Le site sans prétention d'un cinéphile atteint de cinéphagie, qui rend compte autant que possible des films qu'il a vu!
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« On ne sait jamais qui s’arrête quand on fait du stop »
« Under the skin ». Attention, il ne s’agit pas ici d’une chanson de Sinatra, mais bien du dernier film de Jonathan Glazer, qui est sans doute, depuis une quinzaine d’années, le cinéaste le plus créatif et le plus mystérieux du Royaume-Uni. Venu du théâtre puis du clip, le cinéaste a clairement inscrit son œuvre sous le signe de l’étrange. Pour mémoire, son précédent film, « Birth », prenait pour sujet un enfant essayant de convaincre Nicole Kidman qu’il était la réincarnation de son défunt mari. Cette fois-ci il nous embarque dans un étrange road-movie. Adapté d’un roman de Michel Faber, « Under the skin » suit une extraterrestre à l’apparence humaine qui séduit des hommes pour mieux les tuer. Véritable OVNI, hypnotique autant qu’absconds, le film fascine autant qu’il laisse perplexe. Sidérant de beauté visuelle lorsque les hommes se noient dans un liquide noir, fascinant lorsque l’on sent cette extraterrestre se laissant gagner par une forme d’humanité (qui lui vaut de d’épargner un jeune homme à la tête difforme et de se laisser séduire par un autre homme qui la recueille), ce dernier laisse pourtant parfois totalement de marbre (qui sont ces motards lancés à sa poursuite ?). Surtout lors de la scène finale, qui se révèle franchement décevante. La sensuelle et charnelle Scarlett Johansson est parfaite dans ce rôle de mante religieuse se découvrant progressivement une forme d’humanité. Entouré d’acteurs amateurs, on retiendra également la prestation marquante du jeune homme au visage difforme, qui est particulièrement touchant. Reste donc un film étonnant, étrange, parmi les plus difficiles d’accès qui soient.
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