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22 May

L'auberge du péché

Publié par Platinoch  - Catégories :  #Films noirs-Policiers-Thrillers

Un grand merci à Pathé pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « L’auberge du péché » de Jean de Marguenat.

 

L_auberge_du_péché

« Je suis sûr que c’est en mettant mes dons au service du mal que je deviendrais un amant génial ou un criminel parfait ! »

 

Gilberte, serveuse dans une auberge, rêve d'une autre vie. Alors quand un mystérieux voyageur lui confie un sac de billets de banque avant d'être assassiné, elle n'hésite pas à cacher son butin. Mais le danger se rapproche et Briquet, un inspecteur en vacances, décide d'enquêter sur l'affaire...

 

« La plus belle des roses un jour devient gratte-cul ! »

 

L_auberge_du_péché_Ginette_Leclerc

Réalisé par Jean de Marguenat et sorti en France en février 1950, « L’auberge du péché » est le dernier long métrage d’un cinéaste aujourd’hui largement oublié. Ancien assistant de Marc Allégret auprès duquel il apprit les ficelles du métier, Jean de Marguenat fut l’auteur d’une petite quinzaine de films, réalisés entre les années et 30 et 40. S’il n’a pas un film qui se détache spécifiquement de sa filmographie, on notera néanmoins son goût pour les adaptations littéraires. Il dirigera de nombreux grands noms de son époque, de Michel Simon (« Ademaï au moyen-âge ») à Tino Rossi (« Le gardian ») en passant par Fernand Ledoux (« La grande marnière », « Béatrice devant le désir »). Il s’offrira même le luxe pour l’époque d’une réalisation britannique à l’occasion du film musical « Chanteur des bas-fonds » (1937). « L’auberge du péché » est l’adaptation du roman « Café noir » de Georges-André Cuel, qui en signe les dialogues.

 

« Par esprit sportif, je suis plutôt du côté du gibier : ça égalise les chances ! »

 

L_auberge_du_péché_Jean_Pierre_Kérien

L’intrigue de « L’auberge du péché » s’ouvre sur un événement aussi brutal que romanesque. Un mystérieux voyageur blessé arrive dans une auberge et confie à Gilberte, la serveuse, un sac contenant une importante somme d’argent. Peu après, il est assassiné et Gilberte à son tour menacée. L’argent devient alors le moteur d’un affrontement où se croisent voleurs, policiers, habitants du village et personnages aux identités troubles. Le film reprend les ingrédients classiques du récit criminel — meurtres, butin, huis clos et soupçons — mais les utilise pour dresser un portrait de société. L’auberge devient un véritable microcosme où chacun observe son voisin, dissimule ses secrets et révèle ses frustrations dès que l’argent entre en jeu. Derrière l’intrigue policière se dessine ainsi une communauté rurale marquée par la guerre et ses privations, mais aussi par le désir d’ascension et la fascination pour l’argent. Cette dimension sociale explique le mélange des genres qui caractérise le film. L’Auberge du péché emprunte au film noir ses menaces et ses personnages ambigus, au mélodrame ses passions contrariées et à la comédie populaire ses situations décalées et sa galerie de personnages hauts en couleur (le célèbre détective parisien en vacances dans le coin qui va reprendre du service, le vieux tenancier libidineux amoureux de sa jeune serveuse…). Jean de Marguenat peut s’appuyer pour l’occasion sur un solide casting, dominé par Ginette Leclerc – grande vedette du cinéma populaire de l’époque (« La femme du boulanger » de Pagnol, « Le corbeau » de Clouzot) – dont l’étoile sort quelque peu ternie de la guerre du fait de sa complaisance envers l’occupant. Elle joue ici deux rôles (des sœurs jumelles), rappelant la performance quelques mois plus tôt de Louis Jouvet dans « Copie conforme ». A ses côtés, on retrouve de nombreux seconds rôles populaires de l’époque, tels Jean-Pierre Kérien, Jean Parédès, André Valmy, ou encore Howard Vernon. Jean de Marguenat signe avec « L’auberge du péché » un whodunit plaisant et efficace, sans jamais chercher à être spectaculaire. Derrière son intrigue criminelle, le film vaut aussi et surtout pour l’étude de mœurs qu’il propose sur cette France de l’immédiat après-guerre, pleine de non-dits et de faux-semblants. Une jolie surprise.

 

L_auberge_du_péché_Howard_Vernon

 

***

Le blu-ray :  Le film est présenté en version restaurée dans un Master Haute-Définition et proposé en version originale française (2.0). Des sous-titres français et anglais sont également disponibles.

 

Côté bonus, le film est accompagné de « L'Auberge du péché : Un film sous influences » (2025, 23 min.), présentation et analyse du film par Cécile Dubost.

 

Édité par Pathé, « L’auberge du péché » est disponible en édition limitée combo blu-ray + DVD depuis le 25 mars 2026.

 

Le site Internet de Pathé est ici. Sa page Facebook est ici.

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