Le justicier de la sierra
Un grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Le justicier de la sierra » de Lesley Selander.
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« Le poker, c’est comme une arme : quand on sait s’en servir, on n’en oublie le jeu ! »
John Sands, homme de main repenti, s'est reconverti dans le commerce. John apprend l'assassinat de son frère journaliste qui avait dénoncé dans la presse les agissements crapuleux de Matt Garson, tenancier de saloon qui contrôle la localité et ses environs. Il entreprend alors de confondre Garson. Il sera secondé dans son enquête, par la secrétaire de Garson et par June, l'ex-fiancée de son frère.
« Il faut l’arrêter avant qu’il n’arrive en ville. Il n’y causerait que des problèmes. Mais rappelez-vous mon conseil : s’il vous voit en premier, la partie est perdue ! »
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Né aux premières heures du vingtième siècle, Lesley Selander débute comme assistant réalisateur sur des productions prestigieuses — « L’ennemi public n°1 » de W.S. Van Dyke, « Une nuit à l’opéra » avec les Marx Brothers, « Brumes » de Howard Hawks et « Furie » de Fritz Lang — avant d'entamer, en 1936, une carrière de metteur en scène qui s'étendra sur plus de trente ans, comptant plus de 120 longs métrages. Il reste surtout à ce jour l'un des réalisateurs les plus prolifiques de l'histoire du western, ayant mis en scène pas moins 107 films du genre entre 1936 et 1967. Tournant ses films à un rythme industriel, souvent (avouons-le) au détriment d’une vraie recherche de qualité, Selanderavu défiler devant sa caméra tous les grands héros de série B : Hopalong Cassidy, le Lone Ranger, Kit Carson. Le déclin progressif du western à partir des années 60 le verra se tourner progressivement vers la télévision où il réalisera encore plusieurs dizaines d’épisodes de séries. Tourné en 1948, « Le justicier de la sierra » s'inscrit dans cette carrière déjà bien avancée : lorsqu'il le tourne, Selander a déjà plusieurs dizaines de westerns de série à son actif. Il hérite d’un projet né de la rencontre entre deux jeunes scénaristes : John C. Champion et Blake Edwards. Ce dernier étant également producteur et acteur sur le film. Bien que tourné originellement en couleur partielle via le procédé Glorious Sepiatone, les copies du film étant en si mauvais état qu’il n’est plus visible désormais qu’en noir et blanc. A noter que Selander en tournera lui-même un remake dix-huit ans plus tard sous le titre « The texican », qui sera l’un des tous derniers films de l’icône du western Audie Murphy.
« Vous êtes très célèbre désormais. Et nous sommes très polis envers les célébrités ! »
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« Le justicier de la sierra » reprend un canevas bien connu du western de vengeance : John Sands, ancien pistolero devenu commerçant à la frontière mexicaine, apprend que son frère a été assassiné sur ordre de Matt Garson, le tout-puissant patron du saloon de la ville de Sentinel. Malgré le mandat qui pèse toujours sur lui, Sands reprend les armes pour faire tomber Garson, aidé par l’ancienne fiancée de son frère et la secrétaire du gangster, tandis que trois hommes de main sont lancés à ses trousses.Enquête, femme fatale ambiguë, ville sous la coupe d’un caïd : derrière ses habits de western, le film lorgne clairement du côté du film noir.Mais l’intérêt du film est ailleurs. Derrière cette intrigue très balisée, « Le justicier de la sierra » multiplie les écarts et les trouvailles qui lui donnent une personnalité inattendue.Le scénario du débutant Blake Edwards s’amuse ainsi constamment à détourner les codes : dialogues absurdes, digression savoureuse autour de Billy the Kid, ou encore personnages extravagants tel le méchant aux gants noirs. Il n’oublie pas pour autant d’y introduire un peu d’émotion par quelques touches impressionnistes plus sensibles, à l’image de l’amitié entre Sands et le shérif ou de la relation du héros avec les deux personnages féminins. Plutôt abonné aux westerns assez plats et peu imaginatifs, Selander nous surprend ici avec une mise en scène plutôt alerte et soignée, à l’image d’une chouette scène de fusillade nocturne ou du final sous la pluie. Produit avec peu de moyens, « Le justicier de la sierra » reste un western de série B sans prétention. Mais son scénario laisse déjà entrevoir ce qui fera plus tard la singularité d’Edwards (humour décalé, personnages excentriques, goût pour la digression absurde) et notamment de ses grandes comédies (« The party », « La panthère rose »). Un matériau de premier choix qui permet à Selander de signer un western sans prétention mais de très bonne tenue.
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Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée dans un Master Haute-Définition, et proposé en version originale américaine (2.0) ainsi qu’en version française (1.0). Des sous-titres français sont également disponibles.
Côté bonus, le film est accompagné de trois présentations signées respectivement par Noël Simsolo, Bertrand Tavernier et Patrick Brion.
Édité par Sidonis Calysta, « Le justicier de la sierra » est disponible au sein de la collection silver en combo blu-ray + DVD depuis le 24 avril 2026.
Le site Internet de Sidonis Calysta est ici. Sa page Facebook est ici.
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