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01 Feb

Un justicier dans la ville

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers, #Films d'action

Un grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Un justicier dans la ville » de Michael Winner.

 

Un_justicier_dans_la_ville

« Avec les campagnes publicitaires, la moitié du pays a peur de tenir un revolver. Alors que dans le temps, c’était juste un outil qu’il fallait avoir à la ceinture »

 

Quand il apprend la mort de sa femme, battue à mort, et le viol de sa fille, traumatisée à vie, l’architecte Paul Kersey contient sa douleur, sa colère. S’il se réfugie d’abord dans le travail, le révolver que lui offre un client texan décide de son destin. Armé, de plus en plus sûr de ses gestes, Kersey erre la nuit dans les quartiers les plus malfamés de New York, abattant tous ceux qui constituent une menace pour lui et pour la société…

 

« Au lieu de fuir il faut se rappeler le réflexes de nos ancêtres de légitime défense. Si la police est incapable de nous défendre alors il faut le faire soi-même »

 

Un_justicier_dans_la_ville_Jeff_Goldblum

1974. L’Amérique traverse depuis une dizaine d’années une profonde crise de confiance en ses propres valeurs : les assassinats (des frères Kennedy et de Martin Luther King) et autres scandales politiques (Pentagon Papers, Watergate) ont créé un véritable climat de paranoïa, tandis qu’à l’extérieur le pays peine à se sortir d’un bourbier vietnamien particulièrement meurtrier et contesté. Au cinéma, c’est la grande époque des drames sociaux réalistes et des fables contestataires du Nouvel Hollywood (« Easy rider », « M.A.S.H. », « Taxi driver »…) et des polars virils et désenchantés, reflets d’une société où la violence semble omniprésente (« Inspecteur Harry », « Le flic ricanant », « Les flics ne dorment pas la nuit »). Et de fait, les villes américaines sont en proie à une explosion de criminalité. C’est dans ce contexte trouble et troublé que l’anglais Michael Winner (« L’homme de la loi », « Scorpio ») retrouve son acteur fétiche Charles Bronson - qu’il a déjà dirigé notamment dans « Les collines de la terreur », « Le flingueur » et « Le cercle noir » - pour « Un justicier dans la ville ».

 

« Le meurtre n’est pas une solution à la criminalité »

 

Un_justicier_dans_la_ville_Charles_Bronson

Adapté d’un roman de Brian Garfield, le film nous plonge dans les affres de la ville de New York, présentée comme une métropole tentaculaire et sale où la mort semble guetter le passant anonyme à chaque coin de rue. Y compris dans les quartiers les plus huppés. Une situation d’autant plus explosive que la police est incapable de l’endiguer. De quoi pousser le citoyen ordinaire à se défendre et à faire lui-même la loi. Brisé par l’assassinat de sa femme et le viol de sa fille, le brave et respectable Paul Kersey enfile son costume de vengeur à la nuit tombée, tuant au hasard de ses rencontres les voyous qui peuplent la ville. Polar brutal et moralement discutable, « Un justicier dans la ville » s’impose directement comme la référence ultime du vigilante movie. Surtout, avec ce film diablement provocateur, Michael Winner met un terme brutal à l’idéal libertaire hippie du Peace and love en lui projetant à la face le portrait d’une Amérique à la dérive et rongée par ses propres démons. Extrêmement perturbant par son propos légitimant l’autodéfense et le port d’armes, le film n’en dégage pas moins - paradoxalement - une forme de plaisir coupable, à la fois jouissif et malsain. Si les regards avertis reconnaitront au début du film la silhouette du tout jeune Jeff Goldblum alors débutant, c’est bien Charles Bronson qui crève ici l’écran. Au point de faire de ce rôle de vengeur froid et intraitable sa spécialité. Il reprendra ainsi son rôle de Paul Kersey dans les trois suites du films. Et cachetonnera paresseusement  dans de nombreuses pâles copies (« Le justicier de minuit », « L’enfer de la violence »). Sans doute l’un des films les plus marquants des seventies.

 

Un_justicier_dans_la_ville_Michael_Winner

 

***

 

Le DVD : Le film est présenté en version restaurée dans un Master Haute-Définition, en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné d’une Présentation du film par François Guérif (23 min.), d’un documentaire sur Charles Bronson (40 min.) et d’une Bande-annonce originale (2 min.). Un livret de 110 pages signé par Marc Toullec vient compléter avantageusement cette édition.

 

Edité par Sidonis Calysta, « Un justicier dans la ville » est disponible en digibook collector blu-ray + DVD + livret depuis le 26 octobre 2019.

 

Le site Internet de Sidonis Calysta est ici. Sa page Facebook est ici.

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Le blog sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!