les mauvais coups
Un grand merci à Pathé pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le blu-ray du film « Les mauvais coups » de François Leterrier.
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« Faire un travail qu’on n’aime pas est aussi répugnant que de coucher avec un homme qui vous dégoute »
Milan et Roberte sont mariés depuis dix ans. Depuis que Milan s'est retiré de la course automobile suite au décès de son meilleur ami, rien ne va plus entre eux. Roberte se noie dans l'alcool pendant qu'il va chasser dans la campagne bourguignonne. Dans le village, l'arrivée d'une jeune et jolie institutrice, Hélène, va mettre à bas leur couple.
« Il faut se méfier des habitudes n’est-ce pas ? »
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Père de Louis (réalisateur de la saga « Le transporteur » et de nombreux blockbusters d’action), François Leterrier reste aujourd’hui principalement célèbre pour ses comédies des années 80, parfois inspirées par les bandes-dessinées de Gérard Lauzier (« Je vais craquer », « Tranches de vie ») et interprétées la plupart du temps par d’anciens membres du Splendid (« Les babas-cool », « Le garde du corps »). Un virage comique survenu assez tardivement au cours d’une filmographie resserrée, et qui peut paraitre curieux au regard de ses débuts. En effet, initié au Septième art par le très rigoriste Robert Bresson qui l’embauche comme acteur sur « Un condamné à mort s’est échappé », Leterrier se formera à la réalisation en assistant des cinéastes tels que Louis Malle (notamment sur « Ascenseur pour l’échafaud ») ou les frères Allégret. Passant lui-même derrière la caméra au début des années 60, ses premiers films seront des drames littéraires arides et complexes, tels « Un roi sans divertissement » (1963, d’après Jean Giono), « La chasse royale » (1969, d’après Pierre Moinot) et bien évidemment « Les mauvais coups », son premier film, réalisé en 1961 d’après le roman éponyme de Roger Vaillant, que Pathé nous fait redécouvrir ici dans une version fraichement restaurée.
« Tu n’as pas de pitié. Tu es méchant. Comme tous les êtres faibles. »
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Avec « Les Mauvais coups », François Leterrier ne raconte pas véritablement un triangle amoureux. Il filme plutôt la lente agonie d’un couple, auquel l’arrivée d’une jeune institutrice viendra porter le coup de grâce. Ancien pilote de course automobile, Milan porte en lui la culpabilité de la perte accidentelle de son meilleur ami et se meurt à petit feu d’ennui dans une vie routinière et sans frisson. Roberte noie quant à elle dans l’alcool ses névroses et notamment sa peur de vieillir et d’être délaissée par son époux. Ce qui frappe de prime abord, c’est la manière dont Leterrier filme l’usure du couple plutôt que la passion. Ici, pas de grand coup de théâtre : les sentiments se dégradent par petites touches, dans les silences, les renoncements et les rancœurs. Ce sont tous ces « mauvais coups » du quotidien, petites méchancetés plus ou moins gratuites, qui finissent par avoir raison des sentiments. Et qui transforment le couple en une cohabitation subie et douloureuse. Le récit prend en cela une dimension très symbolique : Milan, l’ancien pilote qui ne vivait que pour la vitesse et le risque, se retrouve immobilisé. La chasse devient alors une manière dérisoire de retrouver cette sensation de puissance. Même chose pour Roberte dont l’alcoolisme est moins un vice qu’une tentative désespérée d’échapper au temps qui passe et au regard d’un homme qui ne l’aime plus. Dans un style dépouillé et aride, Leterrier filme ainsi, telle une radioscopie, la longue déchéance d’un couple sur le point d’exploser. Particulièrement âpre, le film vaut surtout pour la prestation habitée et quasi prémonitoire de Simone Signoret dont le personnage semble annoncer le destin d'héroïne tragique qui sera le sien. Dans un sens, il est également un prélude au rôle tout aussi dramatique qu’elle jouera une dizaine d’années plus tard dans « Le chat » de Pierre Granier-Deferre. Sans être un coup de maitre, « Les mauvais coups » installent Leterrier comme un cinéaste qui observe avec finesse les failles humaines et les usures intimes avec une rigueur quasi documentaire. Plutôt un bon coup pour une première fois.
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Le blu-ray : Le film est présenté en version restaurée dans un Master Haute-Définition et proposé en version originale française (2.0). Des sous-titres français et anglais sont également disponibles.
Côté bonus, le film est accompagné des modules documentaires « Les Drôles de jeux de Roger Vailland » (2026, 28 min.) et « Alexandra Stewart : Face à face avec Simone Signoret » (2026, 17 min.).
Édité par Pathé, « Les mauvais coups » est disponible en édition limité combo blu-ray + DVD depuis le 25 mars 2026.
Le site Internet de Pathé est ici. Sa page Facebook est ici.
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