Ailleurs l'herbe est plus verte
Un grand merci à Rimini Editions ainsi qu’à Arcadès pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Ailleurs l’herbe est plus verte » de Stanley Donen.
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« Plus l’âge avance et plus vous vous rapprochez de la folie. Il y a des saisons dangereuses pour les femmes. Faites attention ! »
Lord et Lady Rhyall vivent dans un immense manoir anglais, qu’ils ouvrent aux touristes pour arrondir leurs fins de mois. L’un des visiteurs, le millionnaire américain Charles Delacro, tombe sous le charme de la maîtresse des lieux. Ayant compris la situation, et désireux de reconquérir son épouse, Lord Rhyall met sur pied un hilarant stratagème.
« J’ai besoin de prendre ces photos pour croire à la réalité de ces vingt minutes passées avec vous. Pour croire que ce beau rêve est une réalité »
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Danseur de formation, chorégraphe de profession, Stanley Donen est avant tout le complice des débuts cinématographiques de Gene Kelly, qu’il dirige dans ses premiers (et principaux ?) succès (« Un jour à New-York », « Chantons sous la pluie »). Mais après avoir été l’un des grands artisans du musical hollywoodien (« Mariage royal », « Les sept femmes de Barberousse », « Drôle de frimousse »), lassé par le cadre strict des studios hollywoodiens, il s’éloigne progressivement du genre à la fin des années 1950 et s’installe en Angleterre, où il développe un cinéma de comédie plus élégant, plus mondain et plus cosmopolite. Une transition qu’il amorce dès 1958 avec « Indiscret », sous l’impulsion de Cary Grant, rencontré un an plus tôt sur la comédie « Embrasse-la pour moi », et avec qui il fonde une société de production, Grandon Production, mus par une volonté de gagner une plus grande liberté artistique. Adapté de la pièce de théâtre « The grass is greener » (créée en 1956) de Hugh Williams et Margaret Vyner, « Ailleurs l’herbe est plus verte » (1960) est la troisième collaboration entre les deux hommes, qui se retrouveront une ultime fois trois ans plus tard sur « Charade » (1963).
« La course appartient aux fougueux et le combat aux forts »
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De son origine théâtrale, « L’herbe est plus verte » conserve son format resserré et sa construction vaudevillesque. On y suit ainsi un couple d’aristocrates anglais désargentés, subsistant grâce aux visites payantes qu’ils organisent de leur château. Un univers laissant de fait peu de place pour l’intimité, et dont le précaire équilibre sera troublé par l’arrivée d’un riche et séduisant touriste américain. La question de l’adultère – abordée, chose rare pour l’époque, de façon très directe, de même que le désir féminin – sert avant tout à une réflexion sur le couple, offrant le fantasme d’une vie alternative plus stimulante que celle dans laquelle on se range par convention sociale. Même il s’agit au final le plus souvent d’un miroir aux alouettes, comme le souligne ironiquement le titre du film. Si le film repose beaucoup sur des mécaniques de quiproquos (très amusante scène en split screen de l’appel téléphonique mimétique), à l’évidence, Donen se délecte surtout de la comédie de mœurs qui se joue en sous-texte : la rivalité entre l’ancien monde (l’Angleterre des convenances et de la monarchie) et le nouveau (l’Amérique pragmatique et arrogante), le déclin social de l’aristocratie obligée de monnayer son propre prestige, ou encore la fragilité du mariage en tant qu’institution, et du vernis de respectabilité sociale qu’il offre. Mais la qualité du film tient aussi à son humanité, et notamment au soin que le cinéaste prend à ne jamais ses personnages. Il peut aussi compter sur un quatuor de comédiens solide et particulièrement attrayant, composé rien de moins que de Deborah Kerr, Jean Simmons, Cary Grant et Robert Mitchum. Si le film souffre parfois d’un manque de rythme (notamment les scènes de rivalité masculine, notamment dans une longue séquence de pêche), l’ensemble reste assurément élégant et plutôt charmant.
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Le blu-ray : Le film est présenté dans un Master restauré en Haute-Définition et proposé en version originale anglaise (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.
Côté bonus, le film est accompagné d’un entretien avec Florent Fourcart, spécialiste de l’Histoire au cinéma (2025, 28 min.) et de « Deborah Kerr, une vie multiple » par Olivier Mudry, auteur de « Mythologies de Deborah Kerr » chez Marest Éditeur (2025, 23 min.).
Édité par Rimini Éditions, « Ailleurs l’herbe est plus verte » est disponible en combo blu-ray + DVD depuis le 1er juillet 2025.
Le site Internet de Rimini Éditions est ici. Sa page Facebook est ici.
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