Maigret et le mort amoureux
Un grand merci à Pyramide Films pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « Maigret et le mort amoureux ».
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« Personne n’est suspect, tout le monde l’est. D’autant que vous êtes notre seul témoin »
Le commissaire Maigret est appelé en urgence au Quai d'Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu'il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise...
« Il y a quand même eu cinq coups de feu, ça fait beaucoup de bruit ! »
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Engagé dès l’adolescence dans des mouvements d’extrême-gauche, Pascal Bonitzer participe activement depuis son université de Nanterre, aux évènements de Mai 68. S’il en sort diplômé en philosophie, il rate cependant le concours d’entrée à l’IDHEC. Mais rebondit au début des années 70 au sein des Cahiers du cinéma où il devient un critique affirmé et reconnu. Une expérience qui lui sert de marchepied puisqu’il travaille très rapidement comme scénariste, principalement pour les cinéastes issus de la Nouvelle Vague (Jacques Rivette, Barbet Schroeder) ou de la jeune garde qui s’épanouira dans son sillage (Chantal Akerman, Benoit Jacquot, André Téchiné). Il faut attendre la fin des années 90 pour le voir réaliser ses propres films, souvent ironiques, doux-amers, et centrés sur des personnages cultivés mais lâches et maladroits, en prises avec leurs doutes et leurs contradictions (« Encore », « Rien sur Robert », « Petites coupures », « Cherchez Hortense »). Après un petit détour par l’univers d’Agatha Christie (« Le grand alibi », 2008), il s’offre près de vingt ans plus tard une parenthèse Simenonienne en adaptant « Maigret et les vieillards », roman qui avait déjà inspiré deux téléfilms (en 1980 et 2003).
« J’espère que vous trouverez la canaille qui a fait ça ! »
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« Maigret et les vieillards » est une enquête un peu particulière dans la prolifique carrière du célèbre commissaire. En effet, pour une fois, ce n’est pas tant l’enquête elle-même – assez molle et sans réels enjeux dramatiques – ou la recherche d’un éventuel coupable (qui n’existe au final pas) qui pimente le récit. Son intérêt est finalement ailleurs, dans le petit microcosme social (grande bourgeoisie catholique et aristocratie ; monde diplomatique) aux conventions bien établies qu’il se complait à décrire. Et dans les secrets savamment gardés qu’il renferme : amours impossibles, passions cachées et épistolaires, sentiments contenus par souci de bienséance. Le principal défi du réalisateur étant alors de réussir à transposer de façon crédible ce récit très ancré dans la France du tout début des années 60 à celle des années 2000. Un parti pris souvent déroutant – la pipe, le costume et les méthodes « old school » de Maigret, tout comme le côté très suranné de cette sphère aristocratique très « vieille France » faisant un peu tâche dans un univers contemporain hyperconnecté – qui, force est de constater, ne convainc pas toujours. De même s’agissant du choix de Denys Podalydès pour incarner le corpulent et (faussement) débonnaire commissaire : plus en retenue mais beaucoup plus frêle que ses prédécesseurs (Gabin, Cremer ou plus récemment Depardieu), Podalydès (qui fait toujours du Podalydès) manque un peu d’épaisseur et de présence pour convaincre pleinement les amateurs de Maigret. L’ensemble, finalement assez théâtral et narrativement assez pauvre, manque d’intensité pour séduire complètement. Plus convaincant que la précédente adaptation signée Patrice Leconte il y a quatre ans, Bonitzer signe là une adaptation élégante mais un peu fade de l’iconique héros de Georges Simenon.
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Le DVD : Le film est présenté en version originale française (5.1 et 2.0). Des sous-titres français pour malentendants et anglais sont également disponibles.
Côté bonus, le film est accompagné de "Adapter Simenon. Du livre au film" par Pascal Bonitzer et John Simenon à la Fondation Jan Michalski (2024, 25 min.) et d’un entretien avec Denis Podalydès pour Le Nouvel Obs (5 min.).
Édité par Pyramide Vidéo, « Maigret et le mort amoureux » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 7 juillet 2026.
Le site Internet de Pyramide Films est ici. Sa page Facebook est ici.
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