City on fire
Un grand merci à Metropolitan FilmExport pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « City on fire » de Ringo Lam.
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« Tu as déjà goûté à la mort ? »
À la suite d’un assassinat en plein quartier populaire de Hong Kong, l’inspecteur Lau charge un de ses meilleurs flics d’infiltrer un gang de dangereux malfaiteurs. Ko Chow devient ainsi une « taupe », suspecté par les braqueurs et poursuivi par la police qui ignore tout de sa véritable identité. Après un hold-up particulièrement sanglant, Chow se lie d’amitié avec son chef de bande, l’implacable mais loyal Lee Fu.
« Si tu as envie de crever, reste ! Ce sont les meilleurs qui partent les premiers ! »
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Né à Hong Kong en 1955, Ringo Lam se forme d’abord à la télévision locale avant de partir étudier le cinéma au Canada. A son retour, il profite du parrainage de son ami Tsui Hark pour réaliser ses premiers films, principalement des comédies de commande qui lui permettent de se faire connaitre. Mais c’est le succès commercial de « Mad mission 4 : rien ne sert de courir » (1986) qui lui permet véritablement de négocier une plus grande liberté artistique. Désireux d’aller vers un cinéma plus sombre, il écrit et réalise en 1987 « City on fire », polar inspiré par une véritable affaire de braquages de bijouteries qui secoua Hong Kong quelques mois plus tôt, et qui connaitra un très grand succès. Au point même que Quentin Tarantino reconnaitra s’en être inspiré pour écrire son film « Reservoir dogs ». Un film charnière dans la carrière du cinéaste qui deviendra dès lors un spécialiste du polar et du film d’action (« Guerres de l’ombre », « Double dragon », « Full contact »), et l’un des grands artisans du renouveau du cinéma hongkongais des années 80 aux côtés de Tsui Hark, John Woo ou encore Johnny To.
« S’il reste une chance… ne la gâche pas ! »
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En plein marché de nuit, un homme cherche à joindre la police. Il n’y arrivera pas : plusieurs hommes bondissent sur lui et le lardent de coups de couteau devant une foule terrorisée. Le ton du film est donné dès l’ouverture. Avec son ambiance pluvieuse, poisseuse, et grouillante, « City on fire » marque une rupture nette avec le glamour habituel des films de gangsters. Ici, point de héros virils et charismatiques : les gangsters sont des malfrats à la petite semaine, illettrés pour la plupart et sans autre ambition que d’essayer de se faire un peu d’argent pour survivre. Dans la plus pure tradition du cinéma policier hongkongais, Ko Chow sera la taupe chargée de les infiltrer. Mais là encore, derrière sa gouaille hâbleuse, il n’est en rien un héros flamboyant. Au contraire, c’est un homme usé, divisé, qui a trop roulé sa bosse d’infiltration en infiltration au point de perdre peu à peu ses repères à mesure que l’enquête avance. Et pour cause, en proie à des luttes de pouvoir internes, sa hiérarchie le malmène allègrement (il va jusqu’à subir une séance de torture de la part du principal concurrent de son chef) tandis qu’il se lie peu à peu d’amitié avec les hommes qu’il traque. Cette ambigüité qui joue sur les notions de loyauté et de camaraderie, plus que l’intrigue en elle-même, donne au film toute sa tension et sa belle dimension tragique. Sur la forme, la mise en scène de Ringo Lam brille par son efficacité, que ce soit lors des séances de course poursuite, de fusillades ou même dans les moments plus introspectifs, où il impose une ambiance urbaine moite et glauque qui renforce la dimension mélancolique du film, qui s’achève sur un final aussi puissant que bouleversant. Avec à la clé, le portrait d’une société à bout de souffle et moralement épuisée. Un film noir aussi matriciel (« Infernal affairs » notamment lui doit beaucoup) que précieux.
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Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée dans un Master Haute-Définition et proposé en version originale cantonaise (5.1 et 2.0) ainsi qu’en version française (5.1 et 2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.
Côté bonus, le film est accompagné de « HK revisited, épisode 04 » avec Christophe Gans, David Martinez, Léonard Haddad et Julien Carbon, d’interviews de Ringo Lam, Andrew Lau et Roy Cheung, de « Burn It Down » : Interview de Tommy Sham, de « Burning Rivalries » : L'influence de Ringo Lam sur « Reservoir Dogs » par Kim Newman, de « Some Like It Hot » : Le culte de Chow Yun-fat par Ric Meyers, historien du cinéma, de Hong Kong Confidential avec Grady Hendrix, d’une galerie d'images, ainsi que d’une bande-annonce de la version restaurée et d’une bande-annonce originale.
Édité par Metropolitan FilmExport, « City on fire » est disponible en DVD ainsi qu’en blu-ray depuis le 17 juillet 2026. Il est également disponible en 4K UHD blu-ray depuis le 24 avril 2026.
Le site Internet de Metropolitan FilmExport est ici. Sa page Facebook est ici.
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