacieux, doublé d’une formidable fable humaniste.

 

La_ruee_sanglante_Robert_Francis

 

***

 

Le DVD : Le film est présenté en version originale américaine (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné de deux présentations respectivement signées Patrick Brion et Bertrand Tavernier.

 

Edité par Sidonis Calysta, « La ruée sanglante » est disponible en DVD depuis le 23 janvier 2018.

 

Le site Internet de Sidonis Calysta est ici. Sa page Facebook est ici.

Commenter cet article

Archives

À propos

Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!