La vénus électrique
Un grand merci à Diaphana pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « La vénus électrique » de Pierre Salvadori.
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« Il n’y a pas de place pour les scrupules dans ce grand corps ? »
Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n'arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d'ivresse, Antoine tente d'entrer en contact avec sa femme par l'intermédiaire d'une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s'est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l'imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances. Peu à peu, Antoine retrouve l'inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu'elle tombe doucement amoureuse de l'homme qu'elle manipule...
« C’est une nature fidèle. Aimez-le alors qu’il ne s’aime pas et il vous le rendra pour la vie »
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Réalisateur incontournable de la comédie française contemporaine, Pierre Salvadori cultive depuis « Les Apprentis » (1995) un cinéma singulier et sophistiqué, où l’humour burlesque se mêle aux sentiments, aux mensonges et aux faux-semblants. De « Cible émouvante » à « En liberté ! », en passant par « Hors de prix », il compose avec fantaisie (et un peu de mélancolie) des personnages fragiles, souvent maladroits ou manipulateurs, pris dans des situations qui leur échappent. Né d’une idée originale de Rebecca Zlotowski pendant le tournage de son film « Planetarium » (2016, à partir d’un récit fictif autour d’une fausse médium et d’un peintre), « La Vénus électrique » lui permet de transposer son univers et ses thèmes de prédilection dans le Paris de 1928, au cœur d’un milieu artistique fasciné par le spiritisme. Sa onzième réalisation marque une évolution notable dans la carrière du cinéaste puisqu’il s’agit de son premier long métrage d’époque. A noter que le film a eu l’honneur d’être présenté en ouverture du Festival de Cannes 2026.
« Colore ma nuit ! »
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La grande idée au centre de « La vénus électrique » tient dans son paradoxe : le mensonge de Suzanne permet à Antoine, portant le deuil de la femme qu’il aimait, de retrouver le goût de vivre et de peindre. En croyant communiquer avec sa femme disparue, il éprouve des émotions bien réelles qui le sortent peu à peu de sa torpeur. Une façon de prouver que l’illusion peut parfois permettre de renouer avec la vérité. Ou du moins de s’en rapprocher. Pierre Salvadori s’amuse dès lors à trousser un scénario qui joue avec les (charmants) quiproquos et les faux-semblants. Entre les séances de spiritisme orchestrées par Armand, les souvenirs d’Irène et les sentiments naissants de Suzanne, les identités se brouillent. Et les personnages se dévoilent progressivement, révélant des secrets intimes et des fêlures inattendus. Surtout, Antoine et Suzanne finissent par se prendre peu à peu au piège de ce jeu et à mesure qu’Antoine fera le deuil d’Irène, Suzanne cherchera à être aimée pour ce qu’elle est vraiment. Avec sa fête foraine, ses attractions et ses personnages hauts en couleur, le film prolonge sa réflexion sur le jeu des apparences. Comme au cinéma, chacun y joue un rôle, crée une illusion et cherche à faire croire à ce qu’il montre. La reconstitution élégante du Paris de 1928 ajoute un charme certain au film, qui peut également compter sur un quatuor d’acteurs (Anais Demoustier, Vimala Pons, Pio Marmaï, Gilles Lellouche) qui livrent une prestation parfaite, entre malice, fragilité et émotion. Derrière sa fantaisie et ses quiproquos, Salvadori signe avec « La vénus électrique » une jolie fable pleine d’élégance sur le deuil, le désir et le pouvoir réparateur de l’imaginaire. Et de nous rappeler que si un mensonge peut blesser, ou éviter de se confronter à certaines réalités, il peut aussi aider à surmonter la douleur. Voire même à retrouver l’envie de vivre et d’avancer. Il y avait bien longtemps qu’on n’avait pas été aussi charmé par un film français.
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Le DVD : Le film est présenté en version originale française (5.1). Des sous-titres français pour malentendants sont également disponibles.
Côté bonus, le film est accompagné d’un entretien avec Pierre Salvadori, de Scènes coupées, ainsi que d’un lien vers l'entretien numérique de Pierre Salvadori dans L'Avant Scène.
Édité par Diaphana, « La vénus électrique » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 15 septembre 2026.
Le site Internet de Diaphana est ici. Sa page Facebook est ici.
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