La strada
Un grand merci à Rimini Editions pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « La strada » de Federico Fellini.
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« Quand tu prends le mauvais chemin, la vie se charge de te remettre dans le droit chemin »
Gelsomina, une jeune femme naïve et généreuse, a été vendue par sa mère à Zampano, un être frustre et brutal.
Celui-ci présente un numéro de briseur de chaînes sur les places publiques.
Le duo sillonne les routes d'Italie, menant la rude vie des forains.
« Peut-être qu’il t’aime… »
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Lorsqu’il réalise « La strada » en 1954, Federico Fellini se trouve à un tournant décisif de sa carrière. Issu du néoréalisme italien — dont il fut l’un des artisans en collaborant avec Roberto Rossellini sur « Rome, ville ouverte » (1945) — Fellini commence avec ce film à s’en éloigner pour aller vers un cinéma plus personnel, plus intime, où le réalisme se mêle peu à peu au symbole et à l’imaginaire.Ses premiers films laissaient déjà entrevoir cette évolution, mais « La strada » marque un véritable tournant. Alors que le cinéma italien hésite encore entre l’héritage néoréaliste et des formes plus subjectives, Fellini choisit de ne pas trancher. Il raconte le monde populaire du cirque et de ses saltimbanques itinérants avec une certaine simplicité, tout en lui donnant une dimension presque universelle et symbolique. Le film doit aussi beaucoup à Giulietta Masina, l’épouse de Fellini, qui interprète Gelsomina. Son jeu, à la fois fragile, drôle et bouleversant, donne au personnage une présence unique et contribue largement à l’émotion du film. Récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger en 1957, « La strada » fait connaître Fellini au-delà de l’Italie et confirme son envie de s’affranchir du néoréalisme. Le film annonce ainsi les grandes œuvres qui suivront — « Les Nuits de Cabiria », « La Dolce Vita », « 8½ » — et une manière de filmer où le réel se mêle constamment au rêve, au souvenir et à l’imaginaire.
« Si je ne reste pas avec vous, qui restera ? »
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Avec « La strada », Fellini part d’une histoire presque toute simple. Gelsomina, jeune femme naïve et fragile, est vendue par sa mère à Zampanò, un forain brutal qu’elle suit sur les routes. Lui fait étalage de sa force. Elle observe, s’émerveille et tente de trouver sa place.Entre les deux, le Fou joue les trouble-fête. Derrière ses phrases étranges se cache pourtant une idée essentielle : chaque être a une valeur, même lorsqu’il ne semble servir à rien. Pour Gelsomina, cette rencontre change tout. Pour Zampanò, elle va contribuer à faire basculer l’histoire.Tout le film repose ainsi sur ce contraste entre la douceur de Gelsomina et la violence de Zampanò. Lui semble libre parce qu’il est fort, mais il est en réalité prisonnier de ses (bas) instincts. Elle paraît faible, mais possède une sensibilité et une capacité d’aimer qui lui échappent complètement.Et puis il y a la route, omniprésente. On avance, on recommence, on repart… sans vraiment aller nulle part. Fellini transforme ainsi ce petit monde de forains en une fable sur la solitude et l’incapacité à changer.La musique de Nino Rota accentue encore cette impression, donnant au film une mélancolie presque irréelle. Peu à peu, le réalisme laisse entrer la poésie, voire le rêve.C’est ce qui fait toute la force et la beauté de « La strada » : le film est dur, souvent cruel, mais il n’est jamais désespéré. Gelsomina représente une forme de grâce qui ne parvient pas à sauver Zampanò. Et lorsqu’il comprend enfin ce qu’il a perdu, il est trop tard.Sous ses airs de road movie avant l’heure, « La strada » raconte donc quelque chose de beaucoup plus universel : notre besoin d’aimer, d’être reconnu et de donner un sens à notre passage sur terre. Un classique absolu et intemporel.
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Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée dans un Master 4K et proposé en version originale italienne (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.
Côté bonus, le film est accompagné de La Strada : Entretien avec Frédéric Mercier, critique à Positif, et Marcos Uzal, rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma (39 min.), ainsi que d’une Interview radio de Giulietta Masina (Archive INA, 30 min.). Cette très belle édition comprend également un second blu-ray contenant le film « Fellini, je suis un grand menteur » de de Damian Pettigrew (2002, 102 min., VOST). Ce second disque comprend également les bonus « Federico Fellini, séquence dessin et entretiens inédits » (15 min.), « La casa pericolante : Sur les traces des lieux felliniens » (19 min.) et « Huit entretiens et demi : dont Roland Topor, Moebius, Lo Duca, Toscan du Plantier » (45min.).
Édité par Rimini Éditions, « La strada » est disponible en édition double blu-ray + 2 livrets d'accompagnement (avec dossier de presse et le dossier pédagogique, réalisés pour la ressortie du film en salles en 2023) depuis le 6 mai 2025.
Le site Internet de Rimini Éditions est ici. Sa page Facebook est ici.
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